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Vol AF2830 pour Malaga (13.5.10)

 AIR-EUROPA.jpg

 

Salut gros, figure-toi qu'aujourd'hui je prends l'avion. Cela faisait une éternité que ça ne m'était plus arrivé. Je vais à Malaga, en Andalousie, au sud de l'Espagne. Comme l'avion coûte bien moins cher que le train depuis Paris, j'ai choisi de passer par les airs. Par Air Europa, une filiale d'Air France. Moi qui restais sur les vols Air France long-courriers Paris - Antilles en business class avec les petits fours, le saumon et le défilé d'hôtesses en mini-jupe, se retrouver en partance pour Malaga avec trois heures de retard, un horrible sandwich à 5 euros servi par un steward gay qui est, comme sa chemise et ses auréoles, à son troisième vol, ça te met tout de suite moins à l'aise...

 

Et je ne te parle même pas des contrôles, j'ai cru devenir dingue. D'abord, j'ai fait une erreur stratégique : réserver un vol à 14h30 lorsqu'il y en a un autre le matin et un autre le soir, c'est un défi que je ne suis pas prêt de relever à nouveau. Car tu sais, avec leur volcan de merde en Islande, plein de cons ont décommandés leur voyage. Et ces escrocs d'Air Europa se sont retrouvés devant une situation économique embarrassante. Ils pouvaient mettre tous leurs "clients" de la journée dans deux avions au lieu de trois. S'ils sont coachés par un type du même niveau intellectuel que Pierrot le Blaireau, inutile de te dire qu'ils ont vu direct les monstrueuses économies qu'il y avaient à réaliser en simulant une panne sur le deuxième avion de la journée pour faire monter finalement tout le monde dans le dernier. Mon bon vieux Pierrot aurait appelé ça un coup de génie. Rien à battre du client, du moment que la thune coule à flot...

 

Moi qui étais arrivé complètement à la bourre à Roissy - Charles de Gaulle sur les tampons d'un RER B car ça puait décidément trop la mort à l'intérieur du bordel, un sac à dos avec trois slips, deux t-shirts et ma trousse de toilettes, j'ai finalement eu largement le temps d'embarquer. Pas rasé, jean troué, baskets Puma et polo j'aime le f***, je n'avais pas la dégaine du premier de la classe ou du champion cycliste. Résultat des courses, les mecs m'ont pris pour un terroriste : donc passage à la douane et par le contrôle poussé des métaux.

 

"Vous êtes qui ? Vous faîtes quoi dans la vie ? Vous ne bossez pas pour l'ETA par hasard ?" C'est chaud d'entendre des trucs pareils pour un type aussi recommandable que moi. Je me suis donc retrouvé dans la queue pour les contrôles. Les métaux, je connaissais, j'avais donc laissé ma ceinture à clous à la maison. Mais les liquides c'est nouveau et autant dire que je n'avais pas bien prévu mon business. J'ai effectivement dû déballer ma trousse de toilettes devant tout le monde. Brosse à dents, dentifrice, eau de toilette, déodorant Adidas, rien de grave jusque-là. Mais une trousse de toilette pour Malaga, c'est une préparation différente que pour Bagdad ou Téhéran, si tu vois ce que je veux dire... Donc le plus gênant, c'était la boîte de 25 capotes que j'avais avec moi. T'aurais dû voir la gueule de la douanière, la bonne fonctionnaire spannish de 50 piges coincée dans son uniforme dix fois trop petit pour elle, et qui me regardait comme si j'étais Michel Fourniret...

 

Finalement, je suis quand même arrivé à bon port dans la nuit de Malaga. Pour oublier ce bad trip, j'ai pris direct une bagnole de location et foncé dans un bar andalou où j'ai serré cash de la chaudasse. Ce qu'il y a de bien là-bas, en dehors qu'il fait 40°C toute l'année, c'est que l'espagnole ne tourne pas 107 ans autour du pot. Tu sais à Paris, avant de pouvoir allonger une fille au lit, faut lui présenter ta carte bleue, ton train de vie, ta bagnole, etc. Des trucs que je pourrai avoir facilement grâce à mon salaire de ministre à l'OTAN mais que je n'ai pas parce que je suis radin. Alors qu'en Andalousie, c'est nickel. Je parle très bien l'espagnol mais je fais style de ne pas le comprendre. Comme ça, toute question embarrassante est évitée, et l'on peut directement passer aux choses sérieuses. Je me suis réveillé au petit matin dans un Motel minable avec dans mes bras un clone de la mère à Nadal. Putain le con, j'ai grave flippé. A tel point que je me suis barré illico presto sans demander mon reste. Direction Grenade et la Sierra Nevada pour enfin passer aux choses sérieuses...

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