En débarquant à Grenade, j'arrive tel un kossovar sortant de taule. La guerre, je connais. L'Irak, l'Iran, l'Afghanistan de l'oncle Ben, j'ai un long vécu au Moyen-Orient avec les armées rouges et vertes. J'ai grandi et je vis d'ailleurs toujours de temps en temps là-bas. On ne peut pas dire que ça soit Miami tous les jours mais je ne m'en sors pas trop mal à vrai dire. Venir en Andalousie, dans une ville portant le nom de Grenade, me maintient donc forcément en éveil. Et ici, il y a de quoi chasser jusqu'àu bout de la nuit.
Des touristes venus de toute la planète pour voir le bande à Mahomet mettre une branlée aux rois catholiques d'Espagne depuis près de 1300 ans, c'est un business qui a toujours bien fonctionné dans cette bonne vieille cité andalouse. Les musulmans qui dominaient le monde à l'époque se sont même payés le luxe de construire un gigantesque palais, l'Alhambra, à la démesure aussi choquante que le QI de Loana si tu vois ce que je veux dire. Du coup, tout le monde se bat pour aller le visiter. Il faut parfois réserver jusqu'à trois mois à l'avance pour avoir une infime chance d'y entrer. Ils sont fous ces andalous !
Moi, j'ai compris l'astuce. Inutile de réserver, payer 15 euros et faire style qu'on est un mec cultivé, pour attraper de la bonasse. Je me suis posté dans un bar à tapas, avec une cerveza à un euro et vingt centimes à la main, à l'entrée de l'Alhambra, et j'y débite mes conneries dans un anglais fort douteux à un groupe d'adolescentes japonaises ayant un QI étrangement semblable à celui de... Loana. Pas besoin donc de forcer mon talent de séducteur pour serrer ce soir. Ces gamines sont tellement connes que j'arrive à leur faire croire n'importe quoi, même que je suis le frangin de Rodgeur qui est, au même moment sur le Central de Madrid, en direct à la TVE espagnole, en train de démonter le héros local David Ferrer. Sans être trop méchant avec ces poupées gonflables, elles gobent tout. Aussi bien mes fabulations sur mon enfance à Basel avec le Maître que mon sexe sous la table. A chaque coup gagnant du Fed, je crie bien évidemment de joie. Et à chaque fois, la petite gniak croit qu'elle me fait jouir. Mais elle est complètement à côté de la plaque. Conseil d'amigo, ne te fais jamais tripoter par une jeune japonaise car elles ne savent pas du tout y faire et ça devient rapidement aussi interminable qu'un Nadal-Djokovic au même tournoi de Madrid l'an passé, si tu t'y connais un peu en tennis...
Pour être franc avec toi, j'ai posté ce message depuis l'iPhone d'une de ses gamines. Comme tu sais très bien, je déteste les nouvelles technologies à la con. Surtout quand je vois par quel genre de débiles elles sont utilisées. Mais sans ces dernières, je n'aurai pas pu te faire part de ce moment unique : 85ème coup droit gagnant du Rodj', jeu, set et match !
Je dois te laisser, toi comme mes copines de Tokyo. La soirée ne fait que commencer ici...