Comme tu as pu le lire dans la presse, j'ai abandonné mon Tour de Catalogne à Barcelone après cinq jours de course en raison de pluies diluviennes s'abattant sur l'Espagne. 10 morts dans l'affaire, j'ai préféré lâché avant qu'il ne soit trop tard. Sache qu'il n'y a rien de plus frustrant que d'abandonner une course mythique, qui plus est de renoncer à un monument du cyclisme que l'on n'a jamais gagné !
C'est un peu comme se faire cramper par une bombe atomique. En parlant de ça, je marchais hier soir tranquille à Bastille avec un pote en direction de la rue de Lappe pour oublier mes malheurs catalans quand je tombe nez-à-nez sur une crâneuse que je connaissais bien pour l'avoir dézingué quelques fois en lousdé cet hiver...
Genre la meuf qui ne sait pas se décider, qui trompe un soir sur deux, qui dénigre son vieux mec un matin avant d'en faire l'apologie l'après-midi même ! Une pétasse de parisienne quoi, qui ne supportant pas les transports en commun se déplace uniquement en caisse, qui vit sensiblement au-dessus de ses moyens t'expliquant qu'elle n'a jamais assez de thunes et que c'est toi qui doit raquer, qui taffe 15 heures par jour pour la gloire... ou juste peut-être pour tenter de donner un sens à son existence insipidement ordinaire ! Une crâneuse passablement enrobée aussi à force d'oisiveté qui fantasme à longueur de journée sur un régime improbable qu'elle a lu dans People sur son iPhone 4 !
Bref, j'ai revu cette meuf hier soir à Bastille. Coïncidence ou pas, elle trimbalait à son bras son fameux chinois dégueulasse qu'elle décriait tant quand je la faisais justement crier dans son 37 mètres carré de Fontenay ! Je n'ai jamais rien eu contre elle. Des pétasses, j'en ai bangué avant et j'en banguerai de nouveau après, mais la rencontrer un samedi soir dans un quartier parisien qu'elle ne fréquente jamais, cela m'a évoqué un nouveau bras d'honneur du destin...
Son chinois était encore plus crade que je ne l'imaginais. Insignifiant, il marchait avec l'assurance d'un adolescent boutonné de cinquième D. Et elle, hautaine à souhait, dans son gigantesque manteau blanc cachant ses formes généreuses, se concentrant à chacune de ses foulées pour ne pas dégringoler de ses talons aiguilles dix fois trop hauts ! Voilà pourquoi elle ne m'a soit disant pas reconnu. J'ai hésité un moment à balancer à son vieux mec que je décapsulais sa bouteille d'Orangina au gré de ma soif, histoire de voir si le mec avait des couilles ou pas ! Mais connaissant la psychologie faible du gamin tant égratinée dans les nombreux films pornos que j'ai tourné avec son officielle, je me suis dit que cela ne servait à rien... si ce n'est à lui faire croire par erreur que j'en avais quelque chose à battre de sa sale gueule !
Avec le temps, j'ai signé un contrat moral avec la vie. Quand on a pété trois Grands Tours et plus de 500 cols mythiques en Europe, on n'a plus le droit de s'abaisser aux premiers minables qu'on rencontre dans la rue, aussi insupportables qu'ils soient ! Ces deux blaireaux sont rentrés paraître dans un bar thaïlandais réservé pour un anniversaire de bobos quand je me suis enfui dans une salle underground me fracasser sur du death metal de mes potes de T.A.N.K ! Une nouvelle fois, c'était Kaiser Bientz et les autres...