Après Neil cet été, c'est un autre Armstrong qui s'apprête à plonger dans les semaines à venir. En effet, Lance de son prénom, septuple vainqueur du Tour de France entre 1999 et 2005, vient d'être reconnu coupable par l'Agence américaine antidopage de multiples violations du code mondial antidopage : usage de produits et méthodes prohibées, trafic, administration ou tentative d'administration à d'autres sportifs, et assistance, incitation, contribution, dissimulation ou toute autre forme de complicité impliquant la violation d'une règle antidopage !
Enfin, pourrait-on dire ! Longtemps intouchable car protégé par les plus grands, l'UCI et les politiciens en tête, l'américain est sur le point de tomber. Le rapport accablant de l'USADA ne fait plus l'ombre d'un doute. Pour les niais qui en doutaient encore, Lance Armstrong est bien le plus grand imposteur du cyclisme moderne. Il a volé tous ses résultats depuis le 1er août 1998, c'est-à-dire depuis son retour à la compétition après son opération du cancer...
Dans sa première carrière, le coureur texan n'était déjà pas un saint. Il est champion du monde en 1993 à Oslo devant tous les favoris à une époque où l'EPO commence à pulluler dans le peloton. A cette période, le Boss est encore un coureur de classiques, un type incapable de passer un grand col. Son cancer des testicules associé à l'affaire Festina va changer la donne. Bénéficiant de multiples autorisations à usage thérapeuthique suite à sa maladie, il se permet tout dès son retour aux affaires. Au Tour d'Espagne 1998, il finit quatrième en suivant les plus grosses cylindrées espagnoles en montagne. Au Tour de France 1999, son impressionnant règne débute. Il écoeure contre-la-montre avant de lâcher tout le monde en montagne. Le schéma sera reproduit pendant sept longues années sous la houlette de Johan Bruyneel, son confident et allié de toujours. Jusqu'à ce que l'américain ne prenne sa retraite fin juillet 2005 !
Les premières révélations de l'Equipe un mois plus tard sèment le doute. Grâce à des explications douteuses, Armstrong gagne du temps. Il effectue son retour à la compétition en 2009. Un retour qui s'avère infructueux. Non seulement, le texan ne gagne pas de huitième Tour de France mais les preuves continuent à s'accumuler contre lui. Landis, Hamilton et Hincapie l'accablent du temps où ils lui portaient ses bidons... et ses seringues ! Blindé de thunes comme de dope, Lance tient encore grâce à sa fondation Livestrong et les puissants de l'UCI dont il a acheté le silence... contre multiples donations !
Début 2011, il prend sa deuxième retraite pour mieux préparer sa défense face à ces accusations graves. Mais l'USADA finit par avoir sa peau cet été puisque le texan abandonne son baratin, même s'il ne reconnaît bien évidemment pas les faits qui lui sont reprochés ! Cette annonce de l'Agence américaine antidopage met donc fin à 14 ans de mensonges. Bientôt destitué de toutes ses victoires post-cancer, interdit de toute compétition sportive à vie, plus du tout crédible dans sa lutte contre le cancer, brisé de toute part avant même le début de sa carrière politique, Lance Armstrong ne pèse aujourd'hui même plus le poids d'une ampoule d'EPO. Dans un pays où mentir est passible de prison, l'américain n'a jamais semblé aussi proche du néant. Finira t-il par avouer et entraîner dans sa chute tous ceux qui l'ont protégé pendant des années... ou se terra-t-il à dans son ranch du Texas à boire bière sur bière pour oublier l'escroc absolu qu'il a été ? C'est désormais la seule question que l'on peut se poser sur son histoire honteuse...