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Pierrot le Molosse (21.9.10)

http://www.dogguide.net/images/drooling/Neapolitan%20Mastiff%20Tongue.jpg

 

Putain Popeye a gagné l'US Open ! Comme le Rodj', il détient maintenant les quatre Grands Chelems sur les quatre surfaces différentes. Si le Maître a dû attendre ses 28 ans pour rejoindre Agassi dans la légende du tennis, Nadal n'a même pas eu à patienter un quart de siècle. Ça craint. A tel point que je suis tombé en dépression. Comme sept millions de suisses à vrai dire. La nuit, j'en arrivais à voir dans mes cauchemars le Comanche se gratter le cul devant moi et me chier directement sur la gueule.

 

Mon médecin m'a immédiatement envoyé une semaine en balnéothérapie du côté de St Raph dans l'espoir que je retrouve le moral. Je ne te dis pas le plan loose pour un type comme moi qui ne supporte pas l'eau de se retrouver dans un asile marin à seulement 27 ans. J'ai immédiatement compris que je ne tiendrai pas trois jours là-dedans sans m'ouvrir les veines. C'est pour ça que j'ai rapidement pris mon destin en main. J'ai tenté dans un premier temps de m'échapper par la fenêtre de ma chambre située au 20ème étage... mais j'ai finalement compris que cela serait moins compliquée pour moi de soudoyer la vieille gardienne horrible du centre. Tu sais, ce genre de cadavre vivant qui te donne tellement la gerbe que tu ne peux pas t'en approcher à moins de trois mètres, même à la sortie de trente ans de taule. Mais à qui tu tu te frottes sans réfléchir dès lors qu'il s'agit d'une question de vie ou de mort, les fameux réflexes de survie comme disent les spécialistes...

 

Après quelques ébats forcément inavouables, je me suis barré en vélo sans demander mon reste. J'avais tous les flics de la ville au cul mais je t'assure que ces cons même équipés de leur Subaru Impreza n'ont pas suivi le rythme dès lors que j'ai mis 52x11. Une fois tiré d'affaire, je me suis tapé trois putes hongroises à la suite pour oublier ce bad trip. Putain, je t'assure que je ne les avais pas volé celles-là.

 

J'ai dormi derrière une centaine d'heures consécutives sur la plage. C'est Pierrot le Blaireau, le bidonneau à l'air, un pastis dans la main droite, un rail de coke dans la gauche, qui m'a réveillé. Il voulait donner une seconde conférence de presse pour le journal de TF1 après notre entrevue fin février au Maghreb provençal. J'ai refusé catégoriquement sous prétexte que celui-ci n'avait toujours pas détruit le ferroviaire comme il me l'avait intimement promis. Il m'a expliqué que c'était dû aux attentats d'avril à Bagdad et Téhéran auxquels j'avais participé. Qu'importe, il a eu le droit d'aller se faire foutre. Et dégoûté, il est parti se réfugier dans les bras de son ami Pépito pour chialer...

 

Mais un Pierrot peut en cacher un autre. Ici, c'est-à-dire en Floride, la terreur locale, la bête du Gévaudan ou encore King Kong pour les intimes, se nomme Pierrot le Molosse. Pour te faire une description rapide du spécimen, Pierrot le Molosse dans un état civilisé serait le videur que tu rencontres à la sortie d'une boîte minable après t'être tapé quatre bouteilles, trois spliffs, deux nymphos et une bonne baston générale sur une vieille table de billard...

 

A Miami, c'est juste le type qui va t'empêcher de voyager sereinement dans le tramway à destination de Bagdad pour le simple plaisir de faire chier le monde. Pierrot le Molosse, c'est également le seul type de la côte sud-est qui arrive à repousser les limites de la connerie en allumant ses propres collègues. Pierrot le Molosse, c'est sans hésitation ce qui se fait de mieux ici. L'intelligence de Richard Virenque associée au charisme de Christian Estrosi, le tout aromatisé au charme de Laurence Boccolini. Ou le genre de dessert indigeste dont tu te passes volontiers après cent vingt bornes de vélo et une mauvaise chute dans une descente de col si tu vois ce que je veux dire...

 

L'excellent Monsieur Baracétamol m'avait pourtant présenté, lors de notre soirée parisienne de février, entre deux verres de whisky à l'ammoniac, toutes les subtilités du Molosse. Il était tellement fan de Pierrot qu'il avait crée un logiciel permettant de le géolocaliser 365 jours sur 365. Afin de pouvoir monter dans un maximum de tramways régentés par King Kong dès lors qu'il avait un peu de temps libre. Cascadeur dans l'âme, je te dis moi le Baracétamol. Inutile d'avoir fait Sciences Po pour savoir que l'Alliance R***h Team ne lui a pas souvent souhaité une bonne journée lorsqu'elle est tombée sur lui. Beau joueur, la barre à sept tirs avait quand même apposée un sticker "In Pierrot The Mastiff We Trust" sur son hélicoptère de fonction. Je ne te raconte même pas la gueule de l'appareil du coup. Les avions de chasse nazis d'il y a 70 ans, c'était franchement la Joconde comparé à son engin...

 

Tout ça pour te dire que je suis tombé nez-à-nez avec Pierrot le Molosse sur le quai de Miami car ce dernier était le titulaire du tramway pour Bagdad. Je pense que tu imagines facilement l'état de ma gueule à ce moment-là. Pire qu'après mon plus violent cauchemar nadalesque, ma plus traumatisante relation sexuelle et mon plus mauvais bad trip réunis ! Dans la foulée, j'ai frôlé l'arrêt cardiaque en direct sur CNN. En effet, deux journalistes de la chaîne filmaient au même moment Pierrot en train de dévorer un gosse de trois ans sous mes yeux pour son goûter. C'est à ce moment-là que ma mère m'a appelé. Elle a juste eu le temps de me dire "prends soin de ta vie Thierry" que je n'étais déjà plus là. In Pierrot The Mastiff I could finish...

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