Il y a des signes. Un peu comme lorsqu'une bombasse se met à lécher ton costard Hugo Boss sous les douze coups de minuit. Tu te mets alors à cogiter au milieu d'une énième soirée où tu ne ramènes rien. Même pas une deuxième balle de Gilles Simon. Et là tu te dis que c'est ton soir, le soir qui peut tout changer dans ta vie de looser. Tu la regardes donc avec sympathie en pensant juste à dans trois heures. Quand elle va se déshabiller et que tu lui vas faire payer tout ce que les autres t'ont fait subir ces dernières années...
Roger Federer était dans le rôle de cette dernière hier. Malgré ses 17 victoires et 33 demi-finales en Grand Chelem, le plus grand joueur de tous les temps s'est fait démolir par un Jo-Wilfried Tsonga plus affamé que jamais. Le gamin du Mans qui se casse les dents depuis cinq ans sur le trident Djokovic - Nadal - Federer en avait marre. Marre de venir mourir au poteau comme tellement l'ont fait avant lui. Lui qui n'avait battu qu'un top 10 l'an passé et aucun en Majeur a envoyé du très lourd pendant près de deux heures. Sans spécialement surjouer. Et face à un Rodgeur qui avait préparé Roland comme un fonctionnaire sa réunion du lundi matin, tu imagines facilement la gueule du film d'horreur qui s'est tourné hier après-midi sur le Philippe Chatrier ! J'y étais évidemment avec mon frangin et toute la clique. Et je t'assure que ce n'était pas beau à voir...
Le seul lot de consolation pour les amoureux du Maître, c'est que Federer a pris la porte contre un français sympa qui peut réellement prétendre gagner Roland. Et ça, ça change tout. De pouvoir penser que la presse médiocre de notre pays va enfin arrêter de nous les briser avec cet has-been de Noah, donneur de leçon en tout genre qui, malgré la musique et le chichon, vit assez mal sa seconde carrière pour constamment taper sur notre exceptionnelle génération de tennismen français !
Jo-Wilfried Tsonga est donc en demi-finale à Paris. Pour la première fois de sa carrière. Et sans avoir perdu le moindre set. Il jouera vendredi le parfait anti-héros David Ferrer. Ce mec sans coup fort qui gagne tous ses matchs au physique. Et qui dit physique dit implicitement espagnol et médecin sulfureux. Le numéro deux ibérique lui cumule puisqu'il vit à Valence, une plaque tournante de la drogue, là où tellement de coureurs cyclistes s'entraînent bizarrement toute l'année dans une région sururbanisée...
On prie déjà pour que ces abrutis d'organisateurs franchouillards aient la décence de programmer Tsonga en premier match vendredi. Histoire que ce dernier ait une réelle chance dimanche contre le vainqueur du choc titanesque entre Rafael Nadal et Novak Djokovic. Car les deux autres vont se mettre sur la gueule sévère et pendant un bon moment entre nous. Un peu lorsque tu invites une cougar pour ton anniversaire. Tu sais toujours quand elle se pointe mais jamais vraiment quand elle remballe...
Sur ce, je te laisse mec. Je file Porte d'Auteuil mater les derniers quarts de finale. Et demain ne me cherche pas dans le 16ème arrondissement à brancher de la bourgeoise en chaleur avec les beaux jours qui reviennent. Je serai à Angers avec mon équipe pour fêter ma victoire au Giro d'Italia. Mais avant ça, je dois taper 300 kilomètres depuis Paris. C'est un pari stupide que j'ai fait avec Jo-Wilfried après sa victoire contre Rodgeur. Il m'a promis que si je casse demain 300 bornes, il fracasserait Ferrer vendredi et Nadal dimanche. Le meilleur est donc peut-être encore à venir...