Jo-Wilfried Tsonga nous a trahi. Après avoir pulvérisé Roger Federer mardi et fait naître en nous les plus fols espoirs, le manceau s'est enlisé hier soir dans la vase de David Ferrer. La porte vers la finale de Roland-Garros toute tracée s'est violemment refermée sur sa gueule sans que nous ayons eu le temps de décapsuler la moindre bière. Et à vrai dire ce matin, nous n'avons toujours rien compris à ce non-match auquel nous avons assisté hier après le blockbuster épique entre Rafael Nadal et Novak Djokovic long de 5 sets et 4h37 de combat acharné !
Pourtant hier avant les demi-finales, j'étais confiant comme un ado boutonneux qui part à sa première boum. J'avais fracassé jeudi sous le cagnard 323 kilomètres jusqu'à Angers. J'étais parti à l'aube de la banlieue parisienne pour finir vers 19h30 dans la préfecture du Maine-et-Loir quand un flic zélé m'a flashé rue Saumuroise et interpellé sur le bas côté : "Monsieur, mon radar indique 320. Je vous informe que c'est une zone limitée à 50. Je vous arrête donc et vous confisque votre véhicule". Je me suis mis alors à lui parler en espagnol et là le mec s'est tout de suite détendu : "Ah vous êtes comme ces robots Nadal et Ferrer qui ne respirent pas à Roland-Garros tellement ils sont chargés. Passez donc monsieur, Nantes est juste derrière si vous voulez continuer à vous moquer du monde. Je ne vous retiens pas." Je n'ai pas tout de suite capté la portée de sa phrase mais c'était un prémisse au massacre qui allait se tramer le lendemain sur le Central...
J'ai donc bouclé ma 700ème sortie devant la cathédrale St Maurice complètement déchiré. C'est Ophé, la meilleure pote de Star, qui m'a réanimé tellement j'étais mal. Je t'explique, la meuf a grandi à deux pas de là, à Saumur, donc c'est un peu son secteur ici. Pour fêter ma victoire au Giro d'Italia, elle avait décidé d'organiser une gigantesque house party au Barrio, une boîte de prolos de la préfecture angevine pour reprendre une célèbre citation de Star ! Et donc après une heure de massage et un McDo dégueulasse sur un banc du centre-ville, j'ai filé en boîte avec elle. Comme d'habitude, il y avait plein de chiens galeux dont les dents rayaient le parquet en voyant cette bombe atomique d'Ophé se déhancher malicieusement en mixant du David Guetta ! Mais l'évènement de la soirée fut sans conteste ma rencontre avec Emma, la bonasse en photo en haut de cet article...
Emma est une savoyarde qui a grandi à Paris. Elle a donc été bordélisée très jeune par toutes les dérives de la capitale. Bourgeoise, hautaine, surdiplômée, appleisée, bipolaire, superficielle, exigeante avec les hommes, elle cumule comme dirait ma misogynie ! C'est une sorte de Marla Singer en haut de gamme. Bref, une meuf normalement incompatible avec un champion cycliste de ma trempe. Mais Emma, c'est aussi la gonzesse qui allume sévèrement mon pote Ghost Rider depuis trois mois dans une salle de sport du 11ème arrondissement. Ne me demande pas ce qu'elle foutait jeudi soir à Angers mais elle était là...
Je me suis alors souvenu de cette phrase de Ghost qui me décrivait Emma comme "une fille avec des principes, pas le genre de chienneco à sauter sur tout ce qui bouge". La voyant se comporter comme une pétasse ordinaire sur la piste de danse, je n'ai pu m'empêcher de vérifier ses dires. J'ai donc racketté le costard d'un bobo dans les chiottes du Barrio avant de me présenter face à elle, arrogant au possible, dans une des versions qu'elle raffole ! Et là, tu ne me croiras peut-être pas mais en moins d'un set, la Emma me sortit en se frottant contre moi "tu sais, je ne suis pas le genre de fille à coucher dès le premier soir". De Paris à Barcelone, à chaque fois qu'une meuf m'a soufflé cette phrase romantique en discothèque, cela s'est invariablement fini de la même façon : par un coup gagnant entre les jambes à la Rafael Nadal...
Bon bah ce jeudi soir à Angers n'a pas dérogé à la règle. J'ai tapé 323 kilomètres et une bonasse en moins de 24 heures. C'est bien mais cela ne suffit pas. Je suis toujours aussi loin des 500 kilomètres qu'un tennisman français d'un titre du Grand Chelem ! Et cela fait maintenant trente ans que ça dure...