
Bonne année 2018 à tous, liseurs de ce blog déjanté de la première heure, comme de la dernière !
Je n'en reviens pas que cela fait déjà huit ans que j'écris des conneries ici. Huit années, dix mains courantes, quatre menaces de mort, et deux procès plus loin, on est toujours là les gars, on garde le cap. Mais où ça au fait ? J'aurais aimé te dire que je suis à Melbourne Park avec Roger Federer sous les sunlights, en compagnie de Cadel Evans, et de sa charmante femme pesant à elle seule autant que le PIB du Burkina Faso, mais ce n'est pas le cas.
Non, je suis juste à Paris, comme tout loser qui se respecte. J'ai passé ces deux derniers mois à lire, écrire et traduire différents bouquins en français et espagnol. Sentant que mon business de jeunesse part progressivement en lambeau du côté de la capitale française, je commence à me reconvertir dans un métier plus porteur que jamais : l'écriture. En effet, vu l'explosion de l'analphabétisme dans notre société occidentale, et le besoin toujours plus grand d'information, aussi débile soit-elle, je pense que j'aurais du boulot dans ce domaine jusqu'à la nuit des temps.
Avant de parler un petit peu de moi, je voulais dire que cette année 2018 sera normalement celle du Vigésimo pour Roger Federer. En effet, je ne vois raisonnablement pas comment sa Majesté ne pourrait pas décrocher un 20ème Grand Chelem en carrière cette année sur les trois Majeurs qu'il va être amené à disputer.
Car oui, désolé les gars, le Maître se permet désormais de zapper volontairement Roland-Garros pour maximaliser ses chances à Wimbledon. Combien de titres a t-il perdu à Londres cette dernière décennie en s'écrasant le mois précédent Porte d'Auteuil sur Nadal ou Djokovic ? A bientôt 37 ans, Rodgeur va t-il atteindre la vingtaine dès cet Open d'Australie, ou devra t-il patienter jusqu'à cet été dans son jardin londonien pour y parvenir ? Un premier élément de réponse sera donné dans une dizaine de jours sur la Rod Laver Arena...
En ce qui me concerne, il me tarde à remonter sur mon vélo pour me remettre en marche. J'ai hâte d'attaquer ma 19ème saison sur les routes d'Europe, à l'assaut des plus beaux cols et plus grandes courses par étapes. Aucune tâche n'est trop petite, aucune tâche n'est trop dure comme dirait Tyler Hamilton. Après avoir cassé la Péninsule Ibérique et le Giro en 2017, j'ai décidé de repartir en Italie au printemps prochain. Cela peut paraître une décision surprenante mais je voulais refaire le Giro en mai... pendant le Giro. Et la Vuelta en septembre... pendant la Vuelta. Niveau logistique, comme soutien de fortune, c'est également plus pratique.
En marge de ces deux nouveaux Grands Tours, je me projette également sur le Tour d'Europe. 2019, 2020 ou 2021, nous verrons bien. Il reste du temps mais pas trop non plus. Pour meubler une année 2018 relativement calme, j'ai décidé d'incorporer Paris-Nice en avril et le Dauphiné cet été. J'étais parti pour en rester là mais Naceman m'a piégé récemment du côté de Clermont-Ferrand. A force de traîner Place de Jaude avec une amie, j'ai fini par tomber sur un bouquin du héros local Raphaël Géminiani : Il était une fois Anquetil. Après avoir poursuivi Eddy Merckx avec acharnement l'an passé en Espagne sur la Undécima, j'ai eu comme une apparition, entre deux randonnées dans la neige au Puy-de-Dôme. Une apparition qui me disait que je me devais maintenant de rattraper Maître Jacques...
Moi, qui pensais depuis très longtemps à Bordeaux–Paris, n'arrivais jamais à passer à l'acte. Un peu comme une meuf qui te plaît pour qui tu n'oses pas déclarer ta flamme. En 2010, des gars de mon ex-club de vélo m'avait pourtant déplié le tapis rouge pour cette course d'un jour de 650 kilomètres. A l'époque, je me souviens avoir poliment refusé. Pas assez fort, pas assez dur en peloton pour Kaiser Bientz. Je me trompais. Bordeaux–Paris n'est pas assez fort, pas assez dur, même en solitaire, même sans assistance. Ce qui la rend difficile, c'est de se la cogner dans la foulée d'un Critérium du Dauphiné, comme Jacques Anquetil.
C'est ainsi que j'ai donc maintenant pour objectif de courir Bordeaux–Paris dans la foulée d'un Dauphiné. Quand je dis dans la foulée, c'est évidemment l'esprit qui prévaut. Ne disposant pas du jet privé de Charles de Gaulle, ni d'une organisation de dingue, et encore moins des produits pharmaceutiques qui vont avec, il est évident que je ne finirai pas un Dauphiné à 17 heures sur le pont d'Avignon pour m'élancer six heures plus tard de la place de la Bourse de Bordeaux, à l'assaut de la plus grande course d'un jour possible. En effet, je me contenterai d'un petit détour d'une journée ou deux, par-delà mon camp de base parisien, avant de prendre la route de Burdeos comme dirait Ainara...
Lorsque j'ai exposé ce nouveau projet renversant à Naceman, qui est à la douceur ce que Johnny Hallyday était à l'intelligence, celui-ci m'a simplement répondu sa phrase favorite : « pas de problème ». Sans savoir si le Nace prendra part ou non à cette expédition déglinguée, me voilà déjà rassuré pour cette nouvelle année 2018. Bordeaux–Paris dans la foulée du Dauphiné, seul et sans assistance, s'effectuera normalement sans problème !