Putain mec, j'ai merdé ! Un peu comme le Rodj' en demi-finale de l'US Open contre ce pitre de Novak Djokovic ! Moi aussi, j'ai mené deux manches à zéro contre une superbe gazelle le samedi 10 septembre dernier à New York. Je vendais du rêve et la meuf gobait tout. Et puis semblant avoir fait le plus dur, je me suis progressivement relâché. Un peu puis beaucoup. Captant que je la baratinais sévère sur mon train de vie de déglingué, elle est progressivement revenue dans le match. A tel point que j'ai fini par lâcher le troisième puis le quatrième set. Je me suis bien repris en début de cinquième manche en lui annonçant que j'étais Kaiser Bientz, ce champion cycliste qui a gagné deux Tours de France et qui faisait la nique aux plus grands, mais au moment de conclure, à 500 mètres des Champs-Elysées en quelque sorte, je me suis fait contrer par Alberto Contador et dû encaisser une terrible défaite. Putain de merde !
Bon autant te le dire tout de suite, je suis complètement mais alors complètement anéanti depuis une dizaine de jours. Voir Rodgeur mener 5-3 et 40-15 sur son service dans le cinquième set d'une demi-finale de Grand Chelem et finir par perdre contre un mec qui, n'y croyant même plus, balance de dépit un retour en coup droit à 150 miles prenant la ligne extérieure, il y a vraiment de quoi péter les plombs et faire un gros fuck à la terre entière ! Si j'étais Roger Federer, j'aurai probablement cassé directement la gueule de Djokovic sur le court, incendié le vestiaire et mis des coups de boule à tous ces journaleux de merde en conférence de presse. Mais je ne suis pas Roger Federer...
Cette défaite est encore pire que celle de l'an dernier contre ce même guignol. Car cette année, Rodgeur a eu deux balles de match sur son service. Qu'il avait repris la main dans la cinquième, résistant puis faisant craquer l'extraterrestre de la saison 2011. Ce type n'ayant perdu que deux matchs depuis le début de l'année dont ce monumental affrontement à Roland Garros où le bâlois avait mis fin aux six mois d'invincibilité de Nole ! Que s'est-il passé dans la tête du plus grand joueur de tous les temps au moment où il dut encaisser ce retour surnaturel sur balle de match ? Il avait encore un service derrière pour finir et le grand Rodgeur des années 2004-2007 ne se serait jamais fait débreaker à un moment si important !
Toujours est-il que cette défaite cruelle, une des pires de Rodgeur en Grand Chelem après celle de Wimbledon 2008 et de Melbourne 2009 contre le Comanche, priva encore la petite balle jaune d'une finale Nadal - Federer à New York. Et conforta Djokovic dans son nouveau rôle de numéro un mondial. Car derrière, malgré un dos récalcitrant, le serbe colla une sixième branlée en autant de confrontations cette année à la célèbre momie, amputé de deux doigts sur cette tournée américaine !
Nadal, lui, ne s'arrête jamais. Lundi, il livre un combat épique de quatre heures sur le ciment new yorkais contre Djokovic. Mardi, il prend un jet privé pour Cordoue. Mercredi, il absorbe les six heures de décalage horaire entre les USA et l'Espagne. Jeudi, il se fait transfuser son sang par Eufemanio Fuentes. Vendredi, il laisse quatre jeux à Gasquet sur terre en demi-finale de Coupe Davis contre la France. C'est ça le style Rafa !
Figure-toi que j'étais dans les arènes de Cordoue vendredi après-midi pour suivre la débâcle française contre les taureaux ibériques survitaminés. Car David Ferrer, ce n'est pas mal non plus sur terre battue. Gasquet et Simon ont chacun pris leur fessée. Mené 2-0 dès le premier soir, j'ai décidé de rentrer samedi sur Genève. J'ai donc pris l'AVE pour Barcelone et manqué à dix minutes près la dernière correspondance pour le bout du lac. Du coup, coincé une nuit dans la capitale catalane, j'en ai profité pour aller faire un tour au Camp Nou mater Barça - Osasuna. Et là tu ne devineras jamais qui j'ai croisé au milieu des 100 000 aficionados ? Marla Singer, en chair et en os, mon pote ! Le bad trip jusqu'au bout puisqu'elle était accompagnée pour l'occasion d'un type sacrement baraqué que je ne connaissais pas. A chaque but du Barça, elle roulait une pelle divine à ce vieux gars qui lui servait visiblement autant de fuck friend que de garde du corps. Et quand on sait que le Barça passa huit buts aux faire-valoir basques, tu devineras facilement comment la Marla a fini avec son compagnon de chambrée...
Heureusement qu'à 17 000 kilomètres de là, Stan et Rodgeur firent le boulot contre les australiens pour assurer la remontée de la Suisse dans le groupe mondial, seul point positif de ces deux dernières semaines de tennis ! Mon pote Marc Rosset péta complètement les plombs devant l'organisation lamentable de ce match. Je t'invite d'ailleurs à aller lire son succulent blog à ce sujet. Quant à moi gros, je m'apprête à entrer en hibernation. La saison de cyclisme tourne à sa fin et le tennis fait relâche pour un bon mois. Je te dis donc bonne rentrée ou bonnes vacances, c'est selon. Moi je retourne dans ma Suisse d'adoption à boire des bières sur une plage du Léman. Ciao bello !