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Une bombe atomique sur la Bastille (21.11.10)

http://www.bergoiata.org/fe/bombe-nucleaire/ScenicNuclearBombs_xx64.jpg

 

Salut gros, tu ne devineras jamais la soirée d'enfer que j'ai passé hier à Paris ! Déjà, en me pointant vers 19 heures, rue du Faubourg St Antoine, j'ai constaté que ces abrutis de la fourrière n'avaient toujours pas réussi à enlever l'avion de Flo. Ce psychopathe s'était bien posé trois heures plus tôt en plein Paname comme il me l'avait laissé entendre... Quand je te dis que ce mec est complètement déjanté ! Inutile de te préciser qu'il y a eu du petit bois en bas de la rue car la piste d'atterrissage du faubourg St Antoine n'est pas aussi spacieuse que celle de l'aérodrome de Champhol...

Le zinc du Flo, après avoir écrasé douze voitures, huit scooters, cinq racailles et trois vieilles, a fini sa course dans le McDo de l'avenue Ledru-Rollin. Une fois sorti du cockpit, le Flo, complètement indemne et décontracté tel un junkie en passe de s'enfiler un septième rail, a tout bonnement commandé un Maxi Big Mac au comptoir. A emporter de préférence... avant que les flics ne se ramènent ! La grognasse en face de lui a cru un instant à une farce de mauvais genre mais il est comme ça le Flo, tu ne peux pas test' ! Moralité de l'histoire, elle s'est barrée en criant comme une hystérique dans la rue, un peu comme la mère cassos d'Andy Meuhray si tu vois ce que je veux dire...

Avant de s'arracher à son tour, Flo a pris le temps de piquer une dizaine de hamburgers pour le week-end. Et depuis trois heures, tu ne me croiras peut-être pas, mais lui et mon frère suivent les opérations policières depuis l'immeuble de leur taffe. Mon frangin vient d'ailleurs de parier à l'instant une caisse de champagne que les condés ne réussiront pas à dégager l'avion avant demain matin. Joueur dans l'âme, le Flo l'a suivi. Quand je te dis que la vie des geeks capitaliste-ment tarés de Paname est difficile, tu ne me crois pas...

Passé ce grand cirque digne d'une série C américaine, je me suis retrouvé devant la salle où jouaient mes potes de T.A.N.K. Olivier m'a filé un billet à tarif réduit dans un restaurant japonais douteux et la soirée a enfin pu commencer. La Scène Bastille, c'est une salle qui me réussit bien entre nous. Je me souviens qu'en décembre 2009, alors que je venais déjà de me faire larguer par mon ex, qui s'est ensuite remise avec moi (oui, je te conçois que ma vie amoureuse est aussi palpitante à suivre que le journal de 13 heures de Jean-Pierre Pernod), j'avais fait la connaissance d'une certaine Aurel. Et je t'assure qu'elle n'y était pas allée de main morte la petite si tu vois ce que je veux dire...

Deux heures de drague intense où elle avait entrevu le plus mauvais Thierry Bientz possible, c'est-à-dire le Thierry Bientz dans un état psychologique lamentable. Pour tout dire, je ressemblais davantage à un cadavre en décomposition du Père Lachaise qu'à un certain golden boy de Chartres... mais je lui avais malgré tout plu ! Pour éviter une nuit de démolition, je m'étais enfui Gare de Lyon comme un voleur pour aller dormir directement dans mon foyer de Bobet, entre deux missions explosives au Moyen-Orient. Et je l'avais retrouvé en face de moi, vingt minutes plus tard, par le plus grand des hasards, dans un RER à Châtelet. J'avais momentanément cru à un complot. Je m'étais dit qu'elle m'avait suivi en douce comme un américain en faction. Et pendant tout le trajet jusqu'à Bobet, je m'étais posé cette question : "Je la déglingue ou pas ?" Finalement, je n'avais martyrisé que mon manche seul dans ma chambre d'hôtel. A tel point que j'avais fini avec une tendinite au poignet...

Ce soir, point d'Aurel en vue, mais une certaine bombe A ! C'est comme ça que je la prénomme pour éviter de me faire démasquer par mes potes metalleux qui lorgnent sur elle autant que moi. La bombe A comme la bombe atomique bien sûr ! Je t'assure que si elle avait été là en 1945, elle aurait fait durcir à elle seule tout un cimetière de gniaks foudroyés par l'invention d'Einstein. En tout cas, inutile de te préciser que moi je ne résiste pas une seconde à son sex-appeal...

 

Je me souviens que l'été dernier, elle déambulait à un festival de rock comme une hippie en manque d'herbe. Et moi, j'étais là comme un con avec ma langue pendante à ne pas oser venir lui parler. Tu te demandes certainement pourquoi ? Bah en fait, j'étais avec ma meuf, bridé dans mes conneries comme un gosse de dix ans. S'ajoutait à ma frustration le fait de savoir que la bombe A dormirait cette nuit-là toute seule sous sa tente pendant que moi je devrais me taper ma vieille nympho pas très excitante à 150 mètres de là. J'avais bien essayé de me barrer en douce pour rejoindre mademoiselle dynamite une fois ma titulaire endormie, mais cette dernière m'avait grillé en train de ramper tel un poilu à Verdun. Et pour me punir, elle m'avait menotté la main droite à notre tente, comme un vulgaire membre de l'ETA ! Furax que j'étais, j'avais passé ma nuit à la retourner dans tous les sens. En m'imaginant faire l'amour avec la bombe A...

Mais ce soir, je suis seul, fraîchement célibataire, et la bombe A également. Alors à l'attaque, et pas de pitié ! C'est la guerre, mon pote. Comme en 1789 lors de la prise de la Bastille ! D'entrée, je percute qu'elle est chaude comme la braise. Prête à s'enflammer au moindre pétard mouillé. Alors je lui demande cash : "Hey bombasse, ça te dirait de faire un grand huit avec Kaiser Bientz ?" La bombe A me répond : "Ça dépend de ce que t'appelle par grand huit..." Je rétorque du tac au tac : "Le grand huit avec Kaiser, c'est 8 heures de vélo, 8 heures de sommeil... et 8 heures de baise, et ceci pendant 8 jours de suite... ou une semaine de Tour de France avec Mario Cipollini !" Bon bah inutile de te dire qu'elle a succombé direct à ma proposition indécente. On s'est barré de la salle vers 21 heures et l'on n'a par conséquent rien vu du concert de T.A.N.K. Je l'ai emmené dans l'hôtel Baudelaire situé à deux pas d'ici. Un hôtel miteux, juste en face des bureaux de Lo et Flo. C'est d'ailleurs ce dernier qui me l'avait recommandé un midi pour taquiner de la gonzesse. Le problème, c'est que je ne savais pas que Flo et mon frangin faisaient nuit blanche eux aussi depuis leur taffe pour une raison toute différente de la mienne. Ils suivaient en effet l'évolution du Flo Plane, toujours enlisé faubourg St Antoine, afin de savoir qui allait payer sa caisse de champ' à l'aube ! Créchant juste en face de leur bâtiment, inutile de te dire que ces escrocs ont filmé l'intégralité de mes ébats sexuels avec la bombe A depuis leur baie vitrée. Les fleurs du mal cet hôtel...

En me réveillant à mon tour dimanche matin, alors que j'ouvrais la fenêtre de mon baisodrome, les deux lascars m'ont applaudi sur leur balcon tel Michael Schumacher après son septième titre mondial ! Cela m'a mis dans une rage folle et j'ai manqué d'aller directement les voir pour leur casser la gueule. Mais comme mon Eurostar partait dans moins d'une heure, j'ai préféré sagement lâcher l'affaire en me barrant Gare du Nord avec l'iPhone de ma bombe atomique qui entamait, elle, ses huit heures de sommeil. Ça me laissait largement le temps de faire un saut à Londres pour te tenir au courant via son téléphone du match Andrew Meuhray - Monsieur Husky. Et qui sait de me chauffer en tribune la charmante compagne de Robin pendant que ce dernier tenterait de dégonfler le malabar de l'autre ordure de scottish...

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