Il est 11h30 à Dijon lorsque je retrouve mon pote Marc Rosset dans le TGV 9264 en provenance de Lausanne. On ne s'est pas vu depuis notre folle soirée genevoise fin juillet et Marc a comme d'habitude des tonnes de conneries à me raconter. Il s'est passé tellement de choses incroyables depuis trois mois dans nos vies respectives que le trajet Dijon - Paris est vite expédié. En débarquant dans la capitale, le roi du Java trouve encore le moyen de pester allégrement sur la France. Temps de merde, ville morte et pas une fille en mini-jupe à l'horizon. Bah oui, désolé mon vieux Marc, mais on est un peu au mois de novembre si tu vois ce que je veux dire...
On a pris immédiatement la direction de Bercy pour assister aux quarts de finale du dernier Masters 1000 de l'année. Marc m'a abandonné à l'entrée du POPB suite à ses obligations pour la TSR et moi j'ai patiemment attendu mon frère qui finissait de breaker Flo sur du gros son de négro, vie de chien pour les geeks capitaliste-ment tarés de Paname !
Je n'aime pas Bercy, ça pue trop le fric et la connerie. A l'image de la société moderne tu me diras... mais ça ne suffit pas à calmer ma haine du système ! Déjà devant la salle, un commerce parallèle se met quotidiennement en place. Une trentaine de gars, tous plus louches les uns des autres, vendent des places à la sauvette devant des flics dépassés. Aussi bien pour un concert d'In Flames que pour un festival de Federer ! Les bars du quartier se mettent au diapason de cette arnaque en doublant leur prix dès lors qu'il y a un évènement au POPB. C'est comme ça que j'ai mangé un sandwich dégueulasse à 5,20 euros. Et puis tous ces gens qui investissent la salle en ne connaissant jamais rien à ce qu'ils vont voir. C'est peut-être ça le plus gonflant en fin de compte. De te retrouver à côté d'un type du gabarit de Pierrot le Foot en train de demander à sa femme aussi cultivée que Loana : "Ça dure combien de temps un match de tennis ?" Putain, inutile de te dire que je les hais tous ces connards !
Mon frère s'est pointé vers 14h15. On s'est tapé une bonne demi-heure de queue pour rentrer dans la salle. Ça aussi, ça m'a grave saoulé. Toute cette organisation à chier et tous ces contrôles ridicules. Les mecs passent dix ans à fouiller des sacs de bobos, mais si t'es un brin malin tu peux facilement passer avec une Kalach dans la poche. Bref, tout ça pour dire qu'on s'est enfin installé dans la salle à 14h50 et que le premier match de la journée opposant A.Rod à Monsieur Husky approchait de la fin du premier set. L'américain a fait un très mauvais jeu de service à cinq partout et le suédois en a immédiatemment profité. Derrière il a déroulé. Dans ce match aussi poétique que le film "Massacre à la tronçonneuse", mon objectif était de repérer au plus vite Madame Husky pour qui, je dois bien t'avouer, j'ai un petit faible. Grâce à Lo, je l'ai trouvé direct dans les loges. Une petite brune au charme ravageur. Mon type de femme à vrai dire. A chaque fois que je la vois à la télévision, elle a le don de me faire saigner les yeux. Et là encore, ça n'y a pas manqué. Madame Söderling, c'est autre chose que Milka Chocolat si tu vois ce que je veux dire...
Deuxième match de la journée avec Llodra - Davydenko. Lo m'a immédiatement fait remarquer que ce match avait tout sur le papier pour tourner à la baston générale entre ce showman de Mika et cet irradié de Kylia. Il ne s'est pas trompé le bougre. Dès lors que le parisien a débreaké au milieu du premier set, Bercy s'est mis à trembler comme le Teide en éruption. Putain, je t'assure que j'ai pris un pied d'enfer à mater ce match. Je n'ai certes pas compris comment Nikolaï, qui a quand même été troisième mondial et vainqueur ici-même il y a quatre ans, a pu autant balancer la rencontre. Mais comme m'a suggéré brillamment mon frère, on s'en branle. Franchement, ce Mickaël Llodra est un type attachant. Un des derniers mecs sur le circuit à pratiquer le service-volée. Un des derniers mecs en salle de presse à ne pas avoir sa langue dans sa poche. Un des derniers mecs à faire le con aussi bien sur le court que dans la vie. Un mec bien en quelque sorte...
Ensuite, on est sorti une heure et demie en attendant la séance de la soirée. On a refait le monde en guettant l'arrivée du Maître. Pour moi, c'était une première. Voir enfin Roger Federer en vrai sur un court, c'est mieux que gravir n'importe quel col du Tour de France ! En vérité, je ne trouve pas de mot pour décrire l'émotion qui m'a envahi lorsque j'ai découvert le Rodj', à même pas 100 mètres de moi, en train de distiller tous les coups du tennis face à un Melzer impuissant ! 1h10, 2 sets, 33 coups gagnants et 18 aces plus loin, l'affaire était entendue. Sa Majesté jouerait demain sa première demi-finale à Bercy, une anomalie jusqu'à là dans sa carrière hors norme...
La soirée s'est conclue par le match Monfils - Meuhray. Le genre de rencontre qui peut tout donner entre deux des plus grands guignols du circuit. Si je n'apprécie pas spécialement Monfils, je hais tout simplement Meuhray, et tu ne dois probablement pas l'ignorer ! Voir sa sale face de rat et l'entendre pleurnicher entre chaque point comme une fillette de trois ans, le tout sous les hurlements de sa mère hystérique en tribune, peut pousser au génocide. Un génocide de scots. Putain je t'assure que j'ai regretté un bon moment de ne pas avoir ramener mon bazooka à Bercy pour dégommer Frankenstein et tout son box de merde. Heureusement que La Monf', entre deux backflips salto arrière et un passing entre les jambes venu du haut du stade, l'a torché. Sinon je crois que je me serai flanqué direct dans la Seine, mettant fin ainsi à mon existence exceptionnelle !
On s'est arraché avec mon frère vers 23h10. On était tous les deux super heureux de voir deux français plus notre Rodgeur en demi-finale de Bercy. Ce deuxième set du 12 novembre 2010 se révélant au final pour moi bien plus bandant que le premier à Dijon...