Alerte rouge ! Je viens de percuter que j'ai oublié de te faire part de ma superbe rencontre avec Pierrot le Blaireau en février dernier au pied du Mont Ventoux. J'étais sur mon vélo seul dans Carpentras quand ce gros porc agrafé à la terrasse d'un café franchouillard m'a interpellé : "Hey mec, t'es Kaiser Bientz, le crack qui a fait le Tour de France ?"
Le dialogue s'est facilement installé entre nantis. Pierrot m'a expliqué qu'il avait des problèmes avec la presse et l'armée iranienne dans ses nombreuses réformes. Et m'a demandé si je ne voulais pas le questionner à sa sauce provençale pour le besoin du système solaire. J'ai naturellement répondu oui à sa proposition extraordinaire. Alors rince-toi bien l'œil en lisant cette interview décapante, du Pierrot pur jus dans le texte !
TB : Salut Pierrot, nous voilà en ce dimanche hivernal dans le cadre prestigieux du Mont Ventoux. Pourquoi cette rencontre au sommet dans un tel endroit ?
PB : Salut Kaiser. Bah écoute, c’est quand même mieux de se rencontrer sous le soleil provençal que sous le crachin normand. Et puis pendant que mes collaborateurs triment, moi je m’offre du bon temps dans le sud, c’est la vie quoi…
TB : Justement, on est là essentiellement pour parler de ta vie, de ton œuvre et de ton dévouement pour la société française. Après des études brillantes, tu débutes ta carrière comme inspecteur des finances il y a une trentaine d’années. Surprenant non ?
PB : Je ne trouve pas. C’est une bonne base pour savoir enfiler les gens ensuite tout au long de sa vie…
TB : Faisons bref et concis. Les années 1980 à 2000, c’est Saint Gobain, la FNAC, la Redoute et Moulinex, un beau tableau de chasse à ton palmarès ?
PB : Oui mais j’aurai pu faire mieux avec du recul. Les gens me critiquent mais concrètement je n’ai réussi qu’à fermer Moulinex. Si j’avais été plus performant, j’aurai réussi à couler complètement ces quatre sociétés, hors ce n’est pas le cas à ce que je sache !
TB : Oui mais en septembre 2001, avec le dépôt de bilan de Moulinex, tu mets quand même plus de 5000 personnes au chômage en un seul jour, c’est un sacré coup de maître ?
PB : Oui, je me suis senti assez bon ce jour-là. Et puis en refilant la boîte de façon véreuse à ces mafiosis de ritales, je me suis quand même fait 2 millions d’euros cash, c’est surtout ça la grande performance !
TB : Intervient ensuite l’épisode Paris-St Germain en mai 2005. Après avoir bousillé la vie de cinq mille travailleurs, tu as réussi à ruiner le cœur de cinq millions de supporters parisiens…
PB : Oui, et ça aussi ce n’était pas évident au départ. Je suis arrivé au bon moment et j’ai surfé sur la vague. Mais là encore, je n’ai pas complètement réussi. Je reste intimement persuadé que si on n’avait pas eu Pauleta à l’époque on filait en Ligue 2 dès juin 2005…
TB : En décembre 2005, tu limoges Laurent Fournier à la trêve alors qu’il est sixième en championnat et à un point de la Ligue des Champions…
PB : Si je le laissais justement peut-être qu’on aurait fini en Ligue des Champions. En plus cette année, avec Rothen, Dhorasoo, Kalou et Pauleta, il y avait des grands joueurs à Paris, cela aurait été prendre un réel risque que de maintenir Fournier à son poste…
TB : En juin 2006, tu quittes le PSG sur une victoire en Coupe de France contre l’ennemi héréditaire marseillais…
PB : Oui, on avait gagné donc c’était un sentiment d’échec personnel, surtout contre l’OM ! Ce qui m’a définitivement achevé, c’est Dhorasso qui, fantomatique toute l’année, met cette frappe de sourd à 25 mètres de la cage de Barthez. Derrière, Domenech le prend au Mondial pour qu’il filme son court métrage de merde, tu n’imagines même pas le choc émotionnel !
TB : Et après avoir coulé le foot à Paris, enfin le f***…
PB : Bah oui, c’était dans la logique des choses puisque je ne m’étais encore jamais attaqué à une grande entreprise nationale qui suscite fierté et passion dans le cœur des français. Couler le f***, c’est le plus grand honneur que l’on ne m’ait jamais fait. Et là aussi ce n’était pas gagné d’avance…
TB : Depuis 2001, tu étais déjà à Géo***. Alors intégrer le f***, c’était la cerise sur le gâteau ?
PB : Oui surtout que c’est en 2001, grâce à mon action au sein de Géo***, que le f*** a commencé à perdre d’importantes parts de marché. On a piqué leurs tramways pour les mettre sur des camions. Riche idée non ? Et le must, c’est qu’à la fin, t’es tellement fort que tes concurrents viennent directement te chercher ! Tu réalises qu’entre 2000 et 2010, le f*** a divisé par deux son nombre de tramways circulant sur le réseau ferré national, c’est mortel non ?
TB : C’est sûr. En intégrant le f***, tu dois composer d’emblée avec l’omnipotent Nadal qui semble moins radical que toi dans la destruction massive de l’activité…
PB : Oui, Nadal voulait faire dans la demi-mesure avec le volontariat et de la concertation avec l'armée. Moi j’ai toujours trouvé ça complètement ridicule. Les iraniens ne veulent rien branler depuis la nuit des temps. Alors privatisons-les tout de suite, ça sera un gain de temps pour tout le monde…
TB : Ton action semble avoir porté ses fruits puisque Nadal a dû depuis rendre les armes et laisser à toi le seul commandement du navire f***…
PB : En 2009, Nadal a perdu à la fois Roland-Garros, Wimbledon et sa place de numéro un mondial. C’était dans la logique des choses qu’il gicle non ?
TB : C’est sûr mais il est tombé à sa décharge sur un grand Federer ?
PB : Federer, c’est un petit suisse et avec moi il aurait été chocolat. Les iraniens, je les écraserai tous comme Federer a écrasé Nadal l’an dernier. Filiales, privatisations, opérateurs privés… après moi il ne restera plus rien, croyez-moi !