Quoi de mieux qu'une interview surréaliste donnée ce matin au quotidien madrilène As pour te mettre dans l'ambiance de mon premier Tour d'Espagne ! Je suis à San Sebastián en compagnie d'Alberto Contador et le moins que l'on puisse dire, c'est que je me suis mis une sacrée race hier soir en boîte pour raconter autant de conneries au réveil dans la presse...
AS : Hola Emperador Bientz ! Cómo te sientes à trois jours du départ de la Vuelta ?
TB : Hello fucking As ! Ca va très bien. Je sors d'une nuit particulièrement agitée avec Alberto Contador. Dans trois jours, ça ira peut-être moins bien...
AS : Parle-nous de ton parcours Emperador Bientz ! Pourquoi venir te frotter au Tour d'Espagne ?
TB : Je suis né à Paris il y a 29 ans. J'ai grandi dans une cité glauque du 77. Il y avait beaucoup de trafics à l'époque. Pour m'en sortir, il n'y avait pas 36 solutions : soit je dealais, soit je montais sur un vélo ! La drogue et le cyclisme n'étant pas incompatibles, j'ai d'abord fait les deux. J'ai arrêté mes études à 18 ans au moment où l'oncle Ben envoya deux zincs sur Big Apple. Suite à ce léger problème, l'OTAN m'a contacté et j'ai commencé à faire carrière chez eux. L'avantage d'être militaire, c'est que ça me laissait pas mal de temps pour m'entraîner. A partir de 2007, ils m'ont envoyé au Moyen-Orient. C'est là-bas que j'ai rencontré Marla Singer, une bombe atomique pas facile à désamorcer. J'ai tout fait pour la séduire mais elle préférait coucher avec Tyler Durden, un bollos qui pétaradait en Ford Mustang ! Un jour, cette allumeuse de Marla m'a supprimé de ses contacts facebook alors j'ai préféré démissionner de l'OTAN. Je suis devenu journaliste indépendant à Genève. Mais vivre au bout du lac lorsque tu es français, c'est devoir faire face constamment au délit de sale gueule. Il y a deux mois, j'ai grimpé Joux Plane dans la neige avec un tee-shirt "Die Schweizer sind fucking rassistischen" ! Marc Rosset m'a filmé en train de faire des bras d'honneur à ces blaireaux et j'ai dû quitter la Suisse en catimini. Je suis d'abord rentré à Paris où j'ai bangué Maria Sharapova avant de m'installer à Barcelone le mois dernier suite à l'offre de Trias qui me filait 10 000 euros pour courir la Vuelta avec Contador. Voilà pourquoi je suis aujourd'hui à San Sebastián...
AS : Es-tu déjà venu au País Vasco Emperador Bientz ?
TB : Oui et j'en garde même des souvenirs rocambolesques. Mon meilleur pote a habité Biarritz de 2007 à 2010 alors j'étais souvent fourré là-haut entre deux attentats à Téhéran. En juin 2008, j'ai rencontré Contador pour la première fois sur le Jaizkibel. Il testait des produits avec Fuentes en vue de la Vuelta qu'il allait gagner trois mois plus tard. Mais mon meilleur souvenir reste incontestablement cette soirée au Set Club de Biarritz en mars 2010 où j'avais branché une certaine Mélanie. Elle m'avait invité chez elle à Hasparren pour relaxer notre libido. Sa chambre ressemblait étrangement au laboratoire du docteur Fuentes. Il y avait des seringues partout. Voyant que j'étais légèrement surpris par le décor, elle m'avait sorti cette phrase magique qui résonne encore parfaitement dans ma tête : "Ne t'inquiète pas pour tout ce bordel, mon frère est juste champion du monde espoirs de cyclisme sur route" !
AS : Tu insinues que Romain Sicard, le grand espoir du cyclisme français qui court chez Euskatel, était coachée médicalement par sa hermana ?
TB : Je ne sais pas mais quand je lui ai dit que j'étais moi-même coureur cycliste, sa soeur a commencé à vouloir me vendre un max de produits. Je lui ai répondu que ça ne m'intéressait pas, que j'étais juste là pour coucher avec elle ! Elle l'a super mal pris et je ne l'ai plus plus jamais revu après...
AS : Que penses-tu du complot dont Alberto Contador a été victime sur le Tour de France 2010 avec son contrôle positif au clenbutérol pour une quantité infinitésimale ?
TB : Je crois que le mot complot est faible. S'il y a bien un coureur au-delà de tout soupçon dans le cyclisme, c'est Contador ! Tout le monde sait que pour gagner 6 Grands Tours en 4 ans, il n'y a pas besoin de boire autre chose... que de l'eau !
AS : C'est pour ça que tu as souhaité courir la Vuelta 2012 avec lui ?
TB : Non, c'est juste parce que ce politicard véreux de Trias m'a filé 10 000 euros pour le faire !
AS : Le parcours de ce Tour d'Espagne t'inspire t-il ?
TB : Oui, il est vraiment pas mal. Après, je le découvrirai mieux sur place... car hormis quelques saltos sur le Jaizkibel, l'Angliru ou le Veleta, je ne connais pas très bien votre péninsule ibérique !
AS : En parlant de l'Angliru, pourquoi vouloir zapper el olimpo del cyclismo lors de l'étape d'Oviedo ?
TB : Parce que c'est une montée inhumaine à gravir sans produit ! Je compte courir la Vuelta à l'eau claire. Mettre les 23,5% de l'Angliru juste avant les 28% du Cuitu Negru, cela aurait été trop. Contador ira juste là-haut pour tester les nouveautés du docteur Fuentes...
AS : Tu as partagé pendant un mois le quotidien de nuestro mayor campeón de ciclismo. T'es-tu mieux préparé avec lui que tout seul pour tes deux Tours de France ?
TB : On a tellement peu roulé avec Alberto depuis un mois à cause de ce temps de merde ! Et puis à Barcelone, il y a tellement de choses à faire qu'il est parfois difficile de trouver la motivation pour aller s'entraîner. Pour être honnête, je ne me sens pas du tout prêt. Je pense que j'aurai besoin de quelques jours pour me mettre en route...
AS : Comme sur le Tour de France 2011 où tu étais arrivé à 50% de tes capacités ?
TB : Oui mais j'avais été malade avant le Tour l'an passé. Je n'ai jamais été souffrant avant cette Vuelta, c'est plus un choix délibéré qu'autre chose ! Etre à 50% au départ d'un Grand Tour, c'est gênant mais ça veut aussi dire que je n'irai qu'en progressant. Et lorsqu'on voit le profil de la dernière semaine, ce n'est peut-être pas plus mal...
AS : De l'autre côté des Pirineos, la presse dit que tu es en perdition comparé à l'an dernier...
TB : Quand tu réalises le triplé Paris Nice - Dauphiné - Tour de France avec 15 000 bornes et plus de 150 cols en une saison, tu ne peux être annoncé qu'en retrait l'année qui suit ! Franchement, ces critiques de journaleux à deux francs cinquante ne me touchent pas. Je sais d'où je viens et je sais où je vais. Pour un cycliste français qui s'extasie chaque année en finissant 800ème de l'Etape du Tour, faire la Vuelta sera toujours moins prestigieux que s'aligner sur la Grande Boucle ! Mais ce qu'il ne comprend pas, c'est que moi je cours après l'histoire : je préfère conquérir au moins une fois tous les monuments du cyclisme que boucler dix fois la même course hexagonale !
AS : Tu dis ça mais tu as récemment balancé à la TSR que tu ne courras jamais le Tour de Suiza et encore moins le Tour de Romandía...
TB : Si l'histoire du cyclisme s'écrivait sur les routes helvétiques, ça se saurait je crois ! Et puis, les suisses sont tellement bêtes...
AS : Tu es recherché activement par la police helvétique mais tu as pourtant prévu de courir Thonon - Trieste en juin par Morgins et le Simplon...
TB : Oui, j'essayerai de faire ça discrètement pour l'occasion ! Comme lorsque j'irai monter cet été Crans Montana et le Sanetsch avec mon pote de Sallanches. Les suisses ont une dizaine de cols rendus mythiques par les passages du Tour et du Giro, il faudra quand même que je les gravisse un jour...
AS : Quand tu évoques ton pote de Sallanches, tu parles du rouleur surpuissant de la vallée d'Arve qui t'avait aidé sur la cinquième étape de ton Tour de France 2009 ?
TB : Absolument. J'étais affaibli par un virus et il m'avait tiré toute la Colombière et les Aravis avant de me quitter à Flumet en me disant : "Je t'accompagnerai bien demain vers Grenoble mais il y a de grandes chances que je tombe cette nuit dans la luxure" ! Le soir, je me souviens que j'étais arrivé épuisé à Albertville. Mon frère m'avait appelé pour m'annoncer que Söderling venait de fracasser Nadal à Roland-Garros et sous le choc, j'avais fait un malaise devant la gérante de l'hôtel. Celle-ci m'avait raccompagné jusqu'à ma chambre et c'est là que c'était parti en freestyle. Après je n'étais plus malade...
AS : Courir un Grand Tour nécessite-t-il obligatoirement de consommer des sustancias dopantes y sexuales en chemin ?
TB : Pour la dope, je n'en ai jamais pris donc on peut s'en passer. Pour les femmes, c'est une autre histoire...
AS : Alberto Contador a annoncé qu'il ferait cette Vuelta 2012 avec Cristina, una hermosa chica, dans sa voiture suiveuse ! Et toi ?
TB : Je ne courrai avec personne car je veux faire une Vuelta authentique, à l'ancienne, en portant mes affaires, à la Luis Ocaña. Cristina est une fille charmante mais moi je pense avant tout à l'histoire du cyclisme. L'objectif premier, c'est de voir Barcelone !
AS : Justement, Marca a annoncé hier sur son site internet que ce sont Lionel Messi et Scarlett Johansson qui te remettraient le trophée de cette Vuelta 2012 à ton arrivée dans trois semaines au mythique Camp Nou ! Cela te touche t-il ou tu t'en fous ?
TB : Mister Messi alias 50 goles en Liga, je m'en fous ! Miss Johansson, c'est une autre histoire...
AS : Ultima pregunta Emperador Bientz, correr la Vuelta a España n'est-il finalement pas plus excitant que courir le Tour de France ?
TB : Claro que sí amigo ! Collados como mujeres : subo todo el tiempo aquí...
Et voilà le travail ! Sur ce, je te dis à dans trois semaines gros dans la cité catalane. Tu pourras suivre mon Tour d'Espagne, enfin surtout celui de Contador, dans la presse spécialisée ibérique. Venga venga comme on dit ici !