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L'Espagne au lit

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Et ils sont où, et ils sont où, et il sont où les espagnols ? Le Barça mardi comme le Real hier se sont fait éliminer à domicile de leur Ligue des Champions. Ils trépassent tous les deux à une marche de la finale de Munich... où ils s'étaient plus ou moins donné rendez-vous en début de saison ! Cette nouvelle fracassante a le don de m'offrir un Tour d'Espagne calme en mai prochain, loin de l'hystérie qu'il aurait régné dans la péninsule en cas de septième Clasico en finale de la plus prestigieuse des Coupes d'Europe...

 

Il faut quand même que je te raconte ces deux soirées barcelonaises d'anthologie vécues mardi au Camp Nou et mercredi dans l'appartement déjanté d'Alberto. Comme je t'avais expliqué dans mon précédent post, je suis allé mater Barça - Chelsea dans l'antre des blaugranas accompagné de la moto de Pinto et du taureau de Manacor. On avait normalement rendez-vous avec Gérard Piqué et sa bombasse de Shakira. Mais le jeune défenseur catalan ayant été retenu au dernier moment par Guardiola pour débuter contre le Bayern, on ne retrouva que sa caliente colombienne en tribunes pour nous tenir compagnie. Cette dernière fut assez discrète jusqu'à ce que son beau gosse fut victime d'un choc à la tête avec Didier la pleureuse. Contador et Nadal, merengues de sang, d'abord inquiets devant la démonstration collective du Barça, reprirent progressivement espoir au fur et à mesure que le match avançait. Et finirent même par exulter lorsque le traître Fernando Torres égalisa sur la fin. Rafa conclua le premier set de cette soirée par un ace magistral au T : "Noche maravillosa Shakira mais pour qu'elle soit exceptionnelle, il faudrait que tu nous raccompagnes dans la foulée à ton hôtel !" La bomba latina n'y vu aucune objection étant donné que son Gérard se faisait soigner au même moment dans un hôpital du centre-ville. Et c'est là que la soirée partit totalement en freestyle. Le Comanche en transe se déshabilla et se mit à nous faire un remake non censuré du clip Gypsy qu'il avait tourné avec cette même Shakira il y a deux ans. Alberto lui emboîta le pas à la façon d'un grimpeur démarrant violemment dans les pourcentages les plus raides du Tourmalet. Restait alors moi en troisième rideau face à la bombe qui ne manqua pas de me faire sévèrement réprimander par cette dernière : "Dis donc toi, tu ne prends pas de drogues comme tes copains pour être aussi mou que ça ?"

 

Le lendemain, ce fut au tour du Real de défier le Bayern. Nadal et Contador comme tout le peuple madrilène y voyaient là une double opportunité : rallier la finale de la Ligue des Champions pour la première fois depuis dix ans... tout en y évitant l'ennemi héréditaire barcelonais ! La soirée commença parfaitement dans l'appart d'Alberto par un doublé de l'insupportable Cristiano Ronaldo. Mais après vingt minutes, les allemands prirent le contrôle de la partie. Ils égalisèrent sur l'ensemble des deux matchs par Robben avant de pousser les merengues en prolongations... puis aux tirs aux buts ! C'est là que cette demi-finale un poil ennuyeuse devient subitement tragi-comique. L'arrogant CR7 qui avait transformé jusqu'à là tous ses pénos sous le maillot du Real vit d'entrée son tir repoussé par Neuer. Pareil pour Kaka. Avant ce drop invraisemblable de Sergio Ramos trois mètres au dessus de la barre transversale ! C'en était trop pour les madrilènes qui venaient de laisser passer leur chance. Schweinsteiger envoya le Bayern au septième ciel... et le Real en dépression ! Suite à cette séance catastrophique de pénaltys, Contador voulut offrir Cristina à Nadal pour oublier. Mais ce dernier refusa sèchement. Il prit seulement un sachet d'amphets et quelques corticos avant de se barrer en quatrième vitesse. La cité catalane, en larmes la veille pour son Barça, était en fête hier soir après l'élimination de l'ennemi madrilène. Symbole d'une Espagne en manque d'identification profonde depuis tant d'années ! La crise est tellement vive de l'autre côté des Pyrénées que les ibériques n'ont plus que le football et quelques extraterrestres comme Nadal ou Contador à quoi se raccrocher. Alors dès lors qu'ils se mettent un temps soit peu à perdre, on n'est jamais bien loin du drame national comme du suicide collectif !

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