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La folie niçoise (17.10.10)

http://i1.trekearth.com/photos/27401/feu_artifice_nice-050815.jpg

 

Je suis de retour chez moi en région parisienne. Adieu les Alpes du Sud, le Poggio de San Remo ou encore cette armée de bonasses qui vous allument dans tous les sens... même jusqu'en dans un hall de gare !

 

Je dois d'ailleurs souligner l'exploit de cette quinzaine sur la Riviera. Hier, j'ai mis près de douze heures pour rallier Menton à Paris en TGV à cause d'un tout petit, mais alors infime mouvement social dans le pays. Putain, d'ailleurs je ne comprends toujours pas le bordel qui règne en France depuis près d'un mois. Il paraîtrait qu'un homme de petite taille veuille faire travailler le peuple deux ans de plus afin de préserver les privilèges d'une caste très select, et il appellerait ça au journal de TF1 le pacte de solidarité avec les générations futures. Tu parles d'une solidarité ? Si j'avais une casquette UMP, comme cet insignifiant Christian Estrosi, je défilerai sur la Promenade des Anglais en criant à tue-tête que les cheminots sont tous des nantis et des preneurs d'otage, mais je n'ai qu'une casquette Roger Federer !

 

Mais revenons-en à l'exploit de ce 16 octobre 2010. En stand-by pendant près de cinq heures dans cette belle gare de Nice-Ville, je me suis fait brancher par une contrôleuse qui n'y allait pas par quatre chemins de fer si tu vois ce que je veux dire... Il paraîtrait que c'est une coutume locale. La contrôleuse niçoise de base ? Une bonasse, autour de la trentaine, appartenant à l'armée rouge, ouverte d'esprit, aimant s'amuser à tout va, et n'étant pas vraiment farouche avec le genre masculin. J'ai découvert à cette occasion la dure vie de niçois...

 

Comme la terre entière, tu te demandes évidemment comment j'ai répondu à ces avances aussi pressantes qu'un parpaing de coup droit du Rodj' dans la gueule de Nadal. Et bien, je me suis dégonflé mon pote. Ou disons plutôt que j'ai refusé de me dégonfler. J'étais toujours aussi inerte après ces deux semaines de boxe en Italie. Et mon stock de capotes était épuisé. Il avait beau y avoir une pharmacie juste en face, j'ai eu la flemme. Mon esprit était davantage préoccupé par le vrai défi qui m'attendait. Monter avec ma bicyclette dans le seul TGV de la soirée pour Paris. Un truc bien plus délicat à gérer qu'une méditerranéenne en chaleur entre nous...

 

Heureusement, je suis tombé sur un chic gars. Un certain Camille qui m'a expliqué toutes les subtilités de la cité niçoise. Un peu d'histoire mon pote. La préfecture des Alpes-Maritimes n'est française que depuis 1860. Pendant un demi-millénaire, Nice appartenait au royaume de Piémont-Sardaigne, l'Italie d'en haut en quelque sorte ! 150 ans après son rattachement à la France, les traditions ritales sont restées. Nice garde son charme d'antan, sa chaleur de vivre et ses magouilles de mafiosis...

 

Pour se faire respecter ici, je te dis tout de suite qu'il faut éviter le look scandinave pété de thunes précédemment décrit sur le Lungomare de San Remo. Car tu vas tout de suite payer pour les autres, c'est-à-dire payer tout ce que les niçois ne veulent pas financer, préférant s'arranger entre eux à coups de bonnes manières ancestrales. Pour être tout à fait franc avec toi, Nice est une ville d'escrocs. Et l'idéal est de s'insérer rapidement dans ce business. En faisant la connaissance de Camille, un type excellent, j'ai fait un premier pas en ce sens. Et cette journée de baisée dans les transports aura finalement été bien plus enrichissante que prévu...

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