Un mois sans poster la moindre connerie, tu devais me croire souffrant ou amoureux, voire les deux à la fois ? Hey ben non mon pote, j'étais juste en train de bourlinguer de droite à gauche en Europe et je n'ai même pas eu le temps de me poser trois minutes sur mon ordinateur pour te distraire trente secondes !
Du coup, je ne sais pas par quoi commencer. Ah si, par Federer bien sûr ! Sache que le Rodj' me file une trique d'enfer cet été. Je me croirais momentanément revenu six ans en arrière, du temps où, numéro un mondial incontestable, il dilapidait tous ses adversaires à la petite cuillère ! Le voir gagner coup sur coup Wimbledon et Cincinnati tout en arrachant entre les deux une médaille d'argent à Londres après un combat homérique de 4h26 en demi-finale contre l'inamovible Del Potro, bah inutile de te dire qu'il fallait avoir une paire de couilles bien accrochée pour tenir le choc ! A ce propos, mon frère a fini à l'hôpital ce soir-là. A force de gueuler comme un putois dans son Wendy studio, le plafond a fini par lui tomber sur la gueule. L'incident eut cependant le mérite de réveiller son compère Flo, enfin plus précisément de le sortir de son coma éthylique à 17 heures du matin...
A part ça, ces J.O de Londres ont été une réussite totale sur les bords de la Tamise. J'ai suivi ça sur place depuis l'appart du Star entre deux norvégiennes dézinguées au Waterloo Bridge. Le titre olympique à la perche de Renaud Lavillenie décroché à son dernier essai à 5m97 m'a particulièrement touché. Pour une fois que l'on voit un athlète authentique et humble sachant aligner trois mots de français à la suite s'imposer... Tout l'inverse de ces jamaïquains une nouvelle fois insupportables sur le tour de piste ! Mais qui sont ces Nesta Carter, Michael Frater, Yohan Blake et Usain Bolt qui courent le 4 x 100m en moins de 37 secondes tout en se prenant pour des acteurs hollywoodiens ? Des bouffons que l'on devrait contrôler plus souvent sous leurs tropiques où la dope et la connerie circulent à la vitesse d'une Ferrari en Italie...
De mon côté, tout allait bien jusqu'à ce week-end. De retour en France après quelques crochets par la Suisse pour m'élever dans l'Oberland bernois, je me suis fait déchirer la gueule comme jamais vendredi dernier. Bon j'avoue que j'ai un peu merdé. Après un été flingué passé à monter cols, bières et bimbos avec l'efficacité d'un Bradley Wiggins, j'ai logiquement coincé en Chartreuse sous le cagnard. A la ramasse dès le col de Marcieu, j'ai plongé par 40 degrés sur Grenoble et, au lieu de piquer un plongeon tout droit dans l'Isère pour me rafraîchir, j'ai décidé de défier les 13 bornes à 8% de la Charmette au meilleur de la journée ! Bon bah je ne te fais pas de dessin mais j'ai littéralement cuit dedans. Collé au goudron, à la pente comme à ma folie, j'ai bien cru mourir dans cette dernière ascension des Alpes du Nord qu'il me manquait. Arrivé au sommet dans un état second, j'ai arraché mon maillot comme Novak Djokovic en finale de l'Australian Open, hurlé de rage comme un campioni surchargé, porté mon vélo au dessus du monde et... attiré l'attention d'une formidable savoyarde : "Vous êtes Kaiser Bientz, l'homme qui grimpe autant de cols que de femmes chaque été, alors pourriez-vous me gravir une fois la chaleur retombée ?"
Tu ne me croiras peut-être pas mais j'étais tellement mort que j'ai décliné son invitation. A la place, j'ai somnolé trois heures seul dans un Formule 1 et remis le couvert dès le lendemain vers La Ruchère où un certain Lolo Fignon avait écrasé le Tour de France 1984, avant de rentrer dans la foulée sur Paname pour un Flo Birthday complètement déjanté sur les bords de Seine ! Le réveil dimanche matin a été douloureux mais j'ai quand même réussi à attraper mon zinc pour Bilbao où je suis depuis hier la 67ème Vuelta a España en tant que consultant pour la TVE. Les meilleures chaudières ibériques sont déjà entrées en action aujourd'hui à Arrate mais la première grande explication est pour demain vers Valdezcaray, une station de ski que j'avais moi-même gravi en mai dernier lors de mon Tour d'Espagne. Pour l'avoir fait et en avoir chié, je te promets du spectacle et de la drogue dans la Rioja. Alors venga Fuentes y viva España !