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J'ai rencontré Guillaume Prébois

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Loin de la folie des courses flandriennes où l'hystérie des fans ne rivalise qu'avec dopage, hypocrisie et corruption de leurs champions, j'ai rencontré Guillaume Prébois lundi dernier à Fréjus ! J'avais rendez-vous à 11h30 avec l'homme au Tour du Monde en 80 jours pour un décrassage de trois heures dans le Massif de l'Esterel. Quitte à échanger avec un marginal du cyclisme, autant le faire sur un vélo, c'est plus fun... et authentique !

 

Depuis 2007, je suis avec attention les délires de ce coureur différent qui a grandement influencé mon coup de pédale. Guidé par sa passion du cyclisme extrême et sa quête de transparence absolue, Guillaume Prébois évolue assurément sur une autre galaxie. Grimpeur racé, rouleur infatigable, ce varois d'adoption explore depuis une demi-décennie les traces des plus grands champions. En accomplissant exploit sur exploit, tout en critiquant ouvertement le dopage omniprésent dans le cyclisme, il a mis à mal des théories vieilles de 20 ans et l'immersion de l'EPO dans le peloton professionnel. On peut abattre seul les 3500 kilomètres et 20 cols du Tour de France en absorbant uniquement de l'eau claire et des pastas pendant trois semaines, n'en déplaise à beaucoup ! Bien sûr, vous ne grimperez jamais le Tourmalet à 25 km/h de moyenne en freinant dans les virages du géant pyrénéen comme le fait Alberto Contador. Pour cela, vous devez bien évidemment prendre. Et assurément beaucoup plus que la quantité infinitésimale de clenbutérol retrouvée malencontreusement dans l'huile du carter moteur de Pinto...

 

Tout est dans le dosage comme dirait les préparateurs exerçant en toute impunité depuis la nuit des temps. Guillaume l'a bien compris. C'est pour cela qu'après avoir remis à 2013 son projet High Roads consistant à conquérir les plus hauts sommets du monde pour manque de budget, il s'était mis dans la tête de prouver par A + B que tous les cyclistes professionnels courant le Tour de France étaient chargés comme des mules ! Comme pour boucler définitivement la boucle de sa croisade contre le dopage. Comme pour s'attirer les dernières inimitiés d'un univers malsain qu'il n'a jamais cherché à contourner. Guillaume s'était entouré pour cela des trop rares repentis et par conséquent bannis de son sport. Le concept était tellement renversant que même une grande chaîne de télévision était prête à lui offrir un reportage de 90 minutes... contre des clopinettes ! C'est ce qui a finalement fait renoncer Guillaume dans son projet fou.

 

Des hommes ont sacrifié leur vie dans le passé pour aller au bout de leur logique implacable. Comme si leur unique raison d'exister était de mourir pour prouver la stupidité du monde dans lequel il évoluait à l'insu de leurs aspirations ! Guillaume a beau rejeter le dopage avec fracas, il n'est assurément pas encore prêt à franchir le pas irréversible qui le condamnerait. L'homme qui vient d'avoir 40 ans a assurément encore beaucoup trop de choses à faire sur Terre pour prendre le risque d'être emporté par le cancer de son sport. Alors dans le Mont Vinaigre, il a sagement préféré se rasseoir sur sa selle. Que Contador et ses potes continuent à s'oxygéner, que les niais continuent à les encourager aveuglement, que le fric continue à couler comme l'Aicar dans leurs veines... ça n'empêchera jamais Guillaume de vivre, ni de mener ses défis !

 

Après avoir escaladé le Pic de l'Ours, nous sommes redescendus tranquillement sur la côte. C'est à ce moment là que le fréjusien s'est laissé aller à quelques confidences. Parfaitement posé sur son Cervelo R5 noir, il est bien conscient qu'il ne changera pas le monde. Mais il n'acceptera jamais pour autant de rentrer dans le rang !

 

Guillaume Prébois aurait pu rêver du Tour de France confortablement installé dans une Skoda Roomster climatisée à s'imbiber de champagne et se gaver de petits fours comme bon nombre de ses confrères attiré par la facilité. Il a préféré vivre la plus grande course du monde seul sur sa bicyclette un jour avant le grand carnaval de juillet. Cela lui a coûté de nombreuses railleries et beaucoup de jalousie dans le milieu. Et sa démarche aussi courageuse qu'honnête n'a aucunement retenu l'attention des puissants. Qu'importe car comme tout marginal qui se respecte, Guillaume ne vit pas pour être aimé !

 

Merci pour cette ballade à l'air pur et à bientôt l'ami...

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S
Salut,<br /> Je connais aussi Guillaume pour avoir échanger simplement quelques mots avec lui par 2 fois, mon coup de pédale étant trop éloigné de la qualité du sien pour espérer faire un tour avec lui.<br /> Je ne partage toutefois pas ton avis car je ne crois pas que tous les pros présent au tour soient dopés (et je ne crois pas que ce soit exactement l'avis de Guillaume non plus) .Il y a heureusement<br /> quelques exceptions qui confirment la règle....Bien à toi, continue ce blog sympa et délirant
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