
Putain mec, tu ne devineras jamais ? Je suis à Nice, sur la Promenade des Anglais, à me faire brancher par une ravissante russe. Pour être franc avec toi, je ne comprends rien à ce qu'elle me dit, mais entre nous on s'en tape un peu. Elle a l'air assez chaude mais le problème, c'est que je dois prendre un train dans une heure pour rentrer bosser à Bagdad, les affaires mon pote, tu sais ce que c'est. Visiblement, elle n'en revient pas que je viens de faire Paris - Nice en vélo. Sans vouloir jouer les faux modestes, moi non plus. Je suis parti de Paname il y a dix jours dans un état de forme aléatoire. Je sortais de cinq jours de corrida avec Big Brother et je n'avais pas pu trop m'entraîner. Peur de me faire sniper aussi par un pote à Pierrot. Dans ces moments-là, ça ne blague pas trop.
Alors je suis parti prudemment. Et j'ai trouvé la condition au fur et à mesure. En dix jours de course, je m'étais juste promis deux choses. Pas de sexe. Pas d'alcool. Me connaissant, tu sais que certains soirs, j'ai dû lutter. Car tu devrais savoir que plus on descend vers le sud, plus il fait chaud, et moins les filles sont habillées. C'est une constante datant de la Préhistoire que même Albert Einstein n'a jamais réussi à comprendre : "Il n'existe que deux choses infinies. L'univers et le pouvoir des femmes sur l'homme... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue." Je crois que lorsque l'on a dit ça, on a tout dit. Inutile d'élaborer alors une thèse sur ma course au soleil. J'ai pété 1319 kilomètres et 17 cols en 9 jours. C'est une deuxième perf' hors norme après mon Tour de France 2009. Je suis un crack donc ma copine ruskof qui m'allume comme une folle devant le Palais Nikaïa a le devoir de me rouler une grosse pelle avant que je ne l'abandonne. Elle s'exécute, faute de mieux. Ah, Moscou à Nice, c'est comme Miami à Toulon, un vrai régal !