Salut gros, tu n'es pas sans savoir que je n'aime pas faire les choses comme les autres. Bah oui, ça serait trop chiant et ça nuirait par dessus tout à ma grandeur. Alors j'ai décidé en toute simplicité hier matin de me rendre dans les Alpes en avion. Jusque-là rien d'extraordinaire tu me diras. Bah justement si, car je suis parti à 10 heures du matin de l'aérodrome de Moret-Épisy pour me poser moins de deux heures plus tard à Ambérieu-en-Bugey. Comment j'ai fait ? Hey ben, je dirai juste que j'ai de bons contacts dans le milieu de l'aviation civile. Gérôme, mon meilleur pote, m'a offert ce petit tour dans les airs...
Je n'étais encore jamais monté dans un cockpit d'avion. Moi, mon hobby, c'est plutôt le ferroviaire. Dès lors que je veux me changer les idées, je pars conduire un tramway à Téhéran. Comme ça, pour le fun ! Ça m'arrive souvent la nuit, lorsque je me fais chier seul au fond de mon lit à penser à des choses inavouables. Mais, je te rassure, mon escapade iranienne ne dure jamais bien longtemps. Car il n'y a pas de femme là-haut, et surtout parce qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses. Du coup, je suis descendu encore plus rapidement que d'habitude dans les Alpes. J'ai juste un peu galéré à transporter ma bicyclette dans le zinc à Gérôme. Mais à part ça, c'était nickel.
J'ai décidé de faire le Tour du Mont Blanc... en vélo ! Si tu es un peu allé à l'école dans ta jeunesse, tu n'es pas sans savoir que la mission s'annonce tendue. Car le massif du Mont Blanc, ce n'est pas plat comme le cul d'une nympho, ça ne s'enjambe pas avec une simple planche de skate...
Pour être tout à fait franc avec toi, je suis surtout venu ici pour péter du Saint Bernard. Un petit et un grand Saint Bernard pour être précis. Les deux lascars dépassent allégrement les 2000 mètres de hauteur et 30 kilomètres de longueur. On appelle ça dans le coin deux belles bêtes. Ils ne sont pas réputés pour se laisser dompter comme mon petit clébard anorexique. Les deux Saint Bernard du Mont Blanc, hum comment dire, ce sont comme deux allumeuses haute gamme de Paname. Ça se travaille au corps, un truc de longue haleine. Tu ne les allonges pas comme ça en claquant des doigts. Et si tu veux avoir une chance infime de finir par les mettre couché, tu ne dois pas compter tes efforts. Sinon ce n'est même pas la peine...
J'ai donc beaucoup transpiré pour parvenir à mes fins. Mais après une grande journée en haute montagne, où j'ai perdu environ cinq mille calories, j'ai fini par basculer de France en Suisse via le jambon italien d'Aoste. C'est grandiose mon pote. Je suis à Martigny agrippé à la terrasse d'un café en train de boire du vin valaisan et de signer des autographes en pagaille tel un Fabian Cancellara après un Grand Prix de Moto 125. Je me prendrai presque pour le champion que je suis déjà. J'aime la Suisse, ses montagnes, ses chalets, son Rodgeur, ses gonzesses et maintenant même ses Saint Bernard !