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Bambou ma caille (1.11.10)

http://www.frenchtoutou.com/race/groupe1/images/briard/Briards-annie.jpg

 

Je rentre d'une après-midi vénère. Je devais aller voler avec Gérôme au-dessus de l’Île-de-France. Mais une fois arrivé à l'aérodrome de Moret-Épisy, on s'est plus ou moins fait bâcher par le proprio. Un peu comme ta meuf qui n'a pas envie ce soir pour un faux prétexte. Ça a eu le don de nous foutre en rage. On a filé illico presto à Moissy-Cramayel se mettre une race à Kartland. Dix minutes de baston totale sur l'anneau de Sénart, ce n'est pas le genre de truc qui te détend des masses...

 

Tu n'es pas sans savoir que je suis un inconditionnel de la Scuderia Ferrari. De Schumacher hier à Alonso aujourd'hui, j'ai toujours soutenu avec passion le cheval cabré. Mon sang est rouge. Quant celui de mon meilleur pote est gris. En effet, Gérôme a lui toujours kiffé McLaren, l'ennemi juré de la marque italienne, et tous ses pilotes de merde. De ce bouffon de David Coulthard, le frère caché d'Andy Meuhray, à ce payday de Lewis Hamilton, le sale enfant gâté de sa Majesté. Putain je les hais tous, ces britanniques de merde ! Alors lorsque je sors mon kart du box, nez-à-nez avec celui de Gérôme, c'est un peu Alonso contre Hamilton si tu vois ce que je veux dire...

 

On ne s'est pas fait de cadeau sur la piste. On s'est même frictionné quelques fois. Et j'ai aussi un peu jardiné. Ce qui m'a valu les remontrances de l'organisateur : "Monsieur, vous n'êtes pas au Grand Prix de Corée ici !" Oué OK, le mec faisait peut-être son taffe, on n'était bien évidemment pas à Séoul, mais à ce que je sache on n'était pas non plus dans une église la main sur le cœur en train de chanter Notre Père ! Putain, ça me troue le cul ces mecs qui réclament de la tendresse dans un monde de brutes, ça serait comme demander de danser un slow à un hardos lors d'un concert de death metal !

 

C'était la première fois en tout cas que je m'essayais au karting. Et, pour être tout à fait franc avec toi, je n'ai pas été déçu. J'ai ressenti quelques sensations similaires au vélo en haute montagne. Donc, en résumé, j'ai bien kiffé. On est ensuite rentré chez nous et j'ai retrouvé ma racaille attitrée qui se la racontait dans ses jardins de Versailles. J'ai nommé Bambou, mon quatrième briard et certainement pas le plus con de la dynastie...

 

Bambou est la star de mon village. Il n'y vit que depuis un an et demi mais il est bien plus célèbre que moi ici. Et pour ça, il n'a pas eu besoin de boucler le moindre Tour de France. De quoi s'attirer pas mal de jalousie auprès de ses compères canins. Il déambule d'ailleurs dans la rue tel un impérator. Une sorte de Jules César du troisième millénaire. Si t'as bien compris, mon clebs ne se prend pas pour de la merde. Et moi, ça me fait doucement marrer. Je ne sais pas pourquoi mais j'adore les chiens qui se la racontent. Peut-être parce que c'est d'autant plus jouissif à les calmer ensuite. A les ramener sur terre. A leur dégonfler un peu le malabar si tu vois ce que je veux dire...

 

Si t'écoutais comme moi les envolées lyriques de mon chien, t'en croirais presque qu'il dirige le monde à lui tout seul. Quand je l'entends d'ailleurs déblatérer avec le plus grand sérieux toutes ses pensées philosophiques, j'en arrive à me dire que s'il était né bipède, et non quadrupède, il aurait pu diriger les plus grandes entreprises françaises avec autant de maestria, ou de ridicule, ça dépend de quel côté on se place, que mon ami Pierrot le Blaireau...

 

Bambou est issu d'une lignée de Cannibal Jag, la référence absolue en terme de berger de Brie dans l'Hexagone ! Noté 20 sur 20 en comportement, gagnant tous les concours européens depuis deux ans, ce charmant blondinet ressemble étrangement au briard parfait. Cannibal Jag, c'est Brad Pitt en chien quoi... et c'est peut-être pour ça que Monsieur Bambou m'a coûté si cher à l'achat au début de l'année 2009 du côté de Tours !

 

Fraîchement débarqué en Seine-et-Marne, il s'est rapidement imposé comme le parrain du bled. En grande partie grâce à moi. Je l'ai formé comme ses prédécesseurs au catch. Et inutile de te dire que c'est loin d'être le plus mauvais. Il bénéficie de trois avantages phénoménaux par rapport à un briard normal. Déjà, par sa petite taille, il est bien plus mobile qu'un gros patapouf ordinaire. Ensuite, il n'a aucun problème à se déplacer uniquement sur ses deux pattes arrière lorsque ses deux pattes avant sont elles-mêmes agrippées au corps d'un bipède. Enfin, il n'a absolument pas peur de reculer pour mieux bondir ensuite, il domine pour ça extrêmement bien son environnement extérieur.

 

Dès son plus jeune âge, nous avons donc pu organiser des parties de catch interminables. Des duels au corps à corps dont je raffole en tant qu'autiste. On s'accouple mutuellement et on danse tout en se dévorant les bras. Mais je te dis tout de suite que c'est bien moins romantique qu'une danse avec une bonasse en boîte de nuit. Et que ça se finit souvent bien plus violemment. Ça se termine d'ailleurs toujours au sol pour l'un de nous deux. Le premier tombé par terre perd le round. Et le premier arrivé à cinq rounds gagne le combat. C'est un format de match que je vais d'ailleurs essayer de soumettre prochainement à la fédération française de catch...

 

En résumé, Bambou c'est mon pote. Mais bon, comme tout être humain, il a ses défauts. Son plus grand ? Il a le don de chialer comme une meuf dès lors qu'il veut obtenir un truc pour lequel je ne suis pas d'accord. Et ça m'énerve plus que tout. En fait un chien, c'est un peu comme une meuf, ça vous aime souvent beaucoup, comme ça peut parfois vous casser les reins pour rien. La grande différence, c'est que lorsque ça proteste, un chien vous saoule en régulation beaucoup moins qu'une nana. C'est peut-être d'ailleurs pour ça que j'ai un chien... et pas de nana ! Putain, j'écris vraiment n'importe quoi ce soir sous l'emprise de sa mâchoire dans ma jambe, sacré Bambou va !

 

Sur ce, je vais devoir te laisser car mon lascar réclame une nouvelle branlée. Il n'en a visiblement pas encore fini avec moi. Il est 23 heures et le combat ici ne fait que (re)commencer...

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