Salut gros et désolé pour le manque de news ces derniers temps ! Je partage depuis peu le quotidien endiablé de la moto de Pinto. Et j'ai par conséquent beaucoup de mal à trouver un créneau pour poster mes conneries habituelles. Alors pour me faire pardonner, je te fais un reportage complet de ma semaine de folie en Espagne. Tu rêves de découvrir les secrets du plus grand imposteur du cyclisme actuel ? Ami lecteur, je te dévoile tout pour toi ! Lis donc attentivement ce qui va suivre...
16 avril : Des hurlements me sortent de mon coma éthylique à 16 heures du matin dans l'appartement barcelonais d'Alberto. Ce dernier s'adonne à un tonique réveil musculaire en compagnie de Cristina, la bomba rubia alpaguée l'autre soir sur la Plaça Reial de la cité catalane ! A 16h30, Alberto entre dans ma chambre : "J'ai fini avec Cristina. A ton tour maintenant car après on va décrasser dans Montjuïc !" Je m’exécute. Le V8 madrilène partage tout avec ses potes : soirées, drogues et femmes ! Aux dernières nouvelles, il m'aime bien. Entrenamiento costaud ensuite sur les hauteurs de BCN. Un junkie au nez pété ressemblant étrangement au Flo nous interpelle en haut d'une bosse : "Hey Alberto, cocaína por favor !" La moto de Pinto sort un sachet d'amphets à la place : "Los tiempos son difíciles amigo". Le cocaïnomane se barre en nous insultant copieusement !
17 avril : On prend mardi matin l'AVE pour Madrid sans Cristina, ce qui met cette dernière dans une rage folle ! Alberto m'avoue en toute décontraction dans le train : "Je rentre voir mi familia en Pinto. Estoy casado mais j'ai une dizaine de maîtresses à travers le monde... dont pas moins de cinq aux quatre coins de la péninsule ! No es porque Cristina es joven y bonita qu'elle est en droit de nous taper un scandale. Un conseil amigo : ne te fais jamais emmerder par las mujeres !" Le dimanche se passe bien. La femme d'Alberto est complètement naïve. Elle croit toujours que son mari est innocent dans l'affaire de dopage au clenbutérol du Tour de France 2010. Comme elle ne bosse pas et qu'elle se fait royalement chier, elle a ouvert une association pour protester contre les éleveurs bovins du Pays Basque ayant contaminé la viande mangée par son mari. Pathétique !
18 avril : Nous sommes rentrés à pas d'heure de Santiago Bernabeu où nous avons assistés sur écran géant à la retransmission de la demi-finale aller de la Ligue des Champions entre le Bayern et le Real. Munich a gagné 2-1 en toute fin de match. Alberto en est ressorti frustré car son sang est merengue : "Je partage celui-ci avec les footballeurs espagnols du Real Madrid via le docteur Fuentes. Une défaite comme celle-ci est difficile à encaisser. Elle est seulement due à un manque d'oxygénation". Nous avons passé toute la journée à boire pour oublier cette déception. Alberto m'a confié en faisant saigner sa carte bleue : "Gano cinco millions d'euros par an alors je ne fais pas vraiment attention à ce que je pète... excepto para las mujeres car c'est trop risqué ici !" Alberto a fini la journée en allant se réapprovisionner en dope chez ses potes Sergio Ramos et Xabi Alonso, la routine !
19 avril : Conférence de presse incisive d'Alberto à Madrid pour le journal Marca : "Je veux gagner le Tour d'Espagne et le Mondial à mon retour dans quatre mois avec des jambes bien fraîches. Je vous annonce aussi que je reviendrai à la compétition avec Saxo Bank car ils m'ont toujours aidé. Bjarne Riis m'a promis de garder tout l'arsenal de guerre de l'équipe pour la fin de saison. Ma suspension ? J'essaie de la vivre du moins mal possible. Pour les spécialistes, je reste le vainqueur moral du Tour 2010 et du Giro 2011. La Vuelta 2012 ? J'irai la reconnaître prochainement avec un cycliste français qui court à l'eau claire. Cette collaboration a pour but de faire taire les rumeurs de dopage infondées sur mon cas de l'autre côté des Pyrénées. Les sketchs des Guignols sur Rafa Nadal, moi et les sportifs espagnols en général sont une honte pour notre pays. Du temps de Franco, on les aurait tous guillotinés !"
20 avril : Ricardo Ricco prend douze ans de suspension pour une auto-transfusion à l'arrache, ce qui provoque le rire sarcastique d'Alberto : "Bien fait pour lui ! Il n'avait qu'à se payer un préparateur scientifique comme tout le monde. Douze ans pour lui contre six mois pour moi, j'avoue qu'il n'y a pas vraiment d'équité sur le plan du doping mais Ricco paye pour l'ensemble de son oeuvre. Sur le Giro 2008, il m'avait insulté de baigneur parce que j'avais déclaré m'être préparé à la plage pendant que lui s’oxygénait sur l'Etna". Dans la foulée, Alberto m'a annoncé qu'il comptait rentrer demain avec moi de Madrid à Barcelone... en vélo : "C'est pour tester les derniers produits que m'ont filé Ramos et Alonso avant-hier. Il y a 600 kilomètres. A 50 km/h de moyenne sur l'autovía, ça ne fait que 12 heures de selle. Mais si tu coinces, on finira en AVE depuis Lérida. Il faut juste qu'on soit au Camp Nou à 20 heures pour le Clásico !"