
Si j'étais un mec correct et objectif, je dirai : "Tombeur de Rafael Nadal en finale, dimanche à Londres (6-3, 3-6, 6-1 en 1h37'), Roger Federer décroche un 5ème Masters, égalant ainsi le record co-détenu par Ivan Lendl et Pete Sampras." Mais comme je ne le suis pas, je préfère balancer : "Au terme d'une finale survolée dans l'O2 Arena, Roger Federer écrase le Comanche des Balérares. Il rejoint Lendl et Sampras dans la légende du tennis !"
Ah quel pied, mais quel pied, mais quel putain de pied ! Voir le Rodj' remporter une cinquième Masters Cup, qui plus est en torchant l'infâme Popeye et son bras gauche cadavérique, me fout une trique d'enfer. Et ce soir, je dois bien t'avouer que je ne bande pas grâce à Jenni Moström ou je ne sais quelle autre bimbo au QI d'escargot. Non, ce soir, mon pote, j'éjacule juste à la gloire du Maître, à ses 66 titres en carrière, à ses 16 Grands Chelems, et maintenant à ses 5 Masters Cup !
Sous le coup de l'émotion, je me lâche peut-être un peu mais sache quand même que j'ai fait bien flipper au deuxième set lorsque Rodgeur s'est arrêté de servir, que Popeye a breaké, que le bâlois a trébuché sur une amortie et qu'il a fini par perdre la manche 6-3 ! J'ai même cru apercevoir un flash de l'Australian Open 2009 : "L'autre ne vaut pas un clou, mais il ramène tout. Le Rodj' ne sert plus et il se frustre." Putain, je t'assure que j'en ai vu des Federer - Nadal depuis 2005. Peut-être bien plus que des chaudasses à poil sur la même période. Et je dois bien reconnaître que sur le plan psychologique, c'est toujours plus ou moins la même chose. A toi, à moi ! Les mecs mettent une telle intensité mentale dans le combat que lorsque l'un des deux se relâche, ne serait-ce qu'un instant, il le paie immédiatement cash.
Federer - Nadal, ça a toujours été bien plus qu'un simple match de tennis. Quand on regarde de plus près la partie de ce soir, on se rend compte une énième fois que le petit Nadal, sous ses faux airs d'innocent, avec son niveau de jeu moyen, et son physique un brin amoindri par son combat acharné de la veille contre Meuhray, a quand même failli faire vaciller le grand Federer, qui lui a pourtant volé toute cette semaine sur le central londonien. Comme dirait mon frère : "Pour battre Nadal, tu n'as pas 36 solutions : tu dois le torcher ou tu finis par perdre !" Le hamster des Highlands, momentanément grand hier, peut en témoigner. Il a sorti un match énorme devant son public en rentrant constamment dans la gueule du Comanche... avant de finir par rendre les armes au jeu décisif du troisième set, après 3h11 de boxe !
Donc pour Rodgeur ce soir dans l'O2 Arena, on était bien d'accord sur le fait qu'il n'y avait pas 36 solutions ! C'était l'attaque à outrance en espérant pouvoir breaker la momie avant le jeu décisif. Il y est parvenu à 4-3 au premier set. Puis à 2-1 et 4-1 au troisième. L'affaire était alors pliée. Servant le plomb (63% de première balle, 93% de réussite derrière celle-ci, 58% sur la seconde), le Rodj' n'a été en danger qu'une seule fois sur son engagement. A 2-1 contre lui au deuxième set, et inutile de te dire que l'espagnol s'est engouffré immédiatement dans la brèche. L'autre point positif de ce match, ce sont ces 100% de balles de break converties par Roger... ou 3 sur 3 ! D'ordinaire contre Nadal, le Maître a besoin de 10 occasions avant de pouvoir enfin passer devant. Ce soir, il l'a flingué direct. Derrière, le Comanche a beau prendre toujours dix ans pour servir, retendre son string panthère ou taper sa pause Jésus Christ, lorsqu'il finit la gueule éclatée dans la bâche sur un revers supersonique du Rodj', sa chorégraphie à deux pesetas franquistes ne pèse subitement plus lourd...
Ah putain, que cette branlée monumentale me fait du bien ! Et que ce monologue improbable envoyé depuis l'iPhone de la Vavrinec me détend ! D'ailleurs, je ne sais pas si tu as vu tout à l'heure dans les travées du stade, mais Milka Chocolat était presque bonne... Sous mes conseils, elle s'est habillée correctement pour une fois. Ça ne lui était plus arrivée depuis Melbourne en début d'année pour tout dire. J'ignore si cela a aidé son champion de Rodgeur à enterrer la momie... mais sache en tout cas que ça a fait grave durcir mon pote Marc Rosset, installé juste derrière elle ! Du coup, ce con n'a presque rien maté du match. Si l'on ne peut pas franchement dire que coucher avec Jenni Moström m'ait réussi, on peut clairement s'avancer sur le fait que cette pétasse a fait perdre le semblant de bon sens qu'il restait au roi de Java. Peut-être encore davantage que ces cinq bouteilles de vodka sifflées en 1h37 de Federer - Nadal ! Heureusement que ce dernier nous remonte cette nuit la Tamise jusqu'à Oxford pour décuver de sa semaine chargée...
Sur ces douces paroles, je vais te laisser mon pote car je suis invité à une méga fiesta ce soir chez les Federer. Je t'envoie des doux baisers de l'O2 Arena. En attendant d'aller hisser un gigantesque drapeau suisse sur le toit de Big Ben ! Et de me mettre une dernière race au Fabric avec toute la dream team londonienne...