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Paris - Nice

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Bon je sais que cet article n'a rien à foutre dans ce blog consacré exclusivement au tennis mais comme promis, voici un petit résumé de mon Paris - Nice couru la semaine dernière !

Samedi 19 mars : prologue (Paris Charonne - Paris Châtelet, 3 km)
Le départ est donné à l'occasion de la Flo Party. Je m'élance avec mon Vélib' dernier cri à 21h33 pour 3 kilomètres d'anthologie parcourus à plus de 50 km/h dans les rues de la capitale. Temps officiel : 3min33 ! Je suis seulement devancé par la Twingo du Flo qui fait 1min25... mais j'enfile le premier maillot jaune après le déclassement de la Twingo au contrôle anti-dopage ! Je réponds vite fait aux journalistes et repars en soirée jusqu'à l'aube. Le Flo est anéanti par son exclusion de la course au soleil et tente de se suicider. Mes potes le placent dans un coma éthylique non artificiel afin de le transporter en hélicoptère jusqu'aux hôpitaux du Mont Blanc où il est rejoint par sa confidente Tessa Worley. Le Lapin danse sur de l'électro, mon frère pète son ordinateur en streamant la défaite du Rodj' contre Djoker, et moi je finis complètement torché...

Dimanche 20 mars : 1ère étape (Melun - Orléans, 151 km)
Fred des NSN guys me réveille vers 7 heures du matin en me lançant : "parle-moi un peu de toi Thierry Bientz" ! Je lui réponds qu'il faut que je file, que j'ai un Paris - Nice à gagner. J'effectue le transfert de Paris à Melun en TER Bourgogne. Je m'élance à 8h02 de la préfecture seine-et-marnaise avec le paletot de leader sur le dos, la foule est en délire et moi toujours plus ou moins bourré. Porté par la bise (et non la baise), les 151 kilomètres sont torchés en à peine trois heures. Mario Cipollini qui sort lui aussi d'un 3x8 retentissant la veille s'impose facilement au sprint. Je fête ma deuxième journée en jaune chez Guillaume Chatton qui me présente une dénommée Agnès avec qui je fais l'amour poétiquement sur les bords de Loire jusqu'au petit matin. Deuxième nuit blanche consécutive...

Lundi 21 mars : 2ème étape (Montargis - Cosne sur Loire, 118 km)
Transfert dans la matinée en jet privé à Montargis. Déjeuner pris au Dorèle devant XXL en compagnie d'un certain Mickaël, collègue à l'OTAN. On parle de rebelles en Libye, d'attentats en Côte d'Ivoire, de tsunamis au Japon et de chiens en Iran. Le départ est super musclé avec le vent de côté. Formation d'éventails près de St Fargeau mais je parviens à rester dans le groupe de tête. C'est Nico, frère spirituel de Mickaël à l'OTAN et  ex-hooligan du Parc des Princes, qui s'impose au sprint à Cosne sur Loire. Devant une presse médusée, il dédie sa victoire à son ami Ricardo Ricco récemment banni pour transfusion sanguine non conforme. Je reste en jaune mais la crise sévissant, je dois partager ma chambre avec Nico. Je découvre à cette occasion qu'il carbure à la même sauce que Ricco...

Mardi 22 mars : 3ème étape (Cosne sur Loire - Moulins sur Allier, 134 km)
Après ma première nuit depuis 72 heures, je me sens bien toute la journée. En temps que leader du Paris-Nice, je distribue les bons de sortie. C'est un dénommé Renaud, qui court comme Nico sous les couleurs de l'OTAN, qui s'impose échappé dans sa région natale. Il fond en larmes devant  les siens avant de s'enfuir à l'Intermarché du coin pour s'acheter de la tise. Il se bourre la gueule avec ses potes toute la nuit sur les bords d'Allier comme à la grande époque et annonce dans la foulée son retrait de la course. Pour ma part, j'effectue mon transfert au Coteau le soir-même. Je dors au Formule 1 et mange à l'Ibis juste en face. Ne possédant toujours pas d'iPhone, je tente d'aller squatter en douce l'ordinateur de l'hôtel pour souhaiter un joyeux anniversaire sur facebook à une copine. Je me fais griller et péter la gueule par le videur...

Mercredi 23 mars : 4ème étape (Le Coteau - Aurec sur Loire, 145 km)
Si Contador s'impose dans la station de Pal sur le Tour de Catalogne, j'en fais de même à Aurec pour asseoir un peu plus ma domination sur ce Paris - Nice. Je lâche tout le monde à la pédale sur la route des balcons entre St Just St Rambert et Caloire... même la moto de Laurent Jalabert ! Thierry Adam est proche de l'arrêt cardiaque en direct sur France 4 : "Mesdames, messieurs, rendez-vous compte, cela fait 14 ans qu'un français n'a pas gagné Paris - Nice et nous assistons en direct au grand show de Thierry Bientz. Le Kaiser n'a jamais aussi bien porté son nom, c'est énorme ce qu'il fait aujourd'hui !" Je finis seul à Aurec et compte plus d'une heure d'avance au classement général sur Danilo Di Luca, le coureur le plus sain du peloton. Je fais un bras d'honneur aux journalistes en conférence de presse...

Jeudi 24 mars : 5ème étape (Le Puy en Velay - Villefort, 114 km)
Après avoir souhaité un joyeux anniversaire à Jenni Moström qui se dore la pilule du côté de Miami, j'essuie un terrible jour sans dans les Cévennes. Je suis lâché et proche de l'abandon dans le col du Rayol. A tel point que je m'arrête dans la pharmacie de Pascal Hervé à Langogne. Celui-ci me fait une piqûre magique pour me relancer. Je rattrape tout le monde dans le col du Thort avant de lancer une offensive décisive dans la descente vers Villefort où est jugée l'arrivée. Nouvelle victoire d'étape, maillot jaune conforté et Cévenol chopé à la minute près pour Nîmes. J'assiste le soir-même à un concert de Metallica dans les arènes de la préfecture gardoise avec ma copine Alex. Je suis au septième ciel, le plus dur est fait à trois jours de l'arrivée...

Vendredi 25 mars : 6ème étape (Nîmes - Pertuis, 130 km)
Je me sens tellement fort que je regrette presque que les organisateurs n'aient pas mis le Ventoux au programme de cette étape. Je me contente donc de l'admirer au loin. Avec une heure et demie d'avance, je ne peux plus être battu à la régulière alors je me permets quelques facéties, comme m'arrêter dix minutes à Pont Royal pour vider le trou numéro 4 de ses balles de golf. Nico de l'OTAN l'emporte de nouveau au sprint et dédie cette fois-ci sa victoire au Ventoux  en personne qu'il rêve de conquérir lors du prochain Tour de France. Je passe la soirée au Mistral, une boîte branchée d'Aix en Provence. Un bouffon de marseillais me saoule parce que je chauffe sa meuf sur la piste de danse. Je lui réponds sèchement comme Brandao : "Je l'ai pas touché" !

Samedi 26 mars : 7ème étape (Pertuis - Roquebrune sur Argens, 132 km)
Avec mon pote Guillaume Prébois, nous passons toute la journée en tête. Je lui laisse les points du classement de la montagne rebaptisé classement Moonrider, ainsi que la victoire à Roquebrune sur ses terres. Le soir, direction les Caves du Roy de St Tropez en compagnie d'un certain Marc Rosset tout juste rentré d'Indian Wells pour une soirée complètement déjantée. J'y rencontre les plus gros blaireaux de la terre, de Dany Boon à Gad Elmaleh ! Inutile de te faire un dessin. Il y a même ce boulet d'Arthur qui me demande : "En tant que champion cycliste, t'u naurais pas un peu de coke à me refourguer ? Je pars une semaine en mer avec mes putes sur mon yacht, je risque d'en avoir sacrément besoin !" Je lui colle une beigne en guise de réponse diplomatique, ça faisait 27 ans que j'en rêvais...

Dimanche 27 mars : 8ème étape (Roquebrune sur Argens - Nice, 111 km)
Après sept jours sous le soleil, le déluge s'abat lors de la dernière étape. Avec plus de deux heures d'avance au général, mes adversaires ne croient plus en la victoire. Trempés, ils abandonnent tous à Cannes pour se ruer au casino. Je finis donc seul sur la Promenade des Anglais en campionissimo. La presse spécialisée m'encense : "Deux victoires d'affilée sur Paris - Nice, vous marchez sur les traces de Sean Kelly ?" Je leur réponds que je préfère marcher sur les Alpes, c'est plus stimulant pour un mec comme moi. Je rentre dans la foulée sur Paris, sans passer par la case russe du Nikaïa comme l'an passé. Le Molosse régente le TGV du retour. Pour finir cette semaine en beauté, je lui pète les dents devant tout le monde. Mon pote Marc Rosset le balance même dans la Méditerranée. Tant pis pour son bateau à payer...

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