
Avant-hier soir, j'étais à Paris. Une soirée entre collègues. Franchement, j'ai beaucoup ri. Je dirai même que ça faisait une éternité que je ne m'étais pas autant marré.
On a mis deux heures déjà à tous se retrouver près du boulevard St Michel. Certains sont venus en train, d'autres en voitures, et un même en hélicoptère... Quand à moi, je ne suis venu qu'en Vélib'. J'ai fait l'effort surnaturel de me pointer à peu près sobre sur les lieux du crime. En effet, cela aurait été con de me faire gauler positif à l'alcootest par les flics, surtout après avoir grillé tous les feux sur les quais de Seine à environ 50 km/h grâce à mes produits survitaminés...
Le problème de ces soirées entre collègues, c'est qu'il n'y a jamais assez de meufs. Je me souviens qu'il y a deux ans pour fêter notre examen de nanti, j'en avais tellement vu peu que j'avais refusé de passer la nuit avec mes camarades de beuverie. J'avais prétexté une tendinite du cerveau. Et aussitôt arraché, j'étais allé retrouver ma brave Nadia dans un bistrot romain à tendance fétichiste. Mais bon, c'était une autre époque...
Depuis je suis devenu une star au travail et une bête en vélo. Manipulateur de bombes et Tour de France, ça vous classe un narcissique haut de gamme. Alors j'étais vraiment venu à cette soirée dans l'idée de faire le con. Mais la fiesta a très mal commencé pour moi car mes collègues m'ont fait d'entrée remarquer que j'avais esquivé ma tournée lors de la fameuse soirée d'il y a deux ans.
Car oui, je dois bien le reconnaître, je suis un putain de radin. Dès lors qu'il s'agit de faire autre chose qu'entretenir mon vélo ou allonger une femme au lit, j'ai la fâcheuse tendance à ne plus rien trouver dans mes poches. Etant donné qu'il était assez tôt, et qu'on était encore dans les fameuses heures ouvrables du happy hour de la capitale, j'ai dû me résoudre à faire chauffer ma carte bleue.
Je ne te raconte même pas le crève-cœur au fond de moi. Comparable à une salope, à qui on vole son godemichet, qui veut absolument passer à la caisse. A la caisse, je suis donc passé. Les frais du mois. Terrible quand financièrement on gagne cinq mille euros tout en vivant toujours chez ses parents...
Après ça, j'ai rapidement été déchiré. Je ne me souviens plus trop de ce qu'il s'est passé. Je crois avoir raconté beaucoup de conneries à Monsieur Baracétamol, assis juste à côté de moi, le chic type descendu tout droit de son hélicoptère quelques heures plus tôt dans le jardin des Tuileries. Je t'explique. C'est dû à ses fonctions de conciliateur à l'OTAN. Il en avait trop marre de bidouiller des journées non conformes qu'il s'est acheté un hélico. Qu'il prête au gré du vent aux militaires grognons dès lors que les temps alloués ne sont plus respectés. C'est toujours mieux que leur poser un pistolet sur la tempe en leur rappelant leurs responsabilités de preneur d'otage...
Vers trois heures du matin, j'ai dansé avec Alex. Une fille super sympa que je n'avais pas vue depuis une éternité. J'étais tellement rond que je n'ai même pas pu lui raconter mes conneries habituelles ! Du coup, je lui ai juste parlé de ma vie et de mes rêves. Mais il était déjà trop tard. Pour moi comme pour elle...