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O2 Arena in fire (22.11.10)

http://a52s.files.wordpress.com/2010/03/o2-arena-03.jpg

 

Je suis en train de percuter que cela fait maintenant deux jours que je suis à Londres et que je t'ai parlé de tout... sauf de tennis ! Ça craint gros alors aujourd'hui, c'est promis, je vais essayer de me rattraper. J'ai investi le dôme du millénaire avec mes trois gogols préférés vers 14 heures.

 

Je te dis tout de suite que Star et Paintade sont des spécialistes de tennis. Ils ont grandi ensemble au Tennis Club Melun Val de Seine à la fin des années 1990 avec un certain Mickaël Llodra. Pour résumer, le Star, c'est le gros serveur qui joue en deux coups de raquette façon Andy Roddick. Quant à la Paintade, c'est le chien régulier qui ramène toutes les balles du fond style Rafael Nadal. Ça tombe bien : A.Rod - Popeye, c'est pour ce soir, et on y sera mon pote ! Mais en attendant, place à Djokovic - Berdych, le match des quiches de l'est...

Le Djoker a débarqué avec la même attitude qu'au Fabric, en total winner ! Rapidement, il bombe le torse et sert le poing comme s'il venait de remporter la Coupe du Monde de football. Quel guignol ce mec, je t'assure ! Pour sa défense, il est peut-être troublé par la présence surréaliste de Dieu dans sa loge...

 

Pendant que je tente d'expliquer à Ophé les règles élémentaires du tennis, Star et Paintade repèrent le plus gros dealer de Napoli. Sous sa barbe et sa veste grisonnantes, il fait le show à lui tout seul en tribune. Ce mec ne manque décidément pas de toupet. Si je me remémore un peu le 22 juin 1986, depuis mon landau, c'est bien toute l'Angleterre qu'il a baisé sans la moindre compassion. La main de Dieu avait t-il avancé en conférence de presse ! Mon cul plutôt...

 

Dieu n'a jamais existé, et si toutefois il avait daigné sortir un matin d'une pochette surprise comme tous ces cathos ont tenté de nous le faire croire un jour, tu peux bien me dire ce qui serait allé foutre, à 2250 mètres d'altitude, sur un plateau où les taux de pollution atmosphérique et de chicanos allumés battent des records à la surface du globe ! Personnellement, je l'aurai davantage imaginé dans une suite royale de Buckingham en train de se faire pomper le dard par une call girl...

Enfin, tout ça pour dire que Diego Maradona est là, en chair et en os, assis juste en face de nous. Paintade manque d'ailleurs de nous faire une crise cardiaque en direct à la BBC. Lorsque je te dis que l'Angleterre ça craint à max, tu ne me crois jamais...

Pour être tout à fait franc avec toi, je me suis bien emmerdé devant Djoke - Berdych. Ce match était encore plus médiocre que ceux d'hier qui ne volaient déjà pas bien haut. Heureusement que c'est la Masters Cup ! Je ne veux pas faire mon rabat-joie mais je trouve qu'il y avait quand même bien plus de niveau au dernier challenger d'Orléans gagné par un certain Nicolas Mahut, le seul type capable de jouer près d'une demi-journée contre une machine à aces américaine de deux mètres de haut...

Après cette purge d'une heure et demie remportée par Nole 6-3, 6-3 sans avoir eu à écarter la moindre balle de break, nous sommes partis nous restaurer dans les galeries du gigantesque dôme. Des scientifiques britanniques, qui n'ont probablement rien de mieux à faire de leur existence, ont calculé qu'on pouvait mettre dans cette enceinte le contenu de 1100 piscines de taille olympique ou encore pour mon pote Marc Rosset... jusqu'à 3,8 milliards pintes de bière ! Moi, je dis juste mettez-nous d'abord des vrais matchs de tennis et après on verra !

Nous avons bouffé au Base Pizzeria, le restaurant le moins dégueulasse des douze que regorge le complexe. Je t'avoue que j'ai failli malgré tout gerber une bonne dizaine de fois. Heureusement que la belle Ophé était assise juste en face de moi, sinon je crois bien que j'aurai repeint leur plancher façon D'ury dans un concert de death metal...

20 heures, Roddick - Nadal, le choc des titans ! Si tu suis un petit peu mon existence aussi raisonnable que celle d'un moine du Vatican, sache que ce match m'a rappelé étrangement cette soirée toulonnaise d'il y a huit mois. Ou plutôt Miami à Toulon dans un Etap Hôtel assez déjanté pour l'occasion. Un grand moment entre nous... Andy et Rafa ne se sont plus joués depuis. Les retrouvailles entre les deux hommes s'annoncent donc forcément tendues. Aussi tendu que le string kangourou de Kylie Minogue qui a supplanté Diego Maradona en face de nous dans le rayon des guest stars. Je t'assure qu'entre la naine australienne et le dieu de la coke, je n'hésite pas une seule seconde en réservant immédiatement un vol pour Melbourne. A 40 berges passées, la Kylie fait encore durcir n'importe quel mec de l'O2 Arena, moi le premier...

A.Rod a démarré pied au plancher. Il mène rapidement 6-3 et break dans la deuxième manche. Je vocifère comme un putois des C'mon Andy et Fuck U Popeye. Tout ça sans le moindre gramme d'alcool dans le sang. Ophé prend peur sur ma gauche : "Tu es tout le temps comme ça lorsque tu n'es pas bourré ?" Je dois me résoudre à lui avouer que Rafael Nadal et Andy Meuhray ont tendance à me mettre parfois dans un état second, dans un état souvent assez proche de celui que l'on peut avoir après une dixième bouteille de vodka dans la gueule au Fabric. Et ce n'est pas Creep de Radiohead qui passe en boucle dans la salle qui va me calmer...

Putain, on se croirait dans le Massacre de Fort Apache. Avec Roddick, dans le rôle de John Wayne, qui tire sur tout ce qui bouge, surtout si c'est bronzé, et en face le Rafa qui renvoie des flèches de plus en plus aiguisées. Ce dernier débreake d'ailleurs avec rage. Le match commence à tourner. Je le sens. Cela me flingue d'autant plus. Le jeu décisif du deuxième set scelle le sort d'Andy. Il ne s'en relèvera pas. 3-6, 7-6, 6-4 pour Nadal. Je quitte l'O2 Arena dépité...

 

Star, Paintade et Ophé ont prévu de sortir de nouveau cette nuit. Pas moi qui n'ai plus un rond dans mes poches. L'iPhone de ma copine est bientôt déchargé. Ça serait vraiment con qu'il me lâche maintenant car je ne pourrai plus te raconter mes conneries chez les rosbeefs. Je préfère donc sagement en rester là pour ce soir. Et tant pis si ça te contrarie...

Après une bonne nuit de récupération dans l'appart American Psycho du Star, j'appellerai Téhéran. Ils me proposeront soit une journée de plus ici à me foutre en l'air, soit un rapatriement express au Moyen-Orient avec l'hélicoptère du Baracétamol...

 

Entre nous, je préfèrerai largement être demain dans la capitale anglaise que dans la merde iranienne. Car il y a Federer - Meuhray sur les bords de la Tamise, le big match de la semaine ! De plus, j'ai promis à Jenni, entre deux baisers cocaïnés dans Hyde Park, de venir avec mon lance-roquettes dans l'O2 pour en finir avec cette infâme saloperie de scottish ! Ajouté à cela que si Robin perd ensuite dans la soirée contre Ferrer, il a autant de chance d'être éliminé du Masters que moi j'en ai de revoir sa sympathique girlfriend. Et qui sait de conclure à ma deuxième balle de match...

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