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J'ai rencontré Roger Federer

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Pour conclure l'année en beauté, j'ai rencontré aujourd'hui Roger Federer, le plus grand tennisman de tous les temps, sur une plage d'Abu Dhabi où le bâlois peaufine sa préparation pour 2012 ! Le temps d'une interview, nous avons mis notre complicité de côté afin d'essayer de pondre quelques lignes tenant davantage la route qu'un revers de Mirka Vavrinec...

 

TB : Salut Roger. Quel bonheur de conclure 2011 en ta compagnie !
RF : Le bonheur est partagé. Cela me fait plaisir de pouvoir me confier à un journaliste indépendant qui m'apprécie vraiment...

 

TB : Tu es le joueur de tennis le plus sollicité par la presse. Cela ta pèse t-il parfois ?
RF : Oui, surtout lorsqu'il s'agit de répéter les mêmes choses dans trois ou quatre langues différentes. Mais le plus chiant, c'est quant un illuminé se met à évoquer mon supposé déclin pour tenter de vendre son journal. Ça, je ne supporte pas !

 

TB : Pour la première fois depuis 2002, tu n'as pas remporté le moindre titre du Grand Chelem. Comment as-tu vécu ce mini-évènement ?
RF : Pas trop mal. Le fait d'être tout proche de gagner Roland-Garros puis l'US Open a quelque peu apaisé ma déception en Majeur...

 

TB : Quel fut ton plus grand match de l'année ?
RF : La demi-finale de Roland contre Djokovic ! Il sortait de six mois incroyables sans la moindre défaite, tous les clignotants étaient au vert pour qu'il gagne à Paris et qu'il devienne numéro un mondial dans la foulée. Ce match était juste une tuerie. Peut-être le meilleur match de ma carrière sur terre...

 

TB : Sur l'ace qui te donne le match au tie-break du quatrième set, ton cri de rage ressemble à celui d'un orgasme...
RF : J'ai joui très fort intérieurement. Battre Djokovic Porte d'Auteuil après tout ce tapage médiatique dans la presse "Federer est fini, Djokovic est le nouveau maître", c'était juste fou ! Le scénario du match l'était également. Hormis le deuxième set qu'il laisse filer, il évolue pendant quatre heures à son meilleur niveau...

 

TB : Perdre derrière en finale contre Nadal n'est-il pas la plus grande déception de ta saison 2011 ?
RF : Si parce que c'était une finale de Grand Chelem ! Mais il y a pire que perdre une finale à Roland-Garros contre Rafa...

 

TB : Beaucoup disent que tu ne le battras jamais sur la terre battue parisienne...
RF : Ils n'ont pas forcément tort. Son jeu ne me convient déjà pas trop à la base. Vous rajoutez à cela la terre et ça devient tout de suite un véritable cauchemar avec son lift ! Maintenant, je n'étais pas loin cette année. Si je gagne le premier set, c'est un autre match derrière...

 

TB : Beaucoup disent aussi que tu es devenu ami avec Nadal pour rendre tes défaites contre lui moins cruelles ?
RF : Des conneries ! Je ne connais pas Rafa personnellement mais son engagement pour le tennis est des plus respectables. Je l'admire pour s'entraîner aussi durement, pour faire la promotion de son sport toute l'année aux quatre coins du globe...

 

TB : Cela n'est-il pas frustrant de perdre contre un joueur qui a beaucoup moins de talent que soi et qui compense ce manque d'inspiration par un physique hors norme ?
RF : Je ne veux pas faire le mec prétentieux mais qui a plus de talent que moi à l'heure actuelle sur le circuit ? Si à chaque fois que je perdais un match contre un limeur de fond je me frustrais, cela ferait longtemps que j'aurai ouvert un restaurant à Genève avec Marc Rosset...

 

TB : Moi, je te le dis franchement Roger, ça me gêne que tu t'entendes aussi bien avec un mec comme Nadal qui carbure aux produits survitaminés du docteur Fuentes ?
RF : Rafa fait ce qu'il veut. S'il se charge pour gagner 30 Grands Chelems, il en assumera les conséquences dans 20 ans. Cela ne m'intéresse pas d'entrer dans ce débat !

 

TB : En toute franchise, t'es-tu déjà chargé toi ?
RF : Un minimum pour les deuxièmes semaines de Grand Chelem... quand le besoin s'en faisait sentir ! On ne gagne pas 16 Majeurs comme ça en claquant des doigts, même avec le plus grand talent possible à sa disposition... Maintenant, je ne pense quand même pas être le plus grand dopé de l'histoire du tennis !

 

TB : Qu'est-ce qui te fait dire cela ?
RF : D'être toujours en bonne forme à 30 ans passés, de ne pas être dégoûté par le tennis ! Je n'ai pas besoin de mettre mon réveil à 3 heures du matin pour aller faire des pompes ou jouer avec les copines de Novak Djokovic afin d'éviter de faire un arrêt cardiaque...

 

TB : Oui mais toi ce sont tes jumelles qui te réveillent quotidiennement à 3 heures du matin...
RF : Ce n'est pas faux ! Mais je m'en dispenserai bien entre nous...

 

TB : Personnellement, je trouve cela surnaturel que tu doives pouponner en pleine nuit avant ta finale de Bercy contre Tsonga ?
RF : Je reconnais que c'est une préparation spéciale. Mais tu sais, Mirka quand elle décide quelque chose, c'est comme Rafa : il faut soit s'écraser, soit donner trois heures de son temps pour obtenir raison... Alors en pleine nuit, je préfère lui dire OK, surtout juste avant une première finale au POPB !

 

TB : Pardonne-moi d'en remettre une couche mais je trouve complètement irréel que tu te fasses marcher dessus par une gonzesse qui n'a jamais gagné le moindre tournoi... et qui présente comme meilleur résultat en Grand Chelem un 3ème tour à l'US Open il y a dix ans !
RF : C'est vrai que c'est un peu abusé. Mais à défaut d'avoir d'adversité le jour sur un court, il m'en faut peut-être un peu la nuit dans un lit pour garder ma rage de vaincre...

 

TB : Novak Djokovic m'a dit récemment à Londres qu'il t'admirait plus pour être marié avec Mirka Vavrinec que pour avoir gagné 16 titres du Grand Chelem...
RF : Venant de Djokovic, ça ne m'étonne pas ! Je n'ai aucune considération pour ce mec. OK, il joue bien mais sorti de ça il a un vrai comportement d'adolescent attardé ! L'autre soir, il tentait de m'expliquer que sa meilleure préparation pour une finale de Grand Chelem, c'était d'aller en boîte de nuit brancher des gonzesses...

 

TB : Se prépare t-il vraiment de la sorte ?
RF : Je ne sais pas et je m'en cogne ! La seule fois que j'ai joué une finale de Grand Chelem contre lui, c'était il y a quatre ans à New York... et je lui avais collé trois sets !

 

TB : Beaucoup de tennismen n'aiment pas Djokovic. Est-il le joueur le plus détesté du circuit ?
RF : Non, il y a pire que lui...

 

TB : Qui ?
RF : Murray, Söderling, Berdych pour ne citer que les meilleurs...

 

TB : Toi, quel joueur détestes-tu le plus actuellement ?
RF : Murray... ça sera toujours Murray !

 

TB : Pourquoi ?
RF : J'ai toujours détesté ce mec, c'est physique : sa dégaine sur le court, son attitude de merde, ses come on forcés, son insupportable box, sa nonchalance poussée à l'extrême... Il n'y a rien de plus gerbant dans le tennis actuel que d'assister à un match de Murray !

 

TB : Il y a un mois après ta sixième victoire au Masters, tu déclarais ne pas avoir abandonné l'idée de redevenir numéro un mondial. Le pensais-tu vraiment ?
RF : Je l'ai forcément toujours dans un petit coin de mon esprit. Je ne suis qu'à une semaine du record absolu de Sampras. Je mentirai si je disais que les records ne m'intéressent pas. Et celui-là me tient particulièrement à coeur...

 

TB : T'imagines-tu vraiment redevenir numéro un mondial l'année prochaine ?
RF : Cela me paraît compliqué car cela ne dépend pas que de moi. Si je veux me donner une chance, je dois impérativement gagner l'Open d'Australie dans un mois. Si je n'y parviens pas, je m'enlèverai cet objectif de la tête pour 2012...

 

TB : Tu vises justement quoi pour 2012 ?
RF : J'ai trois objectifs pour l'année à venir. Les Jeux Olympiques en simple, Wimbledon et en fonction de mon résultat à Melbourne, la reconquête de la place de numéro un mondial ou la victoire en Coupe Davis...

 

TB : La victoire en Coupe Davis ?
RF : Oui, c'est l'année rêvée pour que la Suisse puisse enfin gagner cette compétition ! Nadal ne jouera pas, Djokovic probablement pas non plus. Quels pays restent t-ils de raisonnablement dangereux dans cette épreuve pour Stan et moi ? La France avec Tsonga et Monfils ainsi que l'Argentine avec Del Potro et Nalbandian ! Mais pour le reste, c'est largement à notre portée...

 

TB : Pour la première fois depuis 2004, tu joueras donc le premier tour dans un mois et demi...
RF : Oui, j'en avais marre de jouer seulement le maintien dans le groupe mondial en septembre juste après l'US Open. Pour ne pas avoir à jouer ce match chiant comme la mort, je préfère assurer dès février en commençant par gagner notre premier tour contre les Etats-Unis ! Après cette échéance, on verra bien comment on s'organise avec Stan...

 

TB : Avez-vous décidé de la surface sur laquelle vous allez recevoir les Etats-Unis à Fribourg ?
RF : Non, pas encore. Par souci de calendrier, j'aimerai qu'on les prenne sur dur. Mais Lüthi préférerait la terre battue pour qu'on soit sûr de les battre...

 

TB : Je ne savais que Séverin Lüthi avait son mot à dire dans cette histoire...
RF : Toi et Marc Rosset êtes sévères avec Lüthi. C'est quand même mon coach et accessoirement le sélectionneur de notre équipe suisse de Coupe Davis...

 

TB : Je vais rester sévère alors. Pourquoi vivre avec Mirka Vavrinec alors que la moitié des femmes sur terre rêvent de sortir avec toi ?
RF : J'ai connu Mirka il y a onze ans, à une époque où je n'avais pas encore gagné le moindre tournoi ! OK, Mirka ne sera jamais la plus belle femme du monde, ni la plus intelligente. Mais cela vaut aussi bien pour moi en tant qu'homme. Tu sais, je me suis construit à travers elle depuis plus d'une décennie. Mes victoires sont autant les miennes que les siennes. Tant que je me sentirai bien avec elle, je laisserai la moitié des femmes sur terre qui rêvent de moi à Novak Djokovic...

 

TB : Tu as 70 titres dont 16 Grands Chelems et 6 Masters dans ta vitrine, une femme qui t'aime, deux petites filles adorables et les meilleurs parents du monde ! Cela ne suffit-il pas à un type qui vient d'avoir 30 ans ?
RF : Tant que j'aurai la passion du jeu en moi, je continuerai ma carrière de tennisman...

 

TB : Dernière question indiscrète avant de refermer 2011, tu rêves encore de combien de victoires en Grand Chelem ?
RF : J'aimerai encore gagner 4 titres du Grand Chelem : 1 Open d'Australie, 2 Wimbledon  et 1 US Open ! Cela m'en ferait 20 et ça m'irait très bien... mais surtout ne le dis à personne !

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