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Federer en patron (25.11.10)

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Salut mon pote, j'ai deux bonnes nouvelles pour toi : le Rodgeur est en demi-finale de la Masters Cup et j'ai momentanément retrouvé un iPhone pour te faire part de mes deux derniers jours déjantés à London City !

Mais je ne pourrai commencer cet article décapant sans évoquer un fameux pote du Moyen-Orient. Il s'appelle Fred, parle beaucoup et a le don de bien me faire triper. L'autre soir, avant que je ne parte en mission à Omaha Beach, il me raconte dans ce foyer minable de Bobet qu'il va prochainement passer du côté obscur de la force. La raison ? Ses missions en Iran et en Irak commencent à le gaver, comme d'utiliser seulement son Desert Eagle et son Glock. Il rêve de plus violent : AK-47 et Kalachnikov au Pakistan et en Afghanistan ! Hey ben, je t'assure qu'il va être servi le mec avec cette commande centralisée à l'héroïne du côté de Kaboul, chez l'oncle Ben. Je me pisse déjà dessus lorsqu'il se retrouvera prochainement embourbé dans un attentat à Karachi. Car il ne pourra pas dire comme mon super pote Nico : "Amis pédophiles, à demain !"

La parenthèse est close. Revenons à nos moutons londoniens autrement plus excitants que ces conflits d'intérêt au Moyen-Orient. Avant-hier soir, j'ai balancé l'iPhone de l'autre naze avant de passer une nuit des plus érotiques dans l'ambassade suédoise du Sofitel St James. Je t'assure qu'à 380 euros la nuitée, je n'ai pas hésité une seule seconde à retourner la chambre aussi violemment que la Jenni. De 21 heures à 5 heures du mat' pour être précis, le fameux grand huit du Kaiser ! Hey ben, aussi prétentieux que je sois, je dois bien admettre qu'elle est sacrément endurante la petite. Bien davantage que moi en fin de saison ! Même si, à ma décharge, j'ai eu une année particulièrement chargée en montagne avec 144 cols gravis ces huit derniers mois...

Pour te faire une idée précise de la situation auquel j'ai été confrontée : une nuit avec Jenni Moström à Londres, c'est un peu comme une journée à trois cols hors-catégorie dans les Alpes ! Si j'étais bien dans le Télégraphe, j'ai commencé à souffrir dans le Galibier. Avant d'exploser littéralement dans l'ascension finale vers les Deux-Alpes. A tel point que j'ai fini à pied... mais cela reste entre nous bien sûr ! La moralité de cette histoire, c'est que pour avoir une réelle chance de tenir le choc dans ces étapes de légende, il vaut mieux affronter l'adversaire en juillet au top de sa forme qu'en novembre épuisé par douze mille bornes de vélo...

Je te disais donc que la Jenni est une machine de guerre au lit. Un peu comme Robin Söderling au service. De plus, elle a la particularité de crier aussi fort pendant l'amour que Maria Sharapova pendant l'échange. Étant donné que notre match a duré aussi longtemps que le Santoro - Clément de 2004 à Roland-Garros, c'est-à-dire cinq sets avec 16-14 dans la dernière manche, tu imagines facilement la rage des voisins devant ce carnage nocturne digne d'une rave party d'Heretik System... Heureusement que nous dormions à côté d'un couple de vieux scandinaves pétés de thunes. Autrement, je crois bien que je me serai senti gêné en prenant mon petit déjeuner au réveil juste en face d'eux... Si tu avais seulement vu leurs gueules décomposées lorsque ma Jenni, aussi fraîche que la rosée du matin, leur a confié qu'elle n'avait pas bien dormi...

Sentant que ce full breakfast risquait de dégénérer aussi vite que le troisième tour de Wimbledon 2007 entre Husky et Comanche, j'ai préféré sagement m'arracher avec Jenni du Sofitel. On a passé toute la journée en amoureux dans le vieux Londres. Si tu savais tout le fric qu'elle a pété en faisant un vulgaire shopping... Sache d'ailleurs que si l'objectif d'un tennisman engagé à la Masters Cup est de claquer un maximum de coups gagnants en un minimum de temps passé dans l'O2 Arena, le défi de leurs potiches respectives est de flinguer un maximum de thunes en un minimum de temps passé dans Oxford Street. C'est comme ça que Jenni a déglingué trois cents mille livres sterling en à peine deux heures. De quoi me faire légèrement flipper lorsqu'elle m'a demandé si je voulais bien lui payer quelques petits extras...

Me connaissant, tu te doutes bien que j'ai géré la situation comme Federer en Grand Chelem. Je lui ai expliqué en trois temps que j'avais momentanément oublié ma carte bleue chez moi. Elle m'a cru à moitié mais qu'importe... car ensuite j'ai pu faire le beau gosse en l'invitant dans la suite déglinguée du Star ! Je lui ai bien évidemment fait croire que c'était mon appart, enfin plutôt ma résidence secondaire après ma villa parisienne... Elle a gobé ça comme sa coke l'autre soir sur le bateau du Royal Festival Hall. Et on s'est posé en serial lovers dans la gigantesque chambre de mon meilleur pote du lycée. Inutile de te préciser que j'étais le type qui assurait à max, comme d'habitude dans ces moments-là... Je l'ai déshabillé progressivement en la faisant rêver. Elle était, hum comment dire, aussi chaude que le Teide la veille de son éruption... jusqu'à ce que Paintade ne fasse son apparition dans notre chambre, en slip kangourou, un rail d'hélium dans la main droite, et une bouteille de vodka dans la gauche !

Putain, je t'assure qu'il marchait aussi droit que Benicio Del Toro dans Las Vegas Parano. Après Diego alias l'aspirateur de la pampa il y a trois jours, le choc émotionnel fut visiblement trop violent pour Paintade. Il paya son arrêt cardiaque face à ma déesse scandinave. Jenni eut, elle, la peur de sa vie en découvrant ce pantin désarticulé sorti de nulle part, un bad trip lui rappelant étrangement l'autre abruti d'Andy Meuhray ! Dans le feu de l'action, elle s'enfuya même en porte-jarretelles seule en hurlant à tue-tête sur Trafalgar Square. Je me retrouvais alors face à un choix cornélien : rattraper Jenni avant qu'elle ne se fasse violer dans la rue par Marc Rosset ou sauver Paintade de la mort qui l'attendait tragiquement ! Comme j'étais moi-même très peu habillé, j'ai sagement opté pour la seconde solution. J'ai donc tenté de réanimer Paintade mais son fichu cœur ne voulait pas repartir. Pris de panique, j'ai appelé Ophé qui m'a expliqué qu'il ne restait plus qu'une seule solution pour sauver notre frérot : lui faire ingurgiter cul sec un litre de vodka ! Ce que je fis sans attendre. Et là, tu ne me croiras peut-être pas, mais Paintade se releva d'un coup en me disant : "C'est bon, je suis maintenant prêt pour mon match contre Federer en finale de Wimbledon !" Déglingué le mec...

Je ne pouvais pas en vouloir pour autant à Paintade d'avoir cassé mon coup avec Jenni car il y a dix ans de cela, du temps de notre fucking scolarité, je lui avais fait une crasse autrement plus dégueulasse... J'avais fait croire à une certaine Elo, une camarade aussi belle que Marianne James et intelligente que Paris Hilton, que Paintade voulait sortir avec elle... mais qu'il n'osait pas lui demander car il était trop timide ! La meuf, elle avait quand même parlé de démocratie stalinienne au bac blanc. Ou encore avancé que la crise de 1929 aux Etats-Unis avait été le déclencheur direct de la seconde guerre mondiale. Bref, en plus d'être moche et conne, elle était terriblement cultivée. Comme personne ne s'intéressait à elle au lycée, elle s'était démerdée pour se retrouver à côté de Paintade en cours de mathématiques. Paintade était une flèche dans cette matière, alors l'autre n'arrêtait pas de le questionner pour attirer son attention. Deux rangées plus haut, j'étais complètement mort de rire devant la tragi-comédie qui se jouait devant moi. A tel point que je m'étais fait virer de cours par le prof, un certain Jacko. Et, entre nous, un sacré savant lorsqu'il nous prouvait sous l'emprise de champignons hallucinogènes que 0 était égal à 1. En ce domaine, ça ne valait rien comparé à mon bon vieil O.L et ses inclassables mathématiques...

Tout ça pour te dire que j'ai pardonné à Paintade son one-man-show à la V. J'étais de toute façon tellement fatigué que j'ai dormi quinze heures d'affilée dans l'appart du Star. Au réveil, j'ai téléphoné à mon pote Marc Rosset pour savoir ce qu'il était advenu de sa traversée de la Tamise à la nage l'autre soir que je n'avais pas pu admirer, trop occupé que j'étais avec Jenni ! Le roi du Java m'a confié que ce petit bain de minuit lui avait permis de grave décuver... et que si le Rodj' gagnait dimanche soir la Masters Cup, il remonterait le fleuve emblématique du Royaume-Uni jusqu'à Oxford... ou le rapport proportionnel avec son taux d'ébriété ! Tant que je le tenais, je lui ai demandé à tout hasard s'il n'avait pas vu Jenni toute nue hier près de Trafalgar Square. Il m'a affirmé que non mais je dois bien t'avouer que je ne l'ai pas cru. Surtout, lorsqu'il m'a offert, alors que je ne lui avais rien demandé, une place pour Federer - Söderling cette après-midi...

J'ai donc retrouvé le roi du Java à l'heure du déjeuner dans un pub près de Royal Courts. Déjà complètement rond, il baragouinait dans sa barbe "Suisse 2 - Suède 0". Avec la victoire de Roger qui se profilait contre Robin, j'en ai déduit qu'il avait bien déglingué ma Jenni hier soir. Je lui ai jeté un verre d'eau à la gueule mais ça ne l'a pas perturbé plus que ça, seul qu'il était dans son perpétuel coma éthylique... Nous sommes partis pour l'O2 Arena. Il était tellement pété que j'ai prié qu'il ait un pass V.I.P sur lui pour pouvoir rentrer dans l'enceinte... Il en avait un et nous nous sommes retrouvés en moins de deux dans la loge du Rodj' avec sa femme, Mirka Vavrinec, à notre droite, et son dealer, Diego Maradona, à notre gauche ! Je ne te raconte même pas l'état de Jenni, en face dans le box suédois, lorsqu'elle me découvrit en train de plaisanter avec son violeur de la veille...

Federer - Söderling : acte 16 ! Le bâlois mène quatorze victoires à une contre le suédois et le niveau est d'entrée de jeu très élevé. Roger breake le premier, et cela à sa première occasion. Il se relâche ensuite. Robin revient. Tie-break entre les deux hommes. Federer sert le plomb comme lors de leur finale de Roland-Garros 2009. Trois aces lui permettent de se détacher. Mais Robin revient encore. A 5-6 contre lui, Husky balade Federer de droite à gauche dans l'échange. Il finit cependant par céder sur un lob d'extraterrestre. Le Come On du Maître en dit long sur sa détermination cette année à Londres...

D'entrée de seconde manche, Söderling se procure deux balles de break. Sur la deuxième, il place un passing décroisé annoncé bon par le juge de ligne. Rodgeur challenge. La balle est out, 40A ! En cinq minutes, Husky vient de laisser passer sa chance. Derrière, le Maître déroule. A 2-1, il est même à deux doigts de breaker au cours d'un jeu interminable que Söderling sauve miraculeusement. Ce n'est que partie remise. Car à 4-3, au terme de deux rallyes hallucinants, le suisse breake avant de servir pour le match. Il finit derrière en costaud. 1h28, 11 aces, 23 coups gagnants, c'est tout bon pour mon pote Roger qui termine premier de sa poule sans avoir laissé le moindre set en cours de route à ses adversaires !

Je quitte à l'instant les travées de l'O2 Arena. Jenni en fait de même, juste en face de moi. Sache qu'elle m'a observé avec un œil espiègle tout au long de la rencontre, un œil qui m'en rappelle d'autres. Alors tu sais quoi mon vieux ? Quitte à me faire violemment rembarrer, je vais quand même essayer de la revoir d'ici dimanche...

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