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Arnaques à Cordoue (25.5.10)

 

Je t'écris depuis Cordoue parce que je me fais chier comme un rat mort. Franchement, Cordoue n'arrive pas à la cheville de Grenade. Ici, les gens ont tous un balai dans le cul. En plus, ils sont vieux. Être vieux est parfois plus chiant qu'être gros. Je n'aime pas les gros, je n'aime pas les vieux, je n'aime pas les deux tiers de la race humaine du 21ème siècle en balançant cette simple phrase...

 

J'observe, désabusé depuis mon balcon surchauffé, un verre de Montilla à la main, des centaines de touristes émerveillés autour de cette Mosquita qui me laisse franchement indifférente. J'ai beau m'être posté ces deux derniers soirs au même endroit stratégique qu'à Grenade devant l'Alhambra, je n'ai rien branché de glorieux. Juste deux-trois Conchitas kiffant les coureurs cyclistes affûtés comme Alberto Contador, la moto de Pinto. J'ai bien évidemment refusé de les suivre en soirée. Faut pas déconner non plus, je peux passer une semaine sans avoir la moindre relation sexuelle... quoiqu'une semaine, entre nous, c'est quand même long !

 

Aussi, Cordoba, je te le prononce à la spannish pour faire style, est une ville craignos. Avec des tonnes de ladrones aux heures peu glorieuses de la nuit. Je déteste. Ça ne me donne franchement pas envie de sortir. Il m'est arrivé aussi plusieurs trucs choquants ces derniers jours. Tu n'es pas sans savoir qu'à chaque fin mois de mai ont lieu les ferias de Cordoba. Plein de jeunes se ruent la nuit dans un espace gigantesque aménagé pour l'occasion. Et cela jusqu'au petit matin. C'est comme ça qu'un jour en sortant à l'aube faire du vélo, avant qu'il ne fasse 50°C à l'ombre, j'ai retrouvé deux cadavres mort d'ivresse le long du Guadalquivir. J'ai cru un instant que c'était D'ury et sa copine déjantée, des potes du milieu du metal... mais il n'en était rien. Je me suis donc bien évidemment barré illico presto.

 

Aussi, Cordoue est une ville d'escrocs. Avec les ferias, un commerce parallèle se met en place. La municipalité enlève un maximum de voitures en un minimum de temps, avec son armée de dépanneuses importées directement d'Allemagne, sous prétexte que les véhicules gênent le bon déroulement de l'évènement. C'est ainsi que ma bagnole de location s'est faite enlevée à 21 heures et que je ne l'ai retrouvée que le lendemain midi dans une fourrière à l'opposé de la ville. Coût de l'opération : 115 euros !  A Cordoue, on ne blague pas avec le business...

 

Hier, je concluais ma dernière sortie de vélo sous une chaleur torride lorsque je me suis fais arrêter par un gendarme de l'armée franquiste. Je t'explique. Je prends une simple photo dans la rue d'un bâtiment quelconque, un bâtiment qui s'avérera soit disant appartenir à la police, que l'autre me saute dessus en me plaquant au sol. Saloperie de Comanche. J'ai été emmené directement au poste. On m'a de nouveau demandé si je bossais pour l'ETA et j'ai encore dû simuler que je ne comprenais pas un mot de la langue ibère. On m'a aussi demandé mes papiers, où je créchais, de quelle ville je venais, etc. J'ai balancé tout et n'importe quoi, tout ce qui me passait par la tête en fait même si c'étaient essentiellement des conneries. Euh en fait même si c'étaient exclusivement des conneries. Finalement après une heure de tractations intenses, ce sale connard, qui ressemblait étrangement au père de Nadal, a fini par me relâcher. Si mes potes de l'armée rouge avait été dans le coin, je t'assure qu'on lui aurait pété toutes ses dents unes à unes...

 

Enfin, je n'ai rien branlé de mon aprem. Je rentre demain à l'aube en France. Mais avant ça, je pars acheter de la tise pour mes potes. Pour mes potes et pour Marla. Marla, je ne t'ai pas raconté. Euh, et bien, ce n'est pas une fille comme toutes celles qu'on s'envoie à la chaîne lors de nos soirées douteuses. Pour être tout à fait franc avec toi, je dirai même que ce n'est pas le genre de gonzesse que tu branches à trois heures du matin complètement déchiré en sortant de boîte à baragouiner des inepties comme un junkie en manque de coke. Marla, c'est un cran au-dessus mon pote. Enfin même dix pour être précis. Et mon réservoir de conneries reste assez limité devant sa prestance. Mais le vrai problème dans tout ça, c'est que je crois bien qu'elle me plaît...

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