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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 12:44

embrunman-2013.jpg

 

Hola amigo, estoy en Embrun con el apoyo del equipo de Marcel Zamora para el Embrunman ! A quatre jours de l'évènement, c'est déjà le grand cirque dans la Nice des Alpes. Les journaleux en herbe sont de sortie comme les néerlandaises en bikini. Etant l'interprète français de Marcel ici, j'ai donné une interview hier à ces abrutis du Dauphiné-Libéré. Le guignol qui m'interrogeait était le même qui a consacré récemment une page au cyclotouriste mythomane Jean-Noël Sarlin dit l'alien, un bouffon qui prétend faire entre 70 000 et 75 000 kilomètres de vélo par an dans les Hautes-Alpes malgré le froid et la neige ! Tu devineras donc assez finalement le ton que j'ai employé lors de cette interview qui valait son pesant de cacahuètes...

 

DL : Bonjour Thierry. Qu'est-ce qui t'amène à Embrun ? Tu participes à l'Ironman ?
TB : Hola, je fais partie du team support de Marcel Zamora pour l'Embrunman. Donc je ne peux pas faire la course...

 

DL : Cela fait quoi de revenir sur les lieux de tes exploits accomplis sur le Critérium du Dauphiné il y a deux ans ?
TB : Je n'ai pas attendu deux ans pour me repointer ici. Je suis tous les étés dans les Alpes donc il n'y a pas d'émotion particulière par rapport à ça...

 

DL : Recourras-tu un jour le Critérium du Dauphiné ?
TB : Je ne pense pas.

 

DL : Pourquoi ?
TB : Boucler à nouveau cette course alors que j'ai déjà gravi tous les cols des Alpes françaises n'ajouterait rien à ma carrière !

 

DL : Justement, depuis deux ans tu ne cours quasiment plus en France. Pourquoi ?
TB : J'ai beaucoup roulé et escaladé dans l'Hexagone ces dernières années. Continuer à le faire constituerait une stagnation. Je suis désormais tourné vers de grands défis en Europe...

 

DL : Tu vis depuis près d'un an en Catalogne. Tu as obtenu cet hiver la nationalité espagnole. Ton approche du cyclisme a t-elle beaucoup changé de l'autre côté des Pyrénées ?
TB : Oui, en tout point de vue ! Les espagnols sont des fous de sport. Ils ne se posent pas de questions existentielles comme chez nous avec l'éthique, le dopage et toutes ces conneries...

 

DL : Dis-nous en plus...
TB : En France, on a été façonné avec l'esprit noble de Coubertin qui est de participer sans tricher ! En Espagne, le but est juste de gagner par n'importe quel moyen...

 

DL : Et tu cautionnes cet esprit-là ?
TB : En tant que petit français, j'avais du mal au début. Mais Purito Rodriguez m'a ouvert les yeux un jour : "On a tous une réelle valeur dans le sport. Tu crois que je vais accepter de me laisser battre par ce bâtard de ritale deux fois moins fort que moi sous prétexte qu'il marche au kérosène ?" Il avait tout dit...

 

DL : Oui mais ce n'est pas juste avec les coureurs propres...
TB : Si tu veux être un coureur propre, tu ne fais pas de compétition. Le propre de la compétition, c'est d'être le meilleur possible. Et peu importe si tu es sale... du moment que tu ne te fais pas choper ! Des millions de gens trichent au quotidien dans la vie de tous les jours. Et cela ne choque personne à ce que je sache...

 

DL : Depuis que tu vis en Catalogne, tu es bien plus fort qu'avant. T'es-tu mis à te doper ?
TB : Absolument. Mais se doper là-bas n'est pas considéré comme quelque chose de mal. C'est un truc ancestral, quasi traditionnel. Les entraîneurs te conseillent, les médecins t'encadrent, les pharmacies te fournissent et tout fonctionne dans le meilleur des mondes. Je comprends mieux maintenant Fuentes lorsqu'il disait soigner ces coureurs par rapport à la violence des épreuves auquel ils prenaient part...

 

DL : Tu es un peu novice dans le milieu du triathlon. Que penses-tu de l'ambiance qui règne ici à Embrun ?
TB : L'ambiance est fantastique. C'est juste incroyable de réunir autant de gens venus du monde entier pour se dépouiller la gueule. Après comme dans tout sport, il y en a toujours quelques uns qui crânent. Comme ce gars qui se pointe tout à l'heure vers moi en se vendant comme un grand champion parce qu'il a fait trois fois l'Ironman de Nice. J'ai été obligé de lui répondre que j'avais couru les trois Grands Tours seul et sans assistance pour qu'il la mette un peu en veilleuse...

 

DL : Cela fait quoi d'être dans l'équipe de Marcel Zamora ici ?
TB : C'est une expérience extraordinaire. Marcel est un type à part dont l'aura dépasse largement le cadre du triathlon. Il est un peu comme Roger Federer en tennis. Un ambassadeur, une référence pour plein de gens à travers le monde...

 

DL : Comment l'expliquer ?
TB : Marcel, c'est l'humilité et la gentillesse incarnées dans la vie. Il est beau gosse et possède un charisme incroyable. Mais dès qu'il se met à enfiler sa combinaison de triathlon, il se transforme en une bête sauvage, une redoutable machine de guerre ! Je crois que c'est cela qui fascine les gens...

 

DL : Comment le sens-tu pour cet Embrunman ?
TB : Comme Marcel l'a déjà dit à de nombreux confrères ibériques, il se sent plus fort que jamais. Avec l'âge, il a modifié son programme de course en ne doublant plus avec Nice comme les saisons précédentes. Je crois que c'est une bonne chose pour lui car il arrive à Embrun avec un maximum de fraîcheur...

 

DL : Qui peut le battre jeudi selon toi ?
TB : L'opposition est nettement plus faible que les années précédentes puisque Del Corral et Dellow ne sont pas là. Il faudra juste surveiller Faure et à un degré moindre Cunnama. Croneborg et Bayliss ont déjà beaucoup donné cette année pour être considéré comme de véritables menaces... Mais je pense que le véritable adversaire de Marcel, c'est lui-même !

 

DL : Marcel Zamora a donc déjà gagné son quatrième Embrunman ?
TB : Je n'ai pas dit ça mais il y a des signes qui ne trompent pas. Son énorme confiance qu'il transmet à l'ensemble de l'équipe. Le niveau de l'opposition moins dense que les autres années. Ce film génial Living The Dream tourné avec de très gros moyens qui sortira cet automne. Ne pas gagner ici serait aussi illogique que catastrophique...

 

DL : Quel est ton pronostic sinon pour la course femmes ?
TB : Là aussi, le plateau est nettement moins impressionnant que les années précédentes. Jeanne Collonge est l'immense favorite devant Alexandra Louison et les deux australiennes. Elle est entraînée par Yves Cordier qui a gagné cinq fois ici et qui connaît toutes les recettes...

 

DL : Qu'insinues-tu par là ?
TB : Depuis que Jeanne vit à Nice sous les ordres de Cordier, elle a clairement changé de dimension. Elle ne se bat plus avec un pistolet à eau contre les américaines et les australiennes. L'approche de son sport est devenue très professionnelle pour une française. Le triathlon français tient là une grande championne sur la larga distancia ! Si elle ne s'égare pas, je la vois gagner pendant de nombreuses années à Embrun...

 

DL : Le monde des Ironmen est-il clean niveau doping selon toi ?
TB : L'Ironman est la compétition la plus exigeante possible. Les meilleurs mecs sont sous les neuf heures, les meilleures femmes sous les dix heures. La personne qui a démocratisé ce sport au niveau mondial n'est autre que Lance Armstrong. Et après tu me demandes s'il n'y a pas de dopage dans ce sport ? Je préfère ne pas répondre car je risque encore de choquer les âmes sensibles...

 

DL : Où seras-tu jeudi sur le parcours de l'Embrunman ?
TB : Je serai au sommet de l'Izoard sur la partie vélo pour ravitailler Marcel. Puis après avec lui tout au long du marathon pour le tenir informé des écarts avec le reste de la meute...

 

DL : Dernière question, que vas-tu faire d'ici là ?
TB : Répondre aux interviews comme celle-ci, boire des bières avec mes potes, combler les fans féminines de Marcel car lui est trop concentré sur la course et entretenir la condition en escaladant quelques cols. Je serai notamment mercredi en Italie pour gravir le Finestre depuis Susa, un des cols les plus durs d'Europe qui se finit sur une piste en terre !

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Published by Fangio
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