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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 21:34

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Deux ans après ma dernière victoire dans le Tour de France et six mois après mon ultime pelle dans la bouche de Marla, j'étais de retour hier sur la plus belle avenue du monde pour l'arrivée de la centième Grande Boucle ! Résumé d'une folle soirée où l'on a dépassé les 3404 bornes...

Je retrouve mon pote cycliste Romain Merckx vers 18 heures à Paris Gare de Lyon. Romain est l'un des 58 fils du Cannibale alias un trou à boucher dans chaque bal ! Avec lui, nous nous mouvons jusqu'aux Champs sur les tampons arrières d'un RER A afin d'éviter tout leurre en faction. En s'extirpant des sous-sols un quart d'heure plus tard, c'est déjà le grand cirque devant l'Arc de Triomphe. La voix de Daniel Mangeas qui débite 212 mots à la minute par 35 degrés à l'ombre, le goudron qui fond sous mes Adidas Climacool Leonarda, la caravane allumée aux amphets qui se trémousse dans des bouteilles Teisseire ou des saucissons Cochonou, les milliers de spectateurs venus du monde entier pour voir l'arrivée au crépuscule de la plus grande course du monde...

Je me suis bien évidemment pointé à Paris avec mon tee-shirt Italia - Francia - Spagna : i Giri della vita que m'a offert RCS le 29 mai dernier à Turin. Du coup, des dizaines de ragazze en chaleur m'ont sauté dessus dès la descente des Champs. Autographes, photos, bisous : j'ai à peu près tout donné sous le regard de crâneuses parisiennes persuadées dans leur cervelle limitée qu'il n'y a que le Tour comme course dans l'année...

Un peu plus loin devant la station George V, une journaliste de la TVE m'a intercepté pour me demander si les dosages de mon pote Contador avaient été ratés ou non cette année. J'ai répondu dans un castillan douteux que ceux-ci avaient été réalisés avec davantage de précaution que les autres étés. Déjà parce qu'on est sur le Tour là où la loi est la plus rude possible. Enfin parce qu'un second contrôle non négatif ici signifiait la fin de carrière d'Alberto. Avec un salaire annuel évalué à quatre millions d'euros, le Pistolero gère les priorités. Y el dinero en blanco pasare siempre avant le dîner en jaune ! Je ne suis pas certain que la Conchita ait réellement compris tous mes arguments. En me laissant sa carte de visite tout en me précisant l'adresse de son hôtel, je ne suis pas non plus certain qu'elle cherchait absolument à tout comprendre...

Vers 19 heures, nous sommes arrivés sur la ligne d'arrivée. L'objectif était de s'incruster dans la tribune Georges Clémenceau surplombant le sprint pour ne rien manquer de cette ultime étape. Il y avait un double filtrage de flics particulièrement remontés. J'ai géré les deux obstacles en présentant une carte de pêche me déclarant comme l'attaché de presse de Contador. Romain me sortit un felicitaciones emperador envoûtant. En effet, l'héritier d'Eddy ne parle d'ordinaire jamais l'espagnol. Mais une descente des Champs accrochée au bras d'une portoricaine lui suffit en une demi-heure à apprendre tous les basiques de la langue de Cervantès, respeto amigo !

Une fois installés en tribunes, le grand bordel commença. Il y eut tout d'abord la vision de Jean-René Godart sur les pavés. Le célèbre mollusque de France Télévisions se déplaçait avec l'énergie d'un escargot en rut, c'est-à-dire à moins d'un kilomètre par heure ! Je ne pus m'empêcher de lui envoyer un Jean-René on t'aime teinté de passion et de mélancolie. L'homme du Godart Show leva la main de dépit, comme pour signifier qu'il en avait marre qu'on se foute de sa gueule depuis plus de vingt ans. Grand moment de lucidité pour ce blaireau intergalactique !

A ma gauche, il y avait une française exilée à Madrid qui était là avec son mari espagnol. Elle me racontait qu'elle avait déboursé 500 euros au marché noir pour s'incruster en tribunes. Quand je lui ai montré la carte de pêche qui m'avait servi à en faire autant, son Comanche fit un saut au plafond. J'en ai alors rajouté une couche devant ce dernier : "No crees que pagaría a besar a tu esposa". Si tu avais vu la gueule déconfite du bouffeur de tapas, tu te serais pisser dessus allégrement comme moi. Pour le rassurer un temps soit peu, je lui ai balancé que j'étais l'agent de son idole Alberto Contador. Une fois redescendu dans les tours, je lui ai proposé une ampoule de clenbutérol pour le fun. Ce fut le coup de grâce puisque le franquiste quitta furibard la tribune Clémenceau en balançant un hijo de puta qui n'envoyait pas que du rêve...

Le peloton des rescapés du Tour pouvait enfin arriver. Un organisateur d'ASO pointé au premier rang nous demanda de rester assis pour que tout le monde puisse parfaitement observer le passage des coureurs. C'est pourquoi Romain et moi avons bondi comme un seul homme en hurlant : "Tous debout pour Chris Vroom Vroom". Toute la tribune leva alors le cul de la selle pour suivre du regard le kenyan mutant blanc, même la vieille femme aigrie devant moi pestant à chacune de mes citations misogynes ! Je dois dire que lorsque tu sors de quinze ans de hooliganisme au Parc des Princes, venir foutre le bordel à l'arrivée du Tour de France est un peu comme passer de la montée du Ventoux à celle de la butte Montmartre, fácil en español...

David Millar nous fit la célèbre échappée des Champs qui ne sert à rien. Le sprint était comme d'habitude inéluctable. Les deux pitbulls de la RDA, Kittel et Greipel, gonflés aux stéroïdes ont fait la loi sur les pavés parisiens. Pauvre Cav' qui rentre sur son île de merde avec seulement deux victoires et quelques litres d'urine dans la musette. Avoir quitté la Sky et ses fortifiants cet hiver ne fut peut-être pas un si bon choix de carrière pour the man of Man !

Carton rouge sinon à ASO et à la mairie de Paris qui n'ont pas éclairé les Champs pour l'arrivée du centième Tour ! A 21 heures passées, on ne distinguait tout simplement plus les coureurs sur la plus belle avenue du monde. Crise ou pas, si les images à la télévision furent à priori potables, le show sur place fut d'un misérabilisme incommensurable ! Pas de parade des coureurs comme à l'accoutumée. Alberto qui s'enfuit par une porte dérobée, Cadel qui shunte la presse comme un pré-retraité, Andy qui se barre directement au Queen en tenue de cycliste, Chris qui demande en mariage sa bimbo tweeteuse folle, Purito qui fait monter ses gosses sur le podium, Quintana qui annonce acheter une bergerie en Colombie avec ses primes amassées : cette arrivée du centième Tour de France ressemblait tout au plus à un concert misérable de hippies, d'altermondialistes ou d'anti-mariage gay ! Un show low-cost indigne de la Grande Boucle avec aux premières loges ce parvenu de Christian Prudhomme qui nous jouait encore de sa flûte de pan hier au Semnoz en nous promettant la plus belle arrivée de tous les temps sur les Champs... Bande de bollos !

A 23 heures, nous nous sommes enfuis avec tout le team Saxo-Tinkoff. Bien que Romain ait tenté en chemin de négocier une blondasse d'infirmière d'Argos-Shimano avec une approche particulièrement déroutante : "Gente demoiselle, pouvez-vous m'injecter du sang bovin kittelisé dans mes veines ?" Inutile de te préciser que sa tactique a marché autant que celle de Pierre Rolland sur ce Tour...

Arrivé vers 23h30 au Campanile de la Tour Eiffel, Bjarne Riis commanda du champagne à 60% pour tout le monde. L'hôtelier lui répondit qu'il n'en avait qu'à 15 degrés. Roman Kreuziger rétorqua alors qu'avec la chaleur ambiante de 32 degrés, un Dom Pérignon à 15 pouvait refroidir la chaudière de chacuns. Nicolas Roche visiblement éreinté par trois semaines compliquées réclamait lui des femmes. Alberto Contador, en bon chef de meute, délégua alors ses grégarii Jesús Hernández et Sergio Paulinho pour cette mission de toute urgence : "Entre nous kaiser, ces derniers ne servent qu'à ramener des bidons dans la course et des chicas dans l'hôtel". Michael Rogers tient tout de même à préciser : "Ils nous apportent aussi parfois des seringues dans le bus". Parole de triple champion du monde du contre-la-montre !

Vers minuit et demi, une gigantesque partouze cagoule démarra dans le hall comme Froome dans le Ventoux. A la seule différence que là tout le monde réussit à suivre. On a croisé les fûts, les races et les drogues dans un gigantesque milkshake. Alberto réclama sur grand écran sa vidéo de l'Angliru 2008 que je lui avais mixée avec sa musique préférée d'Azul y Negro - Me estoy volviendo loco ! La moto de Pinto se mit alors à burner magiquement sur le parquet pendant que Riis s'émerveillait devant ces prouesses technico-médicales : "20 km/h dans du 23%, 470 Watts développés, 55% d'hématocrite : la grande époque du vélo bordel". Philippe Mauduit renchérit hystérique dans le boule d'une groupie : "Je veux tout le monde dans sa chambre à deux heures du mat' pour préparer les moteurs de la Vuelta !" Sincèrement désolé mon pote pour la suite mais vu dans l'état que j'étais, je ne me souviens plus trop...

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Published by Fangio
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