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  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 20:44

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Un tour du monde, quatre Grands Tours, les plus hauts sommets de la planète, une lutte acharnée contre le dopage, voici Guillaume Prébois alias le journaliste cycliste le plus connu de France et d'Italie.

 

42 ans, 1m87, 72 kilos, cheveux blonds, yeux bleus, classe sobre, physique élancé, langue bien accrochée, le varois d'adoption a d'apparence tout pour plaire. D'ailleurs, comme la plupart des cyclistes amateurs, je suis tombé rapidement sous son charme. Des défis exceptionnels, des voyages à couper le souffle, des exploits insensés, une lutte acharnée contre les imposteurs du cyclisme...

 

Je ne peux reconnaître que sa rencontre a été une formidable source d'inspiration pour moi à une époque où je ne savais plus trop quelle orientation donner à ma façon de pédaler. Mais avec le temps, Guillaume Prébois a fini par dévoiler sa vraie personnalité... et me lasser. Je m'explique en plusieurs points ci-dessous.

 

1° Le chantre de la lutte anti-dopage ?
Tel un chrétien en croisade, Guillaume Prébois incarne à la base ce rôle sain. En réalité, il s'est octroyé cette fonction non pas pour lutter contre le dopage mais pour tenter d'exister médiatiquement dans un espace libre, car laissé vacant par les autres, à l'instar d'un politicien cherchant à tout prix à se démarquer. Sans dopage, Guillaume n'existe pas. Avec lui, il devient la star d'un combat inventé de toute pièce : un amateur seul à l'eau claire ne pourra jamais renverser une armée de professionnels à l'AICAR !

 

2° Sa distanciation ?
Pour Guillaume, un champion est soit blanc, soit noir, mais jamais gris. Il est inconcevable pour lui qu'un garçon comme Alberto Contador soit un type sympathique tout en s'en mettant plein les veines. C'est soit l'un, soit l'autre. La moto de Pinto incarne pourtant parfaitement bien les deux, brisant la théorie simpliste du gentil ou du méchant. C'est ainsi que Guillaume n'accordera aucun crédit à l'espagnol sur le Tour 2007 que celui-ci remportera avant de le découvrir justement sympathique... et donc de le croire momentanément propre. Le démarrage surpuissant du Pistolero dans Verbier deux ans plus tard, ramenant Lance Armstrong à un simple porteur d'eau, fera ensuite à nouveau Guillaume revirer de bord. Ce manque de recul sur tout ce qui touche au vélo lui causera avec le temps beaucoup d'ennemis.

 

3° Objectif ou nombriliste ?
Guillaume Prébois écrit bien dans le sens qu'il a du style. Mais lire un de ses livres, c'est lire une plume qui suggère implicitement morale et vérité. On ne retrouve en effet jamais beaucoup de latitude dans ses propos. Comme si celui-ci incarnait la science absolue. Il faut adhérer ou passer son chemin. Dans le prolongement du manque de distanciation évoqué plus haut, sa petite personne est toujours mise en avant. Bien plus que l'histoire du cyclisme et la beauté des lieux qu'il découvre en cours de route. On trouve aussi beaucoup d'exagérations à l'italienne : des personnages romancés à outrance, des rencontres improbables qui tendent à rendre chacune des journées un peu plus spéciales les unes des autres. Or, pour avoir déjà couru des Grands Tours où le cycliste roule en moyenne sept heures par jour, on n'a pas vraiment le temps, ni la tête à faire des rencontres, le corps invoquant ardemment le repos. Il y a par conséquent beaucoup plus de jours classiques à serrer les dents que ces jours incroyables décrits dans ses bouquins.

 

4° Les sponsors nerfs de la guerre ?
Si vous écoutez bien Guillaume Prébois, il vous sert et ressert son refrain du manque de sponsor pour ne pas pouvoir assouvir ses rêves les plus fous. L'homme a plein d'énergie et de défis mais ceux-ci seraient dépendants du bon vouloir de telle ou telle entreprise à le suivre dans ses projets. En réalité, le journaliste cycliste veut créer l'exploit sans sortir le moindre centime de sa poche. On lui offre un vélo haut de gamme et un budget pour son voyage chaque année grâce à ses contacts dans la presse et auprès des puissants. Et il se plaint encore de ne pas recevoir assez d'argent pour emmener du personnel derrière lui dans le camping-car qui puisse l'aider à tout moment. Si Guillaume courait seul et sans assistance, comme un vrai marginal amoureux du vélo, il s'éviterait ces soit-disant problèmes de budget.


5° Loyal ou profiteur ?
Guillaume Prébois n'a pas vraiment de parole. Il peut très bien être votre ami un jour et vous crachez dessus le lendemain dans le but de faire le buzz et d'attirer les projecteurs sur lui. En 2013, il déclare par exemple dans un quotidien suisse : "En France, je m'entraîne avec trois garçons qui sont des coureurs élites et qui font des courses amateurs de haut niveau. Ces trois athlètes sont tous à l'EPO." S'ils ne balancent pas leurs noms, le microcosme du cyclisme amateur visualise très bien de quels cyclistes sudistes Guillaume parle. Un peu plus tôt, sans que je lui demande quoique ce soit, il m'avait avoué s'être désolidarisé d'un ami grenoblois sous prétexte qu'il le soupçonnait fortement de prendre des corticoïdes. Si toutefois celui-ci se dopait aux corticos (qui ne sont au passage pas considérés comme du dopage lourd comme l'EPO, et qui ne justifie en rien la facilité de ce dernier à grimper comme un avion), un homme n'est-il pas libre de rouler comme bon lui semble ? Qui n'a jamais roulé avec un ami chargé ? Et quel est le problème si ce dernier est justement votre ami ? L'amitié doit-elle être brisée pour un simple produit dopant ?

6° La théorie du complot ?
Guillaume Prébois est un grand paranoïaque. On pourrait presque parler de pathologie. Car quelqu'un qui n'est pas son ami devient rapidement et assez fatalement son ennemi. A trop parler de dopage dans tous les sens et à toutes les sauces, à trop tirer sur les coureurs cyclistes professionnels en général, Guillaume a fini par se mettre toute la communauté du vélo à dos. Sentant qu'il n'est plus en odeur de sainteté, il a pris l'habitude de disparaître des feux de l'actualité entre trois et six mois par an. Il dit vouloir prendre du recul pendant cette période mais il revient ensuite toujours de plus belle. Comme si sa pseudo-célébrité lui manquait. Il se déclare scandalisé début 2014 lorsqu'un journaleux de Sport et Vie a le malheur de l'insinuer de dopé en roulant au Diamox à 4000 mètres, une altitude où respirer est déjà un exploit en soi. Plutôt que de lui répondre avec parcimonie, Guillaume se met à pleurnicher, s'isole de nouveau et dit même vouloir arrêter le vélo. Preuve que l'essence même du cyclisme n'est pas sa passion première, celle-ci étant à mon sens juste d'être reconnu voire encensé.

 

7° Qui est le champion ?
En courant les plus grandes courses du monde, Guillaume Prébois a crée la confusion dans l'esprit des gens qui suivent ses exploits. Vouloir comparer un Tour de France cyclosportif en solitaire à l'eau avec une course mythique en peloton à l'EPO est un non-sens à la base. De là découle une autre question. Guillaume n'aurait-il pas aimé être à la place des coureurs cyclistes professionnels adulés par la foule ? S'il avait eu le niveau pour faire carrière, aurait-il eu le courage de s'en mettre plein les veines comme le métier l'oblige plus ou moins ? Les rêveurs oublient souvent que cela n'est pas donné à tout le monde de prendre une seringue et de se l'enfoncer tout seul dans la veine. La solution de facilité chez l'homme comme chez le cycliste, est justement de jeter l'éponge comme la seringue quand cela devient trop difficile... En mars 2012, lors d'une sortie à vélo ensemble dans le sud de la France, Guillaume m'a fait part de sa volonté de se mettre à l'EPO sous contrôle médical pour mesurer son gain de performance dans l'Alpe d'Huez entre grimper à 42 d'hématocrite naturel et 49 d'artificiel. A travers cette expérience, il souhaitait démontrer qu'un cycliste parfaitement entraîné pouvait gagner jusqu'à 20% de puissance... Il comptait même révéler cette bombe dans la presse fin juin, juste avant le départ du Tour, afin d'être de nouveau sous les feux de la rampe. Mais cela, il ne le fera jamais pour la simple et bonne raison qu'il n'aura jamais le courage de s'injecter de l'EPO, même sous contrôle médical.

8° Notre relation ?
J'ai entendu parler de Guillaume dès 2007 avec son autre Tour. Nos premiers échanges électroniques datent de 2008. J'ai alors un profond respect pour lui et surtout pour ses exploits sportifs. En 2009, je donne une interview à un média indépendant par rapport à mon premier Tour de France qui se prépare. J'explique que ma Grande Boucle ne se fera pas comme la sienne, avec toute une équipe derrière lui pour l'assister, car la mienne est financée uniquement de ma poche. Je ne lui fais jamais part de cet entretien mais Guillaume relève l'info en surfant sur le net. Plus tard, je rencontre une fille qui le connaît brièvement et avec qui j'aurai une aventure. Elle m'avouera plus tard que Guillaume n'a pas du tout apprécié mes propos soit disant antipathiques à son égard. Peu courageux, Guillaume ne m'en fera jamais part dans nos différentes discussions. Par contre, pour draguer la fille avec qui il sait que je suis à l'époque, il ne se gênera pas. Mais cela, je ne lui en tiens à vrai dire pas rigueur. Quelques années plus tard, je me mettrai comme lui à courir le Giro d'Italia et la Vuelta a España. Cette année, je bouclerai même les trois Grands Tours, comme lui en 2008. C'est le coup de grâce dans son esprit car j'ai plus ou moins réussi seul et sans assistance à 31 ans ce que lui a fait avec des sponsors et une voiture suiveuse à 36. Je rabaisse donc quelque part sa performance en la désacralisant. Plutôt que de me féliciter comme je l'avais moi-même fait il y a six ans, Guillaume décide de couper définitivement les ponts avec moi. Il ne répond plus à mes mails comme il me retire de ses contacts sur les réseaux sociaux sans évidement me donner la moindre explication. A la manière d'un prédateur solitaire, échanger avec des personnes qui le brossent dans le sens du poil et ne pédalent pas dans la même filière que lui ne le dérange pas. Dès lors qu'on vient empiéter sur son territoire ou qu'on lui fait de l'ombre, Guillaume Prébois se ferme. Son énième come-back se fera par conséquent sans moi. Ciao l'artista.

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Published by Fangio
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Eric 02/01/2016 23:31

Je découvre ce portrait et j'y retrouve trait pour trait G Prébois que l'entreprise que je dirige a soutenu et sponsorisé à titre strictement amical pour plusieurs de ses exploits (Moorider, Highroads), mon entreprise n'étant pas grand public ni en recherche de notoriété - jusqu'à la rupture ... spécialité de Guillaume. En effet, après avoir financé le projet Highroads et mobilisé nos 700 collaborateurs, nous avons simplement refusé de financer le livre relatant sa conquête des plus hautes routes du globe. Cela nous valut de ne pas être cités une fois en guise de "punition". Pathétique.

Fangio 03/01/2016 12:23

Vous avez tout dit Eric. Tout ce ceci est bien dommage par rapport aux exploits accomplis sur la bicyclette.