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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 23:30

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Mercredi 19 juin 2013, j'ai rendez-vous à 9h00 sur le plan d'eau d'Embrun avec Joaquim Rodriguez pour reconnaître le dernier chrono du Tour de France vers Chorges. Le leader de la Katusha est ponctuel au rendez-vous mais avant d'envoyer 500 watts dans les bosses de Puy-Sanières et Réallon, il m'offre un cadeau divin : un entretien avec Marcel Zamora, la superstar du triathlon longue distance qui visera dans deux mois ici-même une dixième victoire en Ironman !

TB : Hola Marcel, on fait l'interview en espagnol ou en français ?
MZ : Etant donné que tu parles bien l'espagnol et moi mal le français, on va tenter en espagnol et tu traduiras pour tes fans...

TB : Vale. Que fais-tu ici à Embrun à plus de 50 jours de l'Embrunman ?
MZ : Je fais des globules rouges. Je nage dans des lacs à 2000 mètres, je fais du vélo à 2500 mètres du côté d'Agnel et je cours à 3000 mètres autour du Viso. Je suis déjà à 50.5 d'hématocrite, c'est de bonne augure pour Embrun !

TB : 50.5, c'est déjà au-dessus de le limite autorisée. Comment fais-tu en cas de contrôle anti-dopage inopiné ?
MZ : S'il y avait des contrôles dans le triathlon, ça se saurait. J'ai été contrôlé cinq fois ces dix dernières années. Enfin, on m'a fait pisser cinq fois à l'arrivée d'un Ironman. Et après 226 bornes d'efforts, il ne reste plus grand chose dans tes urines...

TB : Tu insinues qu'il y a du dopage dans le sport le plus dur au monde ?
MZ : Je n'ai pas dit ça. Je dis juste que si tu te charges dans le triathlon, tu as une chance infime de te faire attraper !

TB : Ces dernières années, de nombreux records sont tombés sur les Ironman. A quoi attribuer cela ?
MZ : Le triathlon s'est beaucoup professionnalisé depuis dix ans. J'ai moi-même aujourd'hui un coach, un docteur, un kiné et un ostéopathe dans mon équipe. Au début des années 2000, je courais juste avec mon frangin...

TB : Tu as gagné neuf Ironman. Cinq fois Nice de rang, trois fois Embrun et une fois chez toi à Barcelone. Qu'est-ce qui te fait encore courir à 35 ans ?
MZ : Le triathlon est une partie de ma vie et je pense que c'est un mode de vie incroyable. Cela m'a permis de rencontrer beaucoup de personnes et de partager des expériences sensationnelles. Grâce à ce sport, j'ai aussi découvert tellement d'endroits dans le monde. C'est difficile de tourner le dos à tout ça...

TB : Comment connais-tu Purito Rodriguez ?
MZ : Nous sommes espagnols et vivons tous les deux en Catalogne. Nous nous sommes rencontrés il y a cinq ans lors d'un meeting à Barcelone...

TB : Tu cours sous les couleurs du Triathl'Aix mais ne donnes jamais d'interviews en France. Pourquoi ?
MZ : Je ne cours pas pour faire la une des journaux contrairement à certains. Je parle aussi très mal le français. J'ai peur que mes propos soient déformés par vos journalistes. Notamment sur le dopage, vous aimez tellement parler de ça ici...

TB : Pourquoi être licencié à Aix-en-Provence alors ?
MZ : En Espagne, aucun club ne pourrait m'offrir ce que me donne le Triathl'Aix car c'est la crise. Je dois beaucoup à la Provence dans ma réussite sportive. Même si je vis à Banyoles, j'ai de nombreux amis ici. Et puis, c'est très pratique car à deux heures de là, il y a les Alpes pour s'entraîner dur...

TB : Te sens-tu espagnol avant d'être catalan ?
MZ : Je suis un citoyen du monde mais je me considère avant tout comme espagnol. Je ne comprends d'ailleurs pas toute cette propagande qu'il y a en Catalogne contre l'Espagne, c'est d'une débilité infinie...

TB : Pourquoi n'avoir jamais essayé de courir d'autres Ironman en dehors de Nice et Embrun ?
MZ : C'est une histoire de contrats avec mes sponsors. Et puis Nice et Embrun sont les deux courses de ma vie... même si ça fait deux ans que je ne fais plus Nice. Elles sont intégrées au millimètre dans mon cerveau...

TB : Tu as gagné Nice bien avant Embrun. Pourquoi ?
MZ : Nice est un Ironman "normal" comparé à Embrun qui est une pure folie avec ces 3600 mètres de dénivelé positif sur le vélo ! J'ai mis des années à apprivoiser l'Izoard qui a souvent brisé mes rêves...

TB : Comme ce commissaire zélé qui t'exclut en 2011 pour avoir jeté ton K-Way dans la descente du géant du Queyras...
MZ : Oui. Je connais la règle mais entre l'appliquer bêtement et se mettre dans la peau du triathlète qui s'entraîne dur pendant trois mois pour être prêt le jour J, il y a une différence ! Ce commissaire n'a pas réfléchi. Ou alors si, il voulait se payer coûte que coûte Zamora. Je n'ai toujours pas digéré cette exclusion et je crois que je ne la digérerai jamais !

TB : Même si tu as gagné l'an passé ton troisième Embrunman ?
MZ : Nous espagnols sommes très fiers et rancuniers. Ma victoire en 2012 n'effacera jamais le fait que je me suis fait scandaleusement voler en 2011 !

TB : A Aix, tu trustes les podiums avec une certaine Alexandra Louison. Vous apparaissez souvent ensemble en photos. As-tu déjà couché avec elle ?
MZ : Ahahah. Non, Alex est une bonne amie mais cela s'arrête là. Le milieu du triathlon n'est pas consanguin !

TB : Et connais-tu aussi une certaine Leonarda ?
MZ : Tu parles de la petite française qui a fait l'Ironman sur la banquise l'an passé alors qu'elle a peur des baleines ?

TB : Oui.
MZ : J'ai dû la voir deux ou trois fois depuis qu'elle est au club. La dernière fois, c'était à Manosque cet hiver. Mais avec la barrière de la langue, on ne s'est jamais vraiment parlé. Pourquoi, tu veux coucher avec elle ?

TB : Ahahah. Non, pas vraiment. Elle a déjà un copain et de toute manière, elle est un peu trop dodue pour moi. C'est juste que je trouve qu'elle fait des choses incroyables dans le triathlon avec le gabarit dont elle dispose...
MZ : C'est vrai qu'elle se défend bien pour une petite... J'ai lu tous les articles de presse que vous avez pondu en France sur son Ironman en Scandinavie. Depuis l'Espagne, cela m'a fait sourire. Car chez nous, personne n'en aurait parlé avec les nombreuses filles qui pratiquent du sport à bon niveau...

TB : Oui mais il y a tellement rien à faire en Espagne hormis aller à la plage et en discothèque que les espagnoles peuvent bien faire du sport...
MZ : C'est pas faux... Purito m'a dit que tu avais fait les trois Grands Tours à l'eau claire ! Si j'ai souri pour Leonarda, j'ai juste éclaté de rire avec toi...

TB : Je reconnais que c'était une pure folie. Contador m'avait pondu une préparation millimétrée pour moins souffrir et mieux grimper. Mais comme je suis un mec barré, je ne l'ai pas écouté ! En parlant de ça, je dois partir avec Purito reconnaître le chrono du Tour de France. Tu nous accompagnes ?
MZ : Tu as du mérite pour un petit français ! Cela aurait été avec plaisir mais j'ai rendez-vous avec la maire d'Embrun tout à l'heure. Sinon, je serai dimanche à l'Ironman de Nice en VIP. Comme tu es cool, je t'invite. Tu veux venir ?

TB : Oui ! J'allais te demander si je pouvais ramener ma copine mais vu le convoi exceptionnel de bonasses qu'il devrait y avoir sur la Promenade des Anglais, je préfère venir seul. Encore merci Marcel pour ta disponibilité et ta gentillesse. A dimanche alors...
MZ : Merci surtout à toi et à dimanche à Niza avec tout le gratin !

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Published by Fangio
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