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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 22:09

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Embrun, ville paisible au bord de la Durance promue capitale des Alpes chaque mi-août depuis 30 ans. Embrun, son roc et son célèbre Ironman qui ramène chaque été plus d'un millier de triathlètes du monde entier. Le Serre-Ponçon en hors d'oeuvre, l'Izoard en plat de résistance avant le marathon en dessert. Ici, le menu est suffisamment copieux pour vous faire vomir en un rien de temps si vous n'êtes pas préparés. Préparés à courir, souffrir et mourir ! Car on n'abandonne pas Embrun, on lutte jusqu'au bout de ses forces, voire au-delà parfois...

A six heures le 15 août prochain, au moment de plonger dans les eaux froides du Serre-Ponçon, un des plus beaux lacs artificiels d'Europe, ils seront des centaines d'hommes pour seulement quelques femmes. Parmi elles, Leonarda, la petite perle du triathlon français qui courra dans la Nice des Alpes son troisième Ironman à seulement... 25 ans !

Derrière sa bouille d'ange et son sourire communicatif se cache une véritable boule de nerfs. Une fille d'un mètre cinquante-sept à l'ambition et la soif de reconnaissance illimitées. Le triathlon français ne s'y est pas trompé en la promulguant ambassadrice de son sport grâce à ses performances humaines pour tenter de le démocratiser. Alors depuis deux ans, Leonarda se prête au jeu avec un plaisir non dissimulé. Les sponsors s'y intéressent, les interviews s'enchaînent et les récompenses fleurissent ! De Angers à Aix en passant par Lille ou Grenoble. En un rien de temps, le monde du triathlon s'est mis à découvrir et aimer la petite...

Mais derrière cette notoriété naissante subsistent des zones d'ombre. Qui est véritablement cette gamine au mental de fer ? Pourquoi fait-elle tout ça ? Jusqu'où est-elle prête à aller ? Est-elle bien la fille gentille et affable que les journalistes tentent de nous décrire ? Pas vraiment...

Leonarda a tout sacrifié pour pouvoir mener un jour cette vie de sportive hors norme. Une partie de ses études, sa carrière professionnelle, sa stabilité géographique, sa vie sentimentale et son corps de femme qu'elle martyrise sans sommation depuis cinq ans. Elle rêve les yeux grands ouverts et s'imaginerait bien un jour dans la peau d'une triathlète professionnelle, à l'instar d'une Jeanne Collonge de sa génération, en oubliant momentanément les sujets qui dérangent. Quand on lui demande son avis sur les performances sensationnelles de Marcel Zamora et Alexandra Louison, les stars de la longue distance qui sont également ses coéquipiers à Aix, et seront encore une fois favoris cette année à Embrun, elle répond ne pas les connaître plus que ça...

La provençale d'adoption est une fille extrêmement intelligente qui joue avec les médias comme elle nage dans les bassins. Avec une facilité déconcertante. En lançant toujours la bonne anecdote au bon moment. En bottant habilement en touche les rares fois où elle est embarrassée. En vous ignorant dès lors qu'elle n'a plus d'intérêt à vous fréquenter... Elle aime vous faire croire que vous contrôlez la situation alors qu'en réalité elle a toujours un coup d'avance. Populaire partout où elle passe, elle dit s'amuser de convertir les gens au triathlon. Mais en vérité, elle est juste heureuse que vous veniez la voir courir. Car Leonarda ne pratique jamais du sport en solitaire. Il y a toujours un escadron derrière elle pour la soutenir dans ses projets ! Ce qui jette un trouble sur ses réelles motivations. Court-elle pour elle ? Ou juste pour être aimée ?

Difficile de savoir. Le sport extrême lui a donné une telle assurance qu'elle pourrait mettre mal à l'aise un basketteur de deux mètres de haut. Son ego immense qu'elle dissimule derrière sa modestie ne lui fixe aucune limite. Comme ce refrain articulé autour du plaisir avant la performance qu'elle rabâche pour s'ôter constamment de la pression ! En tout cas, Leonarda est une fille bien plus complexe qu'elle n'y paraît. Et elle n'a à priori aucun point faible. Sauf peut-être ses mollets qui la font souffrir épisodiquement depuis huit mois...

Alors Embrun dans tout ça ? Leonarda est bien évidemment prête pour son troisième Ironman. Elle est montée progressivement en régime depuis cent jours. De Hannibal à Xonrupt en passant par Calvi et les Charbonnières. Plus forte que jamais malgré les douleurs. Surtout depuis qu'elle s'entraîne dans le sud de la France avec le gratin. Sous le soleil et loin du froid. Comme à Nice en 2011, elle pourra compter sur le soutien sans faille de ses proches tout au long du parcours. Et de sa sœur et meilleure amie Donatella sur la route, même si cette dernière a un peu de mal à la suivre depuis deux ans. Pas sûr d'ailleurs que sa jumelle puisse lui être d'un réel secours au-delà de la Casse Déserte sans la ralentir. Car Leonarda reste cette fille pressée qui n'a pas le temps. Qui n'écoute pas son corps. Qui ne freine pas dans les virages. Qui regarde toujours aussi loin devant. Aussi loin que cette pizza à l'horizon. Une pizza de Leonarda sur Embrun...

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Published by Fangio
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