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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 21:07

 

Romain Bardet a tenu parole. Il a livré une grande bataille sur ce Tour de France 2017. Bataille à lui-même, bataille aux plus grands, Christopher Froome en tête. Il a combattu pendant trois semaines avec ses armes, celles du grimpeur, entrapercevant même le maillot jaune à la sortie des Pyrénées. Mais il a fini par céder, logiquement, sur le contre-la-montre de Marseille. Bernard Hinault attend toujours son successeur français au palmarès du Tour...

Épatant Romain Bardet pendant trois semaines. L'Auvergnat n'en finit plus de progresser d'année en année. A 26 ans et demi, il est clair que, maintenant, il est un homme du Tour. 15ème en 2013 pour ses débuts sur la plus grande course du monde, 6ème en 2014, 9ème en 2015, 2ème en 2016, et maintenant 3ème, cela vous classe la régularité du bonhomme ! En montant pour la deuxième fois consécutive sur le podium, Romain Bardet rejoint Richard Virenque dans l'histoire. Cela faisait en effet vingt ans qu'un français n'avait plus fait deux podiums consécutifs sur la Grande Boucle. On ne lui souhaite évidemment pas la même suite que l'idiot de La Londe les Maures, victime de l'affaire Festina en 1998...

Qu'on le proclame haut et fort ce soir, Romain Bardet est bien un potentiel futur vainqueur du Tour de France. Après sa deuxième place acquise l'an passé dans la descente mouillée de Domancy, il a brillamment confirmé. Même s'il recule d'une place sur le podium, il a encore progressé cette année en jouant la gagne face à Froome jusqu'à 48 heures de Paris.

Mais à l'instar d'un Thibaut Pinot sur le Giro d'Italia, le natif de Brioude s'est effondré dans le dernier chrono. Cela fait vingt ans et Laurent Jalabert que la France attend un grimpeur capable de rouler fort contre-la-montre, et donc de remporter un Grand Tour. Si Bernard Hinault est le dernier français à avoir gagné le Tour en 1985, Laurent Fignon est quant à lui le dernier tricolore à avoir conquis le Giro en 1989 et Laurent Jalabert la Vuelta en 1995. Tous ces gars-là avaient un point commun : ils envoyaient contre-la-montre.

En mai dernier, on a cru un moment que Thibaut Pinot allait gagner le 100ème Tour d'Italie. Le Vosgien avait progressé face au chronomètre ces deux dernières années, devenant champion de France de la spécialité, tout en continuant à grimper fort en montagne. Manque de chance, il est passé complètement au travers de ces deux chronos sur la course rose. Au final quatrième, Thibaut est venu mourir à seulement une grosse minute du vainqueur Tom Dumoulin à Milan. Sans ces deux couacs dans l'épreuve de vérité, Pinot remportait probablement le Giro d'Italia...

Romain Bardet lui n'a jamais été un grand rouleur. Depuis des années, il s'efforcent à maigrir et à grimper vite. L'Auvergnat a le physique d'un mec vivant dans un camp de concentration. Ses certitudes autour de la diététique et du dénivelé lui jouent souvent des tours. Cette année, Bardet avait délaissé son côté intello pour un profil plus guerrier que les années précédentes. Il a excellé dans ce rôle... jusqu'à Marseille, où il s'est s'effondré à la fois physiquement et mentalement. En effet, l'Auvergnat a fini anéanti dans un coin du Vélodrome en avouant qu'il ne s'était quasiment pas entraîné sur son vélo de chrono du printemps...

Ah, la fameuse pression du Tour pendant trois semaines. Bardet s'est laissé aveugler par le faible écart entre les favoris, la ferveur logique des supporters français, comme les théories simplistes du nouveau président français Emmanuel Macron à Serre-Chevalier. Manu l'opportuniste lui a affirmé que la victoire dans le Tour se jouerait uniquement dans la tête. Foutaise. Lorsque l'on se retrouve seul face au chronomètre, et donc seul face à moi-même après trois semaines de boxe, l'horloge remet toujours chacun à sa place. Et sur l'épreuve chronométrée, il n'y a jamais eu photo depuis 2013. Chris Froome est devant, tous les autres sont derrière.

Passer si près de la victoire dans un Grand Tour est cependant synonyme d'espoir pour Bardet. Il a encore progressé, à tel point d'entrevoir la victoire finale à Paris tout au long de ces trois semaines de course. On peut logiquement penser qu'il sera encore plus fort l'an prochain, à 27 ans, lorsque Froome en aura 33, et que l'on sait que ce dernier est incontestablement depuis cette année sur la pente descendante.

Cependant, ce Tour 2017 avait été tracé sur mesure par ASO pour Romain avec très peu de contre-la-montre. Très peu, mais encore trop pour lui. Demain, la menace ne viendra probablement plus de ce vieux bandit de Froome, mais plutôt des Dumoulin, Quintana, Aru ou Landa. Ces types-là ne seront pas forcément plus facile à battre que le kényan robotisé de la Sky. Et pour ce faire, Romain n'aura pas le choix. Il faudra rouler largement plus vite contre-la-montre que dans les rues de Marseille hier après-midi !

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Published by Fangio
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