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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 01:08


A dix jours du départ de la 104ème édition du Tour de France à Düsseldorf, il souffle comme un air de vent nouveau sur la Grande Boucle. En effet, le parcours innovant associé à la relative faillite des favoris habituels en ce début de saison rabattent brutalement les cartes. Petit point sur les principaux protagonistes de la plus grande course du monde...

Chris Froome : Le kényan blanc n'a pas gagné la moindre course depuis le début de la saison, ce qui ne lui était plus arrivé depuis cinq ans et son éclosion suspecte au plus haut niveau sur le porte-bagages de Bradley Wiggins. Ce constat ne prête pas en sa faveur à l'heure d'entamer la conquête de son quatrième Tour de France. Ni au top en Catalogne, ni en Romandie, il s'est légèrement amélioré au Dauphiné. Mais trop focalisé à faire perdre son ex-équipier Richie Porte et prétendu ami, il a reculé de la deuxième à la quatrième place sur la difficile dernière étape menant au plateau de Solaison. Même avec toujours l'équipe la plus puissante du peloton au mois de juillet, il ne donne plus énormément de garantie pour la gagne à Paris. Le faible nombre de kilomètres contre-la-montre, associé à un bon nombre d'étapes piégeuses de moyenne montagne qu'il n'a jamais affectionnées, augmente ce constat. Les rumeurs d'un départ du team Sky à la fin de l'année tendent également vers une fin de cycle à 32 ans. Geraint Thomas, malheureux sur le dernier Giro d'Italia, est à l'affût pour prendre la main chez les hommes en noir qui seront inhabituellement en blanc en juillet prochain.

Nairo Quintana : A tout vouloir, Nairoman ne décrochera peut-être rien en 2017. Deuxième sur le dernier Giro d'Italia, derrière l'incroyable Tom Dumoulin, le petit grimpeur colombien a déjà raté son grand pari de l'année, à savoir le doublé Giro - Tour jamais réalisé depuis 1998 et le regretté Marco Pantani ! Quintana reste un mystère dans le milieu du cyclisme. C'est le seul grand champion moderne à ne faire aucun stage en altitude en Europe avec son équipe, comme il reste le seul cycliste actuel à parcourir moins de 20 000 kilomètres par an. Il compense cela par le fait de vivre en Colombie à 2 800 mètres d'altitude. Ce mode de vie particulier l'a rendu trop diesel pour les Grands Tours, ce qui a incité les technocrates de la Movistar de l'envoyer cette année s'échauffer au Giro, pour soit disant être au top sur le Tour ensuite. En retrait au mois de mai dernier en Italie comparé à son niveau habituel, il semble également parti pour passer au travers sur le Tour.

Alejandro Valverde : Coéquipier de luxe de Quintana en Grand Tour chez Movistar, le Murcian a réalisé le meilleur début de saison de sa carrière en raflant toutes les grandes courses espagnoles du début d'année... à 37 ans. Valverde est comme un bon vin, ou une bonne fiole, il se bonifie avec le temps. En avril, il a de nouveau écrasé tout le monde sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. Volontairement en retrait au Dauphiné pour sa course de reprise, il arrive en grand favori du Tour de France, même s'il manque de référence sur cette course, dans l'ombre de son leader colombien avec qui il ne s'entend pas forcément toujours bien. Le parcours accidenté de cette année sur la Grande Boucle, à l'instar des derniers Tours d'Espagne, ne peut que l'avantager, lui qui sent toujours la course à la perfection. S'il arrive à se faire oublier dans l'ombre de Quintana, il n'en sera que plus dangereux. Movistar a toujours manié l'art de brouiller les pistes et il sera une nouvelle fois bien plus qu'un simple leader de rechange dans la surpuissante équipe espagnole.

Alberto Contador : Comme Froome, Contador n'a pas réussi à lever les bras en ce début de saison 2017. Mais contrairement à ce dernier, il a été très proche de le faire à de nombreuses reprises. Quatre fois deuxième du général en Andalousie, à Paris-Nice, en Catalogne et au Pays Basque, la faute à un incroyable Alejandro Valverde, son ennemi intime depuis plus de dix ans, le Pistolero a de nouveau montré son audace et sa combativité. Cependant, il paraît de plus en plus vieillissant en Grand Tour face à la jeune garde, comme sur le dernier Tour d'Espagne qu'il a été incapable de finir sur le podium. Son rêve ultime rêve évidemment de regagner le Tour de France, dix ans après son premier sacre, mais le chemin qui mène à Paris semble trop semé d'embûches. Il faudrait en effet un incroyable concours de circonstance pour le voir de nouveau triompher en jaune. Sa nouvelle équipe Trek apparaît également d'une faiblesse affligeante avec un Mollema fatigué qui sort du Giro et un Pantano qui n'a rien montré depuis le début de l'année.

Romain Bardet : Les organisateurs du Tour lui ont construit cette année un parcours sur mesure afin qu'enfin un coureur français succède au palmarès à un certain Bernard Hinault. Un seul contre-la-montre individuel seulement, la veille de l'arrivée, peut réellement l'handicaper sur cette édition hyper piégeuse. Le Tour de France passera chez lui en Haute-Loire et dans tous ces massifs intermédiaires qu'il affectionne. Auteur d'un début de saison discret, Bardet dispose d'une fraîcheur physique incroyable au moment de confirmer sa deuxième place de l'an passé. Il semble avoir mûri cet hiver, acceptant enfin de travailler ses points faibles comme le contre-la-montre, et arrêtant de se perdre dans l'auto-satisfaction ou la névrose. A 26 ans, il a maintenant la caisse et le mental pour gagner le Tour, et cela dès cette année. Son équipe AG2R apparaît également très forte, notamment en montagne, comme entièrement dévouée à sa cause. Celle-ci n'a quasiment plus rien à envier aux collectifs robotisés de la Sky ou de la Movistar. Attention donc en juillet prochain à Romain, ça risque de barder.

Richie Porte : Avec Valverde et Bardet, il est le troisième grand outsider de cette édition 2017. Il a peu couru en début de saison, mais souvent gagné comme au Down Under ou en Romandie. Sans une erreur de débutant dans la Colombière, il remportait facilement le dernier Dauphiné. Avec Valverde, il est l'homme imbattable de ce début de saison. On dit toujours de lui qu'il a un jour sans sur trois semaines. Mais le Tour de France 2016 a tendu à prouver le contraire. Van Garderen porté disparu depuis son arrivée à la BMC l'an passé, l'Australien ne partage plus le moindre leadership dans son équipe, ce qui lui a permis de gagner énormément en confiance et maturité. Les sceptiques assurent qu'il a déjà 32 ans et qu'il est trop tard pour lui pour gagner le Tour. Porte répond qu'il est encore jeune dans son corps car il a été longtemps l'équipier chez Saxo de Contador et chez Sky de Froome. Il répond également que Cadel Evans, son modèle, a gagné le Tour de France à 34 ans lorsqu'on ne l'attendait plus. Avec une équipe BMC entièrement dévouée à sa cause, il a logiquement le Tour de France 2017 dans les jambes.

Fabio Aru : Longtemps blessé en ce début de saison 2017, le Sarde a dû faire l'impasse sur le Giro du centenaire qui partait pourtant de son île pour se rabattre sur le Tour de France. Depuis la mort tragique de son ami et équipier Michele Scarponi, il semble habité par une force nouvelle après une saison 2016 plus que moyenne. En atteste son dernier Dauphiné où il n'a cessé d'attaquer pour favoriser la victoire finale plus ou moins surprise de son équipier Jakob Fuglsang. Il arrive frais comme un gardon sur cette Grande Boucle 2017 dans l'ombre des grands favoris habituels vieillisants. Son équipe ravagée au printemps par la disparition de Scarpa semble s'être ressoudée autour de lui au Dauphiné. Avec Fuglsang, il partagera le leadership au Tour et pourrait former un duo redoutable, surtout en cas de marquage des grands leaders.

Thibaut Pinot : Auteur d'un grand Giro d'Italia pour ses débuts de l'autre côté des Alpes, le Vosgien s'est rassuré sur trois semaines après un Tour de France 2016 catastrophique. Il semble avoir définitivement compris que la pression du Tour n'est pas faite pour lui. Comme les cols pas assez raides et la canicule souvent présente qui le desservent. Pur grimpeur à l'ancienne dans des conditions hostiles, Thibaut Pinot rayonne davantage dans l'ombre d'un milieu austère de mai que dans la frénésie ultra-médiatisée de juillet. Avec un Giro réussi dans les pattes, il se présentera sans pression sur le Tour. Hormis un incroyable concours de circonstance, il ne jouera pas le classement général cette année, préférant la chasse aux étapes et le maillot de meilleur grimpeur, à l'instar de son compatriote Pierre Rolland retrouvé lui aussi en Italie après des années d'errance. Vivement juillet.

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Published by Fangio
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