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  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 15:51


Après six mois d'arrêt forcé, Roger Federer se présente à Melbourne il y a deux semaines en tant que tête de série numéro 17, soit son plus mauvais classement depuis quinze ans. Dans la pire partie de tableau possible, il s'extrait pourtant des griffes de Nishikori et Wawrinka en cinq sets pour se présenter ce dimanche, en finale de l'Open d'Australie, contre son grand rival Rafael Nadal. Au terme d'un match d'anthologie, le Suisse rebat enfin l'Espagnol en Grand Chelem, à 35 ans et demi, dix ans après sa dernière victoire, et cinq ans après son dernier titre Majeur.

Immortel, tel pourrait être le titre de cette finale irrespirable à la gloire de Roger Federer. Lorsqu'on ne s'y attendait plus, le Maître est donc ressorti de sa boîte, inoxydable, tel un caméléon. Quatre ans et demi qu'il n'avait plus gagné un Grand Chelem. C'était à Wimbledon en 2012 contre Andy Murray. Roger allait alors redevenir numéro un mondial à 31 ans dans la foulée, une autre époque.

Depuis de l'eau a coulé sous les ponts. Le Bâlois a connu une saison 2013 fortement contrariée par son dos. On l'a cru fini. On s'en est moqués avant qu'il ne renaisse une nouvelle fois de ses cendres, la finale perdue en cinq sets à Wimbledon contre Novak Djokovic marquant son grand retour aux affaires. En 2015, il confirmait cette embellie même s'il perdait deux nouvelles finales majeures à Londres et New York contre ce même Djoko, son bloqueur restant désespéramment bloqué à 17 victoires en Grand Chelem.

2016 fut quasiment une année blanche pour lui en raison d'une opération au genou. Sur une jambe, le Maître parvenait tout de même en demi-finale de l'Australian Open et de Wimbledon. Dans son jardin anglais favori, il était même à deux doigts contre Milos Raonic de s'offrir une onzième finale. Mais diminué par son genou et son dos, il allait dans la foulée mettre un terme brutal à sa saison, zappant les Jeux Olympiques de Rio et l'US Open pour mieux se reconstruire physiquement.

Lorsqu'il débarque début janvier à Melbourne, il n'a que la Hopman Cup derrière lui et trois petits matchs comme repères. Il passe ses deux premiers tours sans convaincre avant de pulvériser Tomas Berdych au troisième au terme d'un récital tennistique. Son retour aux affaires est confirmé en huitième de finale contre Kei Nishikori qu'il bat à l'arrachée au cinquième set.

Alors que Andy Murray doit se dresser sur sa route en quart, c'est l'Allemand Mischa Zverev qui débarque par surprise à sa place. Ce dernier a éliminé le numéro un mondial au tour précédent au terme du match de sa vie. Indirectement, il favorise le jeu de Rodgeur qui profite de son match contre lui pour récupérer du jus en passant en trois petits sets. Il s'en servira en demi-finale pour disposer de son compatriote et ami Stan Wawrinka en cinq sets accrochés.

De l'autre côté du tableau, Rafael Nadal est lui aussi de retour après avoir disparu des écrans radars pendant deux ans et demi. Il se hisse également en finale en disposant de Grigor Dimitrov en cinq sets et près de cinq heures de combat intense.

Même avec un jour de récupération en moins que Rodgeur, l'Espagnol reste largement favori au vu de leur bilan en carrière. Nadal mène 6-2 en Grand Chelem contre Federer et n'a plus perdu contre lui depuis Wimbledon 2007, soit quasiment dix ans. Il l'a battu aussi trois fois sur trois sur le ciment australien, dont cette fameuse finale insoutenable de 2009 où le Suisse, anéanti par l'échec, avait, une fois n'est pas coutume, fondu en larmes lors de la remise du trophée.

De 2009 à 2017, huit ans ont passé lorsque les deux champions se retrouvent sur la Rod Laver Arena ce dimanche. Cependant, le fantôme de Rafa plane toujours dans l'esprit de Roger au moment d'attaquer sa 28ème finale de Grand Chelem. Tactiquement, le Suisse détonne. Il joue tranquillement, par à coups, point par point, refuse le bras de fer systématique du fond et ne permet pas à son adversaire de se régler. C'est comme cela qu'il gratte la première manche  6-4 en convertissant sa seule balle de break du set.

Nadal se réveille dans le second et égalise rapidement à une manche partout. Un premier tournant intervient au début du troisième set lorsque Rodgeur écarte trois balles de break par trois aces extérieurs monumentaux. Rafa ne s'en relèvera pas, il perd la manche 6-1 sans la moindre contestation.

Vexé, l'Espagnol fait immédiatement le forcing pour breaker au début du quatrième et revenir à deux manches partout. On aura le droit donc à un cinquième set pour l'Histoire comme à la grande époque...

Après 2h30 de à toi, à moi, les deux joueurs se mettent subitement à développer leur meilleur tennis ensemble dans la cinquième manche. Appelant deux fois le kiné, on croit Rodgeur touché physiquement à la cuisse droite. Il l'est certainement mais il l'est davantage mentalement après avoir manqué trois fois le débreak sur les trois premiers jeux de service de Nadal. A 3-2 contre lui, le match bascule pourtant dans une nouvelle dimension lorsqu'il parvient enfin à prendre le service de son adversaire, avant de passer devant dans la foulée 4-3.

On atteint alors un incroyable niveau de jeu. Rafa ayant vieilli, le rapport de force s'équilibre entre les deux grands champions. Aussi, le service de l'Espagnol est quasiment devenu inoffensif avec le temps contre les meilleurs. Rodgeur le lit à merveille et renvoie quasiment toutes les balles pour engager l'échange. Dans la diagonale, Nadal n'arrive plus à lifter autant comme avant sur le revers de Federer, si bien que ce dernier offre un récital de points gagnants dans cette filière. Son revers supposé friable contre Rafa devient momentanément son coup fort. Ajouté à cela, une première balle performante et le suspense monte à son paroxysme devant une foule en délire.

Au terme d'un nouveau jeu interminable à 4-3, Rodgeur breake une deuxième fois consécutive avant de servir pour le match. Un échange stratosphérique de 26 coups de raquette alimente une nouvelle fois leurs légendes. A 5-3, Roger sauve encore deux balles de break avant de finir dans la confusion sur un coup droit challengé gagnant, comme au Masters de Londres 2010. C'est la délivrance et la consternation à la fois. Même lui ne semble y croire.

A 35 ans et demi, Federer remporte là son 18ème Grand Chelem contre Nadal, sa bête noire de toujours. Quel symbole. Quatre ans et demi après son 17ème sacre à Londres et près de dix ans après sa dernière victoire en cinq sets contre ce même Rafael. Rodgeur était déjà le plus grand tennisman de tous les temps. De Wimbledon 2003 à Melbourne 2017, le voilà maintenant immortel !

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Published by Fangio
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commentaires

Patrick 01/02/2017 12:25

Très sympa et complet ! Merci !