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  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 03:20

 

Cyclisme et dopage ont toujours été un pléonasme. 17 ans dans le vélo m'ont permis d'en voir de toutes les couleurs dans ce sport. Même si j'ai toujours manié la langue de bois, voire l'ironie sur ce fléau pour ne pas froisser les consciences, il est temps ce soir de faire une petite mise au point sur la question.

Je me suis entraîné avec les plus grands dans ce sport. Du champion espagnol Alberto Contador à Madrid au grégario français Anthony Roux à Nice, sachez que tous les cyclistes professionnels du 21ème siècle ont un point commun : la charge. Ils appellent cela d'ailleurs différemment en fonction de leur éducation et de leur rapport à la médecine.

Certains disent qu'ils se soignent, d'autres qu'ils font le métier, peu parlent ouvertement de doping, mais quand tu vois le régime de gélules et de fléchettes qu'ils s'enfilent quotidiennement pour rouler fort, tu comprends rapidement que les mecs sont préparés pour la troisième guerre mondiale.

Finalement, que les cyclistes professionnels se chargent, c'est normal. Quand tu roules 300 jours par an, autour de 30 000 kilomètres, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, à 40 km/h de moyenne, prendre des produits n'est pas un scandale. C'est même préconisé par rapport aux efforts surhumains à déployer au quotidien sur la bicyclette.

Ce qui me gêne, ce sont ces coureurs amateurs en tout genre qui se prennent pour des pros. Quel intérêt de se charger lorsque tu n'avances pas ? Je dis ça parce que j'ai vu récemment des gros lards de 90 kilos perdre plus de 20 kilos en un an avec le bienveillant AICAR commandé directement de Chine sur internet. Ces ânes, qui ne passaient pas un col encore l'an passé, ne respirent plus dedans maintenant tellement ils sont faciles. Équipés de capteur de puissance et de tout l'arsenal médicamenteux, les mecs se prennent pour des chevaux de course alors qu'il courent seulement des kermesses de quartier en UFOLEP...

Et quand tu leur demandes pourquoi ils ont dévié de la sorte sur le tard, les mecs te répondent sûr d'eux droit dans les yeux : "Pour les mêmes raisons que toi kaiser. J'ai enfin compris comment tu faisais pour t'envoyer 20 000 kilomètres, 200 cols, toutes tes courses par étapes depuis des années".

Alors voilà, je voulais être très clair une bonne fois pour toutes sur mon rapport avec la charge. Que les gens me croient ou pas, cela n'a aucune importance à vrai dire car je suis la seule personne qui sait réellement comment fonctionne mon corps. J'accepte évidemment les soupçons légitimes sur mes performances mais je tenais à exprimer réellement ma position.

Je n'ai jamais rien pris pour augmenter artificiellement mes performances depuis que je fais du vélo hormis de l'aspirine de temps à autre pour soigner des douleurs passagères. Le raccourci facile, c'est évidemment de se dire qu'il est impossible de faire dix Grands Tours seul et sans assistance sans s'en mettre plein les veines. Pourtant, je certifie n'avoir jamais mis la main dans le pot de confiture depuis mes débuts en l'an 2000. Le fait de courir en marge du système m'a d'ailleurs toujours aidé de garder le recul nécessaire par rapport à l'engouement du dopage.

De plus, je tiens à préciser aujourd'hui que mon seul mérite dans le cyclisme n'est pas d'avoir fait dix Grands Tours depuis 2009 car finalement tout le monde peut les faire avec de l'AICAR dans les veines. Mon seul mérite, c'est de les avoir fait sans jamais prendre le moindre produit. Cela m'a d'ailleurs valu de finir certaines courses par étapes dans des états de fatigue générale très avancés avec des taux complètement effondrés. On m'a déjà flashé à 36 d'hématocrite à la fin d'une Vuelta pour info...

Je me souviens même le soir d'un médecin qui m'avait dit : "Vous avez des charges d'entraînement aussi intenses que certains cyclistes professionnels. Les efforts que vous devez fournir sont tellement énormes que vous charger rendrez votre sport moins dangereux pour votre santé. Quand on fait 150 bornes seul tous les jours pendant trois semaines sur tous les reliefs, prendre des produits préserve davantage l'organisme que de ne rien prendre et finir mort vivant comme vous vos Grands Tours".

Ce médecin prévoyant avait en très grande partie raison. Cependant, je n'ai jamais rien pris et je ne prendrai jamais rien. Pour la simple et bonne raison qu'à l'eau les exploits sont réels. Entre nous, j'ai toujours su à quelle vitesse on pouvait courir le Tour de France en étant ras bord comme on dit dans le jargon, il me suffisait pour cela d'allumer ma télévision en juillet. Mais en mangeant de la salade et en buvant de la badoit, je ne le savais pas. C'est pour cette raison que je l'ai expérimenté sur moi.

C'est aussi pour cette raison que je ne serai jamais en compétition avec untel ou untel dont par définition je ne connais pas son rapport à la charge. Moi, je cours contre moi-même, seulement contre moi-même, à l'eau, avec comme seul repère l'histoire du cyclisme. Et lorsque je n'en aurai plus les moyens, j'arrêterai tout simplement. Merci. Fermez le ban.

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Published by Fangio
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