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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 03:04


Du haut de son mètre 98, avec son air lent et résigné de gros nounours sur les courts, on pourrait prendre Juan Martin Del Potro pour un dépressif. Il n'en est rien, le grand échassier argentin est juste un taiseux qui a dû surmonter pas mal d'épreuves dans sa carrière. Des épreuves qui lui ont permis de relativiser en toute circonstance ses victoires comme ses défaites.

Au premier rang de ces dernières, il y a ces trois grosses opérations au poignet, droit puis gauche, qui auraient pu marquer la fin de sa carrière de tennisman, comme de ses rêves d'enfant argentin à la conquête du globe. Mais c'est mal connaître Juan Martin, seul joueur capable de briser l’hégémonie du Big Four en Grand Chelem entre janvier 2005 (Marat Safin) et janvier 2014 (Stan Wawrinka), lorsqu'il renversa le roi Roger Federer à l'US Open 2009, dans un match d'anthologie que le Suisse n'est pas prêt d'oublier.

Del Potro, c'est aussi un de ces rares tennismen capable de descendre dans les abîmes du classement ATP sur blessure, avant d'en remonter de façon aussi rapide que spectaculaire.

La tour de Tandil, en référence à sa ville natale, n'a pas pour habitude de faire dans la dentelle. Il incarne un joueur à l'ancienne qui aime distribuer à l'intérieur du court, frappant fort des quatre coins du terrain, à l'instar d'un bûcheron de la forêt amazonienne parti couper du bois jusqu'à la nuit. Ses gros paings à plat sans variation lui ont coûté ces trois opérations douloureuses mais l'Argentin a toujours su revenir, en modifiant notamment ses prises de raquette, comme en liftant davantage en revers.

Cette année, il réapparait au firmament lors des Jeux Olympiques lorsqu'il élimine Novak Djokovic d'entrée. Son parcours est admirable de combativité toute la semaine puisqu'il dispose de Rafael Nadal en demi-finale après plus de trois heures de combat, avant de buter épuisé en finale sur l’épouvantail Andy Murray, numéro un sans âme en devenir. A Rio, Delpo décroche donc l'argent quatre ans après le bronze à Londres.

Le géant argentin a toujours été un homme de coups. Pour preuve, il a gagné un Grand Chelem sans jamais remporter le moindre Masters 1000. Réintégré en équipe d'Argentine de Coup Davis suite à ses bons résultats de l'été, Del Potro réussit l'exploit de battre deux mois après la finale olympique Andy Murray en cinq sets, chez lui, à Glasgow, en demi-finale de Coupe Davis le vendredi. Cette défaite inattendue va précipiter la chute des tenants du titre britanniques le dimanche.

Ne restait alors plus que la finale contre la Croatie, encore à l'extérieur, comme tout le parcours des Gauchos en Coupe Davis cette année. Même si Del Potro a remporté l'US Open 2009, il était assimilé jusqu'à ce soir en Argentine comme un loser. Dans un pays qui ne pardonne rien à ses champions, il était l'homme qui avait craqué en 2008 à Mar del Plata en finale contre l'Espagne. Numéro un de son équipe, il avait alors cédé le vendredi contre Feliciano Lopez avant de se désister le dimanche à l'instar d'un Jo-Wilfried Tsonga en 2014 à Lille contre les Suisses. Ce contre-temps avait provoqué à l'époque les critiques acerbes de son équipier et chef de clan David Nalbandian.

Rebelote trois ans plus tard à Séville contre ces mêmes espagnols. Del Potro tombe ce coup-ci contre David Ferrer vendredi et Rafael Nadal dimanche. Nalbandian qui avait maintenu les Argentins à flots en double le samedi craque définitivement. Ce dernier assure que Del Potro ne pense qu'à sa carrière individuelle, qu'il n'en a rien à faire du drapeau argentin et que tant qu'il sera en Coupe Davis, cela sera lui ou Delpo. L'entraîneur de l'époque ne lui fera alors plus jamais confiance, comme l'équipe n'atteindra plus jamais la finale avant ce week-end de rêve à Zagreb.

Battu en double aux côtés de Leonardo Mayer samedi, Del Potro a apporté malgré tout deux points en simple à sa sélection, dont un come-back d'anthologie dimanche contre Marin Cilic. En effet, l'Argentin était mené deux sets zéro à l'extérieur avant de ramener son pays à deux points partout trois heures plus tard. Federico Delbonis finira le travail ensuite face au pré-retraité Ivo Karlovic. Débarrassé du faux frère Nalbandian, de ses phrases maladroites comme de ses poignets douloureux, Juan Martin Del Potro a enfin réalisé son rêve : remporter sa première Coupe Davis, la première de l'Argentine aussi, et devenir ainsi le héros de tout un peuple. Même Diego Maradona, présent en tribunes à Zagreb, a applaudi...

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Published by Fangio
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