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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 11:47

 

Cinq ans. Cinq ans déjà que les Qatariens ont racheté le Paris-St Germain à Colony Capital. Cinq ans que Doha injecte énormément d'argent sans franchir le cap des quarts de finale de la Ligue des Champions. Au-delà du manque flagrant de résultats, c'est avant tout le projet qui interpelle. Surtout depuis cet été et les départs simultanés de Laurent Blanc et Zlatan Ibrahimovic du Camp des Loges.

Rembobinons un peu le projet qata-rien depuis cinq ans. Si de grands footballeurs ont rapidement signé au PSG en 2011 et 2012 (Pastore, Motta, Thiago Silva, Ibrahimovic) pour remplacer les footballeurs moyens de l'ère Colony, il est ensuite devenu très difficile pour le PSG d'attirer des stars. En effet, seuls Cavani, David Luiz et Di Maria ont intégré depuis l'équipe. Pire, cet été, pour la première fois, aucun grand nom international n'a daigné rejoindre la capitale.

C'est sûr que depuis que Leonardo et son réseau n'opèrent plus au PSG, le recrutement est devenu extrêmement compliqué. Il faut ajouter à cela que les joueurs déjà en place ont probablement fait part dans le milieu que jouer en Ligue 1 tous les dimanches n'est pas ce qu'il y a de plus excitant dans la carrière d'un grand joueur. Surtout dans un Parc des Princes sans ambiance, qui sonne creux depuis le plan Leproux de 2008 et le renvoi des derniers ultras. En effet, sans supporters, le PSG a dorénavant du mal à se transcender à la maison, comme ses adversaires ne se sentent plus spécialement en territoire hostile lorsqu'ils jouent à Paris.

Le Qatar, enfin au courant de ce problème d'atmosphère, veut maintenant faire revenir coûte que coûte les ultras au Parc des Princes. Problème, les supporters les plus vindicatifs des années 1990 ont vieillis, sont nostalgiques de l'ère Canal, de ces grandes aventures européennes dans un stade en fusion, et ne veulent rien entendre de ce projet qata-rien fondé à coups de pétrodollars qu'il juge illisible. Du coup, seulement quelques supporters excités sont revenus ces dernières semaines, mais largement pas assez pour redonner un semblant d'âme aux virages d'un Parc muré dans le silence depuis des années.

Pour mieux comprendre l'impasse dans lequel les dirigeants du Paris-St Germain se trouvent, il faut revenir à Carlo Ancelotti. Le coach italien est le seul grand entraîneur international qui a dirigé le PSG sous l'ère Nasser Al-Khelaïfi. Ce dernier l'a recruté à l'hiver 2012 en remplacement d'Antoine Kombouaré, pourtant leader du championnat à la trêve. Virer un coach à mi-saison, lorsque son club est en tête de son championnat est complètement illogique. Le Qatar l'a pourtant fait. Résultat, Paris n'a pas été champion en fin de saison, Ancelotti payant sa méconnaissance du football français à son arrivée en janvier.

La deuxième année du technicien italien fut bien évidemment meilleure. Mais le Qatar lui lança un ultimatum en décembre 2012 avant le dernier match de Ligue des Champions en phase de poules contre Porto. La victoire et la première place ou le limogeage à la trêve comme son prédécesseur Antoine Kombouaré un an plus tôt ? Carlo Ancelotti, qui a tout gagné au Milan AC, vit très mal cette attaque de ses dirigeants et décide dès lors qu'il ne restera pas à la fin de la saison dans ces conditions. Il échoue d'un rien au printemps en quarts de finale de la C1 contre Barcelone (2-2 au Parc à l'aller, 1-1 au Nou Camp au retour) avant de rapporter (enfin) le troisième titre de champion de France de l'histoire du Paris-St Germain, en l'emportant chez son grand rival lyonnais 1-0 à trois journées de la fin de l'exercice.

A l'été 2013, Ancelotti quitte Paris contre l'avis de ses dirigeants qui, après avoir voulu le virer en décembre, souhaitait ensuite le conserver pour la saison 2014. Le Qatar croit pouvoir lui trouver un grand remplaçant mais aucun coach de renommée internationale ne veut lui succéder dans la capitale. Face à ce refus catégorique, Al-Khelaïfi engage Laurent Blanc par défaut. Il en profite par la même occasion pour redonner une identité française au projet alors qu'à la base il souhaitait un nouvel entraîneur étranger à Paris.

Les saisons Blanc, longues de trois années, seront des plus ennuyeuses. Le défenseur champion du Monde 1998 sera constamment sur la sellette, mais restera en poste faute de remplaçant supérieur à son aura jusqu'à cet été. A Paris, avec son adjoint Jean-Louis Gasset, le Sudiste met rapidement le groupe en auto-gestion pour ne pas avoir à froisser les égos. C'est ainsi que Zlatan prendra rapidement le pouvoir, quelque soit ses performances sur le terrain.

Face à l'absence d'autorité, les joueurs se mettent progressivement à marcher sur la pelouse, choisissent leurs matchs, ce qui enlève le peu de crédibilité qu'il restait à la Ligue 1. Le mercredi soir en Ligue des Champions, l'équipe se retrousse momentanément les manches sous l’œil spectateur et vide du grand Lolo, toujours les mains dans les poches en train de mâcher son bâton de sucette. Avec sa dégaine béate d'un grand militant de la CGT, Blanc se radicalise ou plutôt "se domenechise" ensuite en conférence de presse. Il ne répond plus aux questions posées par les journalistes quand il ne les envoie pas tout simplement balader...

Même s'il réalise le Grand Chelem au niveau national (onze titres sur douze possibles en trois ans), Paris se met à dangereusement régresser sous ses ordres. Moins d'impact physique, toujours plus de possession stérile et de suffisance, le PSG sort sans gloire en quarts de finale de la Ligue des Champions contre Chelsea en 2014, Barcelone en 2015 et surtout Manchester City l'an passé. Ce dernier échec met fin à son règne, même si quelques semaines plus tôt, Nacer Al-Khelaïfi l'avait reconduit pour deux ans contre 700 000 euros mensuels...

N'arrivant pas à convaincre Diego Simeone, c'est finalement Unai Emery qui débarque à l'intersaison au Camp des Loges. Le Basque bondissant vient de remporter trois fois la Liga Europa avec Séville grâce à un pressing incessant et un engagement physique total sur le terrain. Il est censé redonner la grinta au vestiaire, ainsi qu'apporter une nouvelle philosophie de jeu. A Paris, Emery va pourtant rapidement déchanter. Le groupe plombé par les années Blanc s'est enlisé dans le confort et ne l'écoute pas. Comme la Ligue 1 ultra-défensive ne convient pas à son style offensif.

De plus, le départ de Zlatan n'a pas été remplacé pendant l'été. Même si le Suédois n'a pas hissé Paris en demi-finale de la C1, il avait ce don pour motiver le reste de l'équipe par sa simple présence. Son départ laisse donc un grand vide sur le terrain. Et ce n'est pas Cavani, repositionné depuis dans l'axe de l'attaque, qui va naturellement haranguer ses partenaires. Thiago Silva comme Marco Verratti, les deux autres leaders du groupe, ayant des envies d'ailleurs, l'équipe joue désormais chaque match au ralenti sans le moindre grain de folie.

En interne, Unai Emery s'accroche rapidement avec Hatem Ben Arfa qui, même s'il arrive lancé de Nice, fournit encore moins d'efforts que les joueurs déjà en place. Les innombrables blessures de Javier Pastore contraignent également Emery à maintenir titulaire un Angel Di Maria méconnaissable en cette fin d'été 2016.

Le Basque se retrouve donc rapidement sans solution, perd la grinta comme la foi en son jeu. Sur le banc de touche, il ne gesticule plus comme à Séville ou à son arrivée en août à Paris. Ne vivant plus intensément ses matchs, il se referme sur lui-même et commence à pratiquer la langue de bois. Emery sait dorénavant que ses semaines sont comptées. Reste à savoir si Nacer Al-Khelaïfi, qui a déjà effectué cet été un licenciement record pour Laurent Blanc, sortira dès cet hiver le chéquier pour Emery ? Pour le remplacer par qui, en sachant que plus personne ne veut venir à Paris ? Telle est la nouvelle problématique du projet qata-rien...

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Published by Fangio
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