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  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 21:58



Au-delà du rêve inachevé dimanche dernier au Stade de France contre le Portugal, un homme de 25 ans a réconcilié la France avec son équipe nationale de football. Cet homme, c'est Antoine Griezmann, un Mâconnais exilé en Espagne depuis une dizaine d'années qui a appris de l'autre côté des Pyrénées tous les rudiments du métier de footballeur.

 

Dans toutes les grandes épopées du foot français, nous avons été portés par un grand meneur de jeu, un dix ou un neuf et demi selon les spécialistes, qu'importe. Au milieu des années 1980, c'était Michel Platini (demi-finale de la Coupe du Monde 1982 et 1986, vainqueur de l'Euro 1984). Au virage du 21ème siècle, nous avons eu Zinedine Zidane (vainqueur de la Coupe du Monde 1998 et finaliste 2006, vainqueur de l'Euro 2000). Depuis deux ans maintenant, nous avons Antoine Griezmann.

 

Le blondinet de Mâcon marque une rupture avec la génération précédente, celle des enfants paranoïaques de la cité, celle qui a mené la grève en Afrique du Sud, celle qui crache à tout bout de champ, celle qui pense avant tout à ses intérêts personnels qu'au maillot bleu de son pays. Dans ces conditions, difficile pour le français moyen depuis dix ans de se sentir représenté par des mecs comme Nicolas Anelka, Franck Ribéry, Karim Benzema ou encore Samir Nasri.

 

Antoine Griezmann, lui, est né en Saône-et-Loire, à la campagne, loin des grandes villes bruyantes. Petit, c'est un garçon chétif, timide et poli qui se voit refuser l'accès à tous les centres de formation de l'Hexagone. Il doit s'exiler seul, loin de sa famille, au Pays Basque pour tenter la grande aventure du football. C'est à San Sebastián qu'il se construit entre 15 et 23 ans. C'est aussi ici qu'il rencontre Erika, une belle espagnole, alors qu'il est encore inconnu du grand public. Celle-ci deviendra plus tard sa femme puis la mère de son premier enfant...

 

Il faut bien s'y résoudre : Antoine Griezmann n'est pas vraiment français. Devenu homme à la Real Sociedad, Grizi a les mots qui viennent plus facilement dans la langue de Cervantes que dans la langue de Molière. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a chanté en espagnol lors de son bizutage avec les Espoirs ou qu'il célèbre tous ses buts importants d'un vamos rageur. Copain comme cochon avec Carlos Vela, qui vivait la porte à côté dans les hauteurs de San Sebastián, puis avec Diego Godín à Madrid, Griezmann a utilisé sa passion de Bob l'éponge pour s'imprégner de la culture sud-américaine. Preuve principale de cette intégration : son amour du maté.

 

Maturité précoce, état d'esprit irréprochable, technique directement inspirée du barcelonais Andrés Iniesta, humilité déconcertante dans le milieu, grand sentimental, amour total du maillot qu'il défend, Antoine Griezmann est un véritable cadeau du ciel pour l'équipe de France. Après les larmes en quarts du Mondial 2014 et cette finale à domicile de l'Euro 2016, où il a été élu meilleur joueur de la compétition, Grizi veut continuer son irrésistible ascension.


Il a prolongé à l'Atlético Madrid jusqu'en 2021 sous les ordres de son mentor Diego Simeone, avec qui il a beaucoup progressé depuis deux ans. Finaliste malheureux de la Champion's cette saison où il a envoyé son pénalty s'écraser sur la barre transversale de San Siro, Grizi rêve également de mener la France sur le toit du monde en 2018. S'il se sent logiquement davantage espagnol que français, Antoine aime plus que tout son pays d'enfance comme défendre ses couleurs. Après Platini et Zidane, la France s'est enfin trouvée un nouveau héros. C'est un vent frais d'Espagne qui fait du bien...

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Published by Fangio
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