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  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 21:22

 

Domingo, 18 de octubre de 2015, Madrid, estación de Chamartín : "Es una gran emoción para mi de acabar una tercera Vuelta a España. Soñé todo el año con esta carrera mítica. España es el país de mi vida, el país que me ha hecho un hombre. Nunca olvidaré cómo este país ha cambiado mi vida y mi manera de concebir el ciclismo total !"

 

Seule la puissance des mots arrive momentanément à lutter contre la démesure des chiffres. Troisième Tour d'Espagne en quatre ans, huitième Grand Tour en sept saisons, qué más señor ?

 

Plusieurs phrases de champions ont influencé ma carrière quand je me retourne quinze ans en arrière. Et ce soir, sous la pluie madrilène, une de Fabian Cancellara résonne un peu plus forte que d'autre dans mon cerveau extasié : "Gamin, je regardais beaucoup de vélo à la télévision suisse, mais je n'avais pas d'idole à proprement parler. J'ai voulu en créer une alors je me suis mis à pédaler. Et c'est comme ça que je suis devenu ma propre idole..."

 

J'ai toujours aimé l'arrogance assumée. Celle qui brille seulement avec le charisme monstrueux. Fabian Cancellara est de cette race des seigneurs du cyclisme qu'on respecte, même lorsqu'on le déteste. A mon humble niveau, je savoure cette image que je renvois un peu, beaucoup, passionnément au milieu amateur du vélo.

 

Qui est Kaiser Bientz, ce marginal prétentieux qui enfile les Grands Tours comme des perles depuis cinq ans ? Comment fait-il pour rouler autant seul, sans sponsor et sans assistance ? Se charge t-il la gueule comme les autres grands de son sport ? Quel est son secret pour garder autant la motivation ? Sa vie est-elle aussi masochiste qu'une Vuelta automnale courue dans les turbulences du dérèglement climatique ? Qui poursuit-il ? Contador, Hinault, Merckx ou juste sa propre ombre ?

 

Les réponses précises sont souvent cachées dans les questions existentielles... Esta tarde, el Kaiser pasa la octava. Pour un type condamné à l'oubli il y a quinze ans, c'est plus qu'une revanche sur la vie ! Madrid le sait autant que lui. De sept à huit, de Fausto Coppi à Jacques Anquetil, en attendant Alberto Contador l'an prochain, les trois grands pays latins du vélo applaudissent l'enfant terrible de Cély-en-Bière, ce trou à rat perdu à une cinquantaine de kilomètres de Paris, là où tout a commencé à la fin des années 1990 !

 

Les gens me demandent souvent pourquoi je parle à la troisième personne. Parce qu'entre le gamin rêveur d'hier et le cycliste surpuissant d'aujourd'hui, il y a huit classes d'écart. Aussi béant que huit Grands Tours courus seul à travers l'Europe. Et qu'il est parfois difficile de trouver un lien entre le gamin rêveur d'hier et le cycliste surpuissant d'aujourd'hui...

 

Parler de la sorte me permet de regarder mon histoire avec du détachement et une certaine impartialité. De la rendre plus crédible, plus réelle, plus humaine. De ne jamais oublier aussi qu'avant d'être ce grimpeur arpentant les cols les plus durs d'Europe, j'ai été comme tout le monde ce gamin qui regardait les Grands Tours devant sa télé en mangeant des chips...

 

Ne pas oublier le passé anecdotique permet de mieux savourer le présent exceptionnel. Et oblige inconsciemment à toujours regarder devant. C'est pour cela qu'il y aura toujours ce mec simple qui rêve en écrivant et ce cycliste marginal qui écrit en rêvant. L'histoire continue !

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Published by Fangio
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