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  • Fangio
  • Je m'appelle Fangio. Je suis un libre penseur, un vrai. J'ai ouvert ce blog pour partager mes émotions, mes peines, ma haine aussi. Petit journal laissé à la merci d'un parisien allumé aux amphets...
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 11:01

 

Les années passent, les périodes changent mais le Tour de France reste invariablement le même. Il est toujours gagné autour des 40 km/h de moyenne par un mec qui ne prend pas le temps de respirer. Cette année, la canicule n'a pas épargné la plus grande course du monde. Il a fait extrêmement chaud pendant près de trois semaines. Et pourtant, la moyenne finale à Paris est à peine plus basse que les années précédentes : 39,567 km/h.

 

Dans ces conditions anormalement bouillantes, un type comme Christopher Froome a toujours carburé à plein régime. Au sens propre comme au figuré. Le Kényan blanc a grandi en Afrique, là où le thermomètre ne descend jamais sous les 25 degrés. Anorexique, cadavérique, sortant même directement d'un camp de la mort avec son IMC à 3%, celui que l'on surnomme Caddyman, par sa posture horrible sur le vélo, a écrasé le Tour comme il l'avait fait il y a deux ans.

 

Ce Tour 2015 ressemble d'ailleurs étrangement à celui de 2013. Nairo Quintana est encore deuxième et toujours plus impressionnant en haute montagne, même s'il compte davantage ses attaques tranchantes que les seringues qu'il se met dans le cul. A 25 ans, le Colombien incarne pourtant l'avenir du cyclisme mondial. Déjà deux fois deuxième du Tour, il a aussi gagné le Giro l'an passé. Et il sera un candidat sérieux à la victoire finale dans la Vuelta le mois prochain.

 

Problème, Quintana court sous pavillon ibérique. La Movistar est la dernière grande équipe d'envergure en Espagne, les autres ayant été progressivement dissoutes suite aux scandales de dopage et aux récessions économiques du pays. Alejandro Valverde en est le symbole depuis près de dix ans. Motorisé depuis toujours, El Imbatido a traversé les époques sans jamais se faire contrôler positif. Tout juste, on a retrouvé par hasard le nom de son chien sur les poches de sang du docteur Fuentes en 2006. Le temps que la justice fasse un simulacre de travail, le Murcian a été suspendu deux ans en 2010. Mais aussitôt sa mise à l'écart terminée, Movistar l'a réengagé comme si de rien n'était...

 

Alejandro, c'est l'assurance de très bons résultats toute l'année, et sur tous les terrains s'il vous plaît. Il court de février à octobre au même niveau de forme depuis l'instauration du passeport biologique. Du Tour d'Andalousie en février au Tour de Lombardie en octobre, en passant par les classiques ardennaises en avril, le Tour en juillet et la Vuelta en septembre ! Tout juste, s'accorde-t-il un mois de break en mai pour refaire les niveaux dans sa Sierra Nevada adoptive. Mai, c'est aussi la période du Giro où il n'est jamais venu. Et où il ne viendra probablement jamais, quand on sait que le CONI lui a coûté deux ans loin des pelotons en confondant son ADN lors du passage du Tour de France 2008 dans le Piémont. Manquait encore à Valverde, qui a gagné la Vuelta en 2009 et fait de nombreuses places d'honneur sur ses terres, un podium sur le Tour de France.

 

C'est chose faite depuis cette année grâce à sa troisième place derrière Froome et son soit disant ami Nairo Quintana. Soit disant car si Valverde avait joué à la perfection son rôle d'équipier pour le petit Colombien, ce dernier aurait pu faire craquer le leader de la Sky dans les Alpes. A la place, Movistar est resté sur la défensive pour assurer à ses deux leaders une place sur le podium à Paris au détriment de Nibali et Contador. Chris Froome s'en est d'ailleurs bien amusé.

 

Valverde en froid avec Nibali (ce dernier le surnomme l'antipathique dans son autobiographie) et Contador (Valverde lui reproche d'avoir voulu prendre sa place de leader chez Movistar lorsqu'il était suspendu, il n'accepte pas non plus que le Pistolero n'ait été suspendu rétroactivement que six mois en 2012 alors que le nom de son chien apparaissait comme lui sur les poches de sang à sauce madrilène de ce bon vieux Eufemanio Fuentes) n'a pas cessé de courir derrière eux dans les Alpes, alors qu'une coalition latine aurait pu mettre en danger les robots anglais de la Sky.

 

Leur directeur sportif, Dave Brailsford, en est d'ailleurs le parfait symbole. A peine plus sympathique et persuasif que Johan Bruyneel sous l'ère Armstrong, le Monsieur Propre du cyclisme britannique n'a fait qu'enfoncer son équipe dans la suspicion. Non seulement, il dit ne pas connaître le poids de son leader Froome mais il nous annonce que ce dernier ne développe pas plus de 5.8 watts par kilo, alors que tout le monde sait qu'il pétarade au moins à 7 pour enrhumer Quintana comme un junior dans la Pierre St Martin. Et Brailsford ne nous parle évidemment jamais non plus de la VO2max de Froome, seule véritable base de calcul pour comprendre les performances surhumaines de son poulain. Beau gosse dans l'âme, Dave Brailsford a toujours joué de ses charmes pour tenter d'expliquer l'inexplicable. Le premier responsable du malaise Sky sur ce Tour de France, c'est lui et lui seul.

 

Quant à Vincenzo Nibali et Alberto Contador, ils ont échoué dans leurs quêtes respectives. L'Italien voulait confirmer sa victoire de l'an passé. Il a été vaincu par une bordure en Zélande, le vent de face sur les pavés du Nord et la canicule dans les Pyrénées. A l'orgueil, il s'est rattrapé dans les Alpes en conquérant une superbe victoire d'étape à La Toussuire. Vicieux comme un mafioso, il n'a pas hésité à attaquer Froome dans le Glandon alors que ce dernier était à l'arrêt, victime d'un problème mécanique. Caddyman s'en est offusqué ouvertement, Nibali a prétendu qu'il ne l'avait pas vu. Entre mauvaise foi et guerre ouverte, il y a souvent derrière conflit cet imposteur d'Alexandre Vinokourov, l'homme bon à tout faire au Kazakhstan, surtout à critiquer et jalouser son leader italien qui émarge à 4 millions par an.

 

Contador n'a lui pas réussi l'impossible doublé Giro d'Italia - Tour de France. Avec le plateau hyper dense cette année, gagner le Tour même sans avoir été au Giro aurait de toute façon relevé de l'incroyable exploit. Qu'on se le dise, Alberto est en fin de carrière. Il est toujours cet immense champion capable d'aller chercher une Vuelta sur une jambe ou un Giro contre une forte opposition italienne. Mais à l'échelle du Tour, cela ne passe plus depuis cinq ans. Sans sa chute l'an passé, il aurait peut-être pu inquiéter Nibali. Mais contre des Froome et Quintana préparés spécifiquement pour la Grande Boucle à 3000 mètres d'altitude, le Pistolero est maintenant trop juste. Aussitôt la course terminée, le Madrilène a annoncé ne revenir à la compétition qu'en 2016. Il ne courra donc ni la Vuelta, ni le Giro d'ici là. Et son rêve avoué de finir sa carrière en jaune sur les Champs-Elysées l'an prochain tient de plus en plus de la fiction.

 

Quant à nos petits français si brillants en 2014, ils ont essuyé le retour de manivelles cette année. La faute à une première semaine compliquée, à la canicule qui a affaibli leurs organismes et tout simplement au fait qu'ils sont toujours légèrement inférieurs aux vrais cadors du peloton. Loin au général, ils ont tout de même eu le mérite de prendre les échappées dès lors que la route s'élevait.

 

Romain Bardet, le nouveau grand intellectuel du cyclisme français, sorte de fils spirituel de Guillaume Prébois, les seringues en plus tout de même sur le porte-bagages, a sauvé son Tour de France à St Jean-de-Maurienne. Avant cela, il s'était fait battre à la régulière au plateau de Beille par un Purito Rodriguez qui n'a pas envie de vieillir. A Mende, alors que l'homme de Brioude devait disputer la victoire à Thibaut Pinot au sprint, il a tergiversé et s'est fait dégommer comme un cadet par Steven Cummings. Pour sa défense, il a affirmé qu'il n'avait pas repéré le mur de Mende. Normal lorsque l'on vit à moins de 120 kilomètres de là ? Ne restait donc plus que les Alpes pour rattraper l'affaire. Même cas de figure pour Thibaut Pinot qui a fini par sortir la tête de l'eau en fin de Tour de France. Sans une chute stupide dans la descente du col d'Allos, il gagnait à Pra-Loup. Il a finalement levé les bras l'avant-dernier jour à l'Alpe d'Huez en manœuvrant subtilement dans le final.

 

Alexis Vuillermoz a également gagné son étape en costaud à Mûr-de-Bretagne. Pierre Rolland s'est bien battu en montagne mais n'a pas gagné. Entouré de trisomiques comme Jean-René Bernaudeau, Thomas Voeckler ou Cyril Gautier, la fin d'Europcar pourrait avoir le mérite de relancer sa carrière. Car chez les verts, Rolland s'est enfermé dans le confort et ne gagne plus beaucoup. Tout l'inverse de Warren Barguil. Le Breton, brillant sur la Vuelta ces deux dernières saisons, a éclos cette année sur le Tour. Sans une chute dans les Pyrénées, il entrait dans les dix à Paris dès sa première participation. Humble et tranquille, à l'inverse de Bardet et Rolland qui se ne touchent pas terre, Barguil pourrait être la bonne surprise du cyclisme français ces prochaines années.

 

Enfin, que retiendra t-on de cette 102ème édition du Tour de France 2015 ? Que pour briller, voire même terminer par 40 degrés à l'ombre quotidiennement, il vaut toujours mieux rouler en scooter qu'en tricycle. N'est-ce pas Monsieur Dave Brailsford ?

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Published by Fangio
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